L'absolution - La vérité absout, c'est la vérité absolue !
Le terme «absolution» vient du latin «absolvo» il signifie «rendre libre, complètement, sans restriction», c'est la liberté absolue. Selon les mots même du Seigneur Jésus, c'est la vérité qui rend libre, c'est en demeurant dans sa Parole qu'on reçoit l'absolution de nos péchés, qu'on est délivré de nos péchés.

Jn.8:31 Jésus dit alors aux Juifs qui avaient cru en lui: Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples;
32 vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. 33 Ils lui répondirent: Nous sommes la descendance d'Abraham et nous n'avons jamais été esclaves de personne; comment dis-tu: Vous deviendrez libres?
34 Jésus leur répondit: En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave du péché.
35 Or, l'esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison; le fils y demeure pour toujours.
36 Si donc le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres.

En théologie catholique, l'absolution désigne la rémission des péchés accordée par ses prêtres dans le sacrement de la réconciliation. Nous allons regarder ensemble comment la réflexion théologique en est venue jusque là au fil des siècles.

Le concept de l'absolution est ... absolument biblique ! en théorie comme en pratique, ce qui est parfois difficile à recevoir pour un protestant à cause du développement de cette doctrine dans l'église catholique. On a déjà vu que Jésus en parle dans Jn.8:31-36. Si Jésus est maintenant au ciel, il est encore sur la terre dans son corps qui est l'Église (1Co.12:27) dont il demeure la tête et dont il demeure à la tête (1Co.11:3). L'Église est la gardienne de la Parole de Dieu (2Ti.1:14), elle est la colonne de la vérité (1Ti.3:15), elle est la bouche par laquelle Jésus s'exprime (2Co.5:20, 2Th.3:6), toujours en analogie avec ce qui a été consigné dans la Bible, (2Ti.3:16, Hé.13:8). Quand Jésus était sur la terre, il donnait l'absolution des péchés (Lu.5:24) et avant de partir, il a donné à ses apôtres ce pouvoir, comme nous le lisons dans Mt.18:18, Jn.20:23.

Mt.18:18 En vérité je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.

Jn.20:23 Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés, et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.

Jésus avait lui-même reçu ce pouvoir du Père, Lu.5:20-24

Lu.5:20 Voyant leur foi, Jésus dit à cet homme: Tes péchés te sont pardonnés.
21 Les scribes et les Pharisiens se mirent à raisonner et à dire: Qui est celui-ci qui profère des blasphèmes? Qui peut pardonner les péchés, si ce n'est Dieu seul?
22 Jésus connut leurs raisonnements, prit la parole et leur dit: Pourquoi faites-vous de tels raisonnements dans vos coeurs?
23 Qu'est-ce qui est plus facile de dire: Tes péchés te sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi et marche?
24 Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l'ordonne, dit-il au paralysé, lève-toi, prends ton lit et va dans ta maison.

Les scribes et les pharisiens avaient été grandement offusqués que Jésus pardonne les péchés. Mais Jésus leur a prouvé qu'il avait l'autorité divine de le faire. Non seulement Jésus avait ce pouvoir mais il l'a confié ensuite à ses disciples comme on l'a lu dans Mt.18:18 et Jn.20:23!

1500 ans plus tard, les Réformateurs aussi ont eu de la misère avec l'idée de l'absolution. Comme les scribes et les pharisiens auparavant, Zwingli soutenait lui aussi que Dieu seul peut pardonner les péchés et il considérait comme un acte d'idolâtrie que d'aller espérer obtenir le pardon de la part d'une simple créature. Les catholiques pensent autrement, pour eux, le prêtre ne pardonne pas les péchés de son propre chef, mais se trouve être plutôt l'instrument indigne à travers lequel Christ pardonne le péché.

Dans le Protestantisme, la bonne compréhension de Mt.18:18 et Jn.20:23 se trouve dans le passage parallèle de Lu.24:47 prononcé par Jésus dans le même contexte que Jn.20:23.

et que la repentance en vue du pardon des péchés serait prêchée en son nom à toutes les nations à commencer par Jérusalem.

Selon cette ligne de pensée protestante, les apôtres pardonnaient les péchés via l'annonce de la Bonne Nouvelle ; c'est-à-dire que ceux qui recevaient la Bonne Nouvelle se voyaient pardonner de leurs péchés tandis que ceux qui la refusaient ne pouvoir obtenir le pardon.

On peut distinguer entre Mt.18:18 et Jn.20:23. Mt.18:18 a été prononcé dans un contexte ecclésiale où c'est un chrétien qui pèche et a besoin d'être pardonné tandis que Jn.20:23 a été prononcé dans un contexte d'évangélisation. La Bible enseigne que le pardon des péchés était reçu suite à la repentance et la foi en Jésus-Christ, par exemple, lire Ac.10:43 et Ep.1:7 :

Actes 10:43 Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés.

Ephésiens 1:7 En lui, nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés selon la richesse de sa grâce

L'apôtre Pierre annonce aux juifs au coeur contrit que le pardon des péchés est offert à ceux qui croyaient en Jésus et que ce pardon était associé au baptême d'eau :

Ac.2:38 Pierre leur dit: Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit.

On voit bien la séquence ; la repentance et la foi en Jésus rendues manifestes par le baptême d'eau apporte le pardon des péchés. Ensuite le don du Saint-Esprit procure la puissance pour se libérer de l'emprise du péché. Paul l'explique dans Ro.6:1-12.

Ro.6:1 Que dirons-nous donc? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde?
2 Certes non! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché?
3 Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Christ-Jésus, c'est en sa mort que nous avons été baptisés?
4 Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que, comme Christ est ressuscité d'entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.
5 En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection;
6 nous savons que notre vieille nature a été crucifiée avec lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l'impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché;
7 car celui qui est mort est quitte du péché.
8 Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui
9 sachant que Christ ressuscité d'entre les morts ne meurt plus; la mort ne domine plus sur lui.
10 Car il est mort, et c'est pour le péché qu'il est mort une fois pour toutes, et maintenant qu'il vit, il vit pour Dieu.
11 Ainsi vous-mêmes, considérez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Christ-Jésus.
12 Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel, et n'obéissez pas à ses convoitises.

Dans la pratique biblique, on ne se fait baptiser qu'une fois, à la conversion, tous les péchés commis jusqu'au baptême sont pardonnés. Mais même si le Saint-Esprit nous donne la capacité de ne plus pécher par la suite, on sait tous qu'il nous arrive après notre baptême de pécher à nouveau du moment qu'on détourne les regards de Jésus, cf. 1Jn.1:8. Son Esprit cesse alors de nous conduire et de nous donner la capacité de résister au péché qui nous enveloppe alors avec facilité, cf. Hé.12:1.

1Jn.1:8 Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous.

Hé.12:1 Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l'épreuve qui nous est proposée, 2 les yeux fixés sur Jésus, qui est l'auteur de la foi et qui la mène à la perfection. Au lieu de la joie qui lui était proposée, il a supporté la croix, méprisé la honte, et s'est assis à la droite du trône de Dieu.

La pratique chrétienne est alors la confession publique suite à un péché publique et l'absolution comme Paul en donne un exemple dans sa lettre aux Corinthiens et comme Jacques l'indique dans son épître.

2Co.1:5 Si quelqu'un a été une cause de tristesse, ce n'est pas moi qu'il a attristé, c'est vous tous, du moins en partie, pour ne rien exagérer.
6 Il suffit pour cet homme du blâme qui lui a été infligé par le plus grand nombre,
7 en sorte que vous devez bien plutôt lui pardonner et le consoler, de peur qu'il ne soit accablé par une tristesse excessive.
8 Je vous exhorte donc à faire prévaloir l'amour envers lui;
9 car je vous ai écrit aussi afin de savoir, en vous mettant à l'épreuve, si vous êtes obéissants en tout.
10 Or, à qui vous pardonnez, je pardonne aussi; et pour ma part, ce que j'ai pardonné--si j'ai pardonné quelque chose--c'est à cause de vous en présence de Christ,
11 afin de ne pas laisser à Satan l'avantage sur nous, car nous n'ignorons pas ses desseins.

Ja.5:16 Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière agissante du juste a une grande efficacité.

Ceci est en harmonie avec ce que Jésus enseignait dans M.18. Paul montre comment il est nécessaire pour le bien-être émotionnel et spirituel du pécheur repentant que l'Église donne l'absolution et comment cette absolution est donnée à cause de la présence de Christ dans son corps qui est l'église. Il ne suffit donc pas juste que le pécheur repentant se confesse à Dieu quand son péché a aussi affecté l'église. La confession à l'église est humiliante et permet la redevabilité ; les membres ont la responsabilité de s'enquérir dans le futur si le pécheur persévère dans sa repentance, nous sommes appelés à nous supporter les uns les autres (Ga.6:1-2). L'absolution et la redevabilité sont des outils précieux que nous fournit le Seigneur, ils nous aident à recevoir l'exaucement de la prière que Jésus nous encourage de faire:

«Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal». Mt.6:12-13

Ga.6:1 Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que toi aussi, tu ne sois tenté.
2 Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ.

Comme la vie chrétienne est longue et les chutes nombreuses, Jésus dit à Pierre qu'il se pourrait qu'il ait à pardonner la même personne jusqu'à 490 fois - autrement dit autant que le frère se repentira car rendu là ça fait longtemps qu'on a perdu le compte !:

Mt.18:15 Si ton frère a péché, va et reprends-le seul à seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère.
16 Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux (personnes), afin que toute l'affaire se règle sur la parole de deux ou trois témoins.
17 S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Église; et s'il refuse aussi d'écouter l'Église, qu'il soit pour toi comme un païen et un péager.
18 En vérité je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.
19 En vérité je vous dis encore que si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, cela leur sera donné par mon Père qui est dans les cieux. 20 Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux.
21 Alors Pierre s'approcha et lui dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il pèchera contre moi? Jusqu'à sept fois? Jésus lui dit:
22 Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.

Résumons ce qui a été dit jusqu'ici ; le pardon des péchés passés, présents et futurs est disponible parce que Jésus a versé son sang pour l'humanité. Jésus est l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, Jn.1:29, il est le Sauveur de monde, Jn.4:42.

Ce pardon des péchés est reçu lors de la repentance et de la foi en Jésus, manifestées lors du baptême, Ac.2:37, Ep.1:7. Par la suite le pardon des péchés est accordé par l'offensé ou par l'église à chaque fois qu'il y a confession Mt.18:15-23, 2Co.1:5-11, Ja.5:16, Jn.20:23. Soulignons que c'est avant tout devant Dieu que nous nous confessons quand nous nous confessons devant ses ministres, cf. Ac.5:4, et si ses ministres accordent le pardon des péchés, c'est seulement en son Nom qu'ils peuvent le faire, car, en définitive, c'est Dieu qui est offensé (cf. Ps.51:4) et c'est Dieu pardonne les péchés:

1Jn.1:9 Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice.

Ainsi, en offrant l'absolution au pécheur contrit qui se confesse, l'église ne donne pas l'avantage à Satan qui profite des péchés non pardonnés et non abandonnés pour accuser les élus de Dieu et leur rendre la vie misérable, comme le soulignait Paul dans 2Co.1:11 auparavant cité, cf. Za.3:1 et Ap.12:10.

Il en fut ainsi dans la pratique ecclésiale de l'église primitive. Le catholicisme privilégie le confessionnal où le pécheur contrit se confesse plus ou moins incognito au prêtre, l'absolution faisant partie du sacrement de réconciliation, celui-ci doit passer par un prêtre ordonné par l'évêque. On tend aujourd'hui, en beaucoup d'endroits, à choisir un lieu plus propice au dialogue entre le prêtre et le pénitent pour la célébration de ce sacrement. Voici comment W.C.G. Proctor dans Evangelical Dictionary of Theology explique la transition entre la pratique de l'absolution dans l'église primitive et la pratique en vigueur dans le catholicisme (J'ai rajouté ce qui est entre parenthèse):

Dans la pratique de l'église primitive, on a amplement des preuves qui démontrent que le pénitent faisait une confession publique devant la congrégation et que celle-ci l'accueillait à nouveau dans ses rangs dans la prière et avec l'imposition des mains de l'évêque. Au fil du temps, une alternative naturelle à la confession publique pour le pénitent fut de se confesser en privé à un évêque ou un prêtre. Dans ces deux approches, une prière pour l'absolution était employée, demandant à Dieu de pardonner les péchés confessés et de restaurer le pénitent «dans le sein de sa sainte église» d'après les Confessions apostoliques.

À partir du huitième siècle (...) un développement se produit dans l'église latine où le prêtre, en entendant les confessions, assume de plus en plus la position de juge, s'enquérant de chaque département de la vie du pénitent pour finalement lui donner l'absolution dans une forme déclaratoire (par exemple : "Dieu te pardonne") au lieu de la forme précatoire (par exemple : "Que Dieu te pardonne") utilisée auparavant. Thomas d'Aquin est le premier à prendre position formellement pour ce type d'absolution qui est maintenant en vigueur dans l'Église de Rome comme suit: «Ego te absolvo a peccatis tuis in nomine Patris et Filli et Spiritus Sancti.» (Je t'absous de tes péchés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit)

Avec plus ou moins de succès selon les dénominations, les Réformateurs du seizième siècle ont cherché à restaurer l'absolution en accord avec l'enseignement des Écritures et de la pratique de l'église primitive.

Dans la pratique évangélique que je connais, voici ce qu'on encourage de faire : quand c'est un péché qui ne concerne que la personne et Dieu, la confession se fait à Dieu seul, quand c'est un péché contre une autre personne, le pénitent se confesse à cette personne et lui demande pardon, quand c'est un péché public, le pécheur contrit se confesse devant l'assemblée et lui demande pardon. Le pasteur demande ensuite à la congrégation entière si elle veut lui pardonner et la réponse a toujours été oui jusqu'à date.

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