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Le Saint-Esprit ; personne ou influence?

Réflexions à ce propos au cours de l'histoire de l'Église

L'expression Saint-Esprit (ruach hakodesh en hébreu) ne se retrouve que dans deux passages de l'Ancien Testament:

Psaumes 51:11 Ne me rejette pas loin de ta face, ne me retire pas ton esprit saint.

Esaïe 63:10-11 Mais ils ont été rebelles, ils ont attristé son esprit saint; et il est devenu leur ennemi, il a combattu contre eux. Alors son peuple se souvint des anciens jours de Moïse: Où est celui qui les fit monter de la mer, avec le berger de son troupeau? Où est celui qui mettait au milieu d'eux son esprit saint;

Comme dans le cas de la Parole (Dabar en hébreu, Logos en grec) l'identité du Saint-Esprit est indissociable de celle de Dieu le Père dans l'Ancien Testament, David disait qu'être privé du Saint-Esprit équivalait à être privé de la communion avec Dieu, Ps.51:11.

Ps.33:6 Les cieux ont été faits par la parole de l'Eternel, et toute leur armée par le souffle de sa bouche.

Il faut attendre le Nouveau Testament pour prendre conscience que la Parole de l'Éternel c'est une personne et qu'elle se nomme Jésus et que le souffle de sa bouche c'est la personne du Saint-Esprit.

Le Saint-Esprit est considéré comme la 3ème personne de la trinité par la majeure partie des dénominations chrétiennes, ce dogme n'a pas toujours fait l'unanimité au cours de l'histoire de l'Église.

Justin Martyr, qui a vécu au début de 2e siècle, va jusqu'à placer, à un moment donné dans ses écrits, le Saint-Esprit sous les anges. Il ne sera pas canonisé...

Selon Origène, - le plus brillant théologien à rater la canonisation, vous allez lire pourquoi maintenant ! - il y avait à son époque 3 hypothèses pour définir le Saint-Esprit.

1° Le Saint-Esprit est sans origine
2° Le Saint-Esprit n'a pas de personnalité distincte
3° Le Saint-Esprit est créé/généré par le Fils

Il rejette 1° parce que seul le père est sans origine, donc si le Saint-Esprit est personnel, il a une origine, selon sa logique. Il rejette 2° à cause de Mt.12:32 qui différencie le Saint-Esprit du Père et du Fils. Il soutient 3° parce que tout a été créé par le Fils, il inclut le Saint-Esprit dans le «tout», parce qu'il a une origine et qu'il est une personne. Il pensait que le Saint-Esprit était la première et la meilleure créature du logos (Jésus) même s'il admet que la bible ne dit nulle part que l'Esprit est une créature - nous venons de lire qu'il est arrivé à cette conclusion par un processus déductif. Selon sa compréhension, « généré » et « créé » étaient plus ou moins synonymes car pour lui la création existait éternellement dans la pensée de Dieu, tout comme le Fils d'ailleurs, il se basait sur 1Co.15:45 et 1Jn.5:18 pour dire que Jésus avait été généré par Dieu. Jésus étant appelé l'unique généré (monogenès) par Dieu, cf. Jn.1:18 et Jn.3:16 alors il fait dériver la génération du Saint-Esprit par Jésus; un Fils unique (monogènes) de Jésus en quelque sorte.

Mais cela amène des considérations bizarres, si Dieu est le Père de Jésus parce qu'il l'a généré alors Jésus serait le Père du Saint-Esprit et Dieu serait son grand-père! Plus bizarre encore, puisque nous sommes frères de Jésus nous serions les oncles du Saint-Esprit!!! Farfelu, n'est-pas? :-)))

Origène aurait pu ajouter une quatrième option qui a été proposée plus tard:

4° Le Saint-Esprit procède du Père par le Fils (version orthodoxe) ou la version latine soutenant que le Saint-Esprit procédait du Père et du Fils : la célèbre clause Filioque qui a servi de prétexte au schisme motivé grandement par des considérations politiques entre Rome et Constantinople. (pour en savoir plus à propos du Filioque ou des considérations politiques prévalentes)

Méthode de Tyre tout d'abord et Pacôme ensuite se sont élevés vertement - et avec raison! - contre ces enseignements d'Origène dont l'érudition et les vertus qui l'habitaient le faisait jouir d'une grande influence; Pamphile et l'historien ecclésiastique Eusèbe prirent la défense d'Origène. En Égypte exerçait Clément d'Alexandrie, surnommé le père de la théologie spéculative, qui avait formé Origène. Le prêtre Arius y résidait aussi et poussa plus loin l'enseignement d'Origène en affirmant que comme le Fils était la première et plus grande créature du Père, le Saint-Esprit était la première et plus grande créature du Fils, vers 325. Ceci a provoqué le concile de Nicée en 325 où fut posée la base de la doctrine trinitaire qui fut élaborée au concile de Constantinople 65 ans plus tard en 380 sous la direction d'Athanase.

Vers 380, Grégoire de Naziance avait écrit: «parmi nos érudits:
1° quelques-uns considèrent le Saint-Esprit comme une influence (Lactance)
2° quelques-uns comme une créature (Origène)
3° d'autres comme Dieu lui-même (Athanase)
4° d'autres ne peuvent pas se décider, ce qui est pire.»

Grégoire de Naziance, mort en 390, concevait le Saint-Esprit hors de Dieu, consubstantiel comme le Fils, issu de lui; homoousios (même nature ou essence en grec), développé ensuite par Cyril d'Alexandrie. Grégoire de Nysse, mort en 394, soulignait l'unité de nature partagé par les 3 personnes de la trinité, il soutenait que le Saint-Esprit procédait simplement du Père selon Jn.15:26. Selon Basile le Grand, mort en 379, le Saint-Esprit doit avoir la même gloire, honneur et adoration que le Père et le Fils, il est issu de Dieu non par génération mais comme le souffle de sa bouche.

On dit aussi que quelques disciples de Macedonius, évêque de Constantinople, 341-360 soutenaient que le Saint-Esprit n'était pas Dieu Suprême. (source Néandre, Histoire de l'église P.416-420). Cette position fut condamnée au concile composé de 150 évêques à Constantinople en 381. C'est alors que la doctrine de la divinité du Saint-Esprit fut réitérée, consubstantiel et co-éternel avec le Père et le Fils. Auparavant c'était principalement la controverse à propos de la divinité de Jésus qui avait retenu l'attention.

Anselme de Canterbury en Angleterre, 1033-1109, considéré comme le plus grand théologien entre Augustin et Thomas d'Aquin, a formulé le principe que dans Dieu tout est un excepté pour les oppositions des relations entre les 3 personnes de la trinité. Ce principe est la théologie de base pour la doctrine de l'habitation mutuelle des 3 personnes divines; la circumincession : le Père est dans le Fils, le Fils est dans le Père Jn.10:37-38, 14:10-11, 17:21, le Saint-Esprit est dans le Fils Jn.3:34 et le Père 1Co.2:10-11, et le Fils et le Père sont dans le Saint-Esprit, Ep.2:21-22, Jn.14:23. Le principe de la circumincession a été adopté au concile de Florence en 1442.

Plus tard, Socinius, au 16e siècle, enseignait que Jésus n'était qu'un simple homme et que le Saint-Esprit désignait une énergie venant de Dieu quand elle est exercée d'une manière particulière. Les Unitariens, Rationalistes et plus récemment les Témoins de Jéhovah ont épousé cette position qui tient plus de Lactance que d'Arius contrairement à ce qu'on avance souvent.

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