La célèbre clause du Filioque
La clause du Filioque - «et le Fils» en latin - proposée par Charlemagne en 809 et soutenue par l'église latine à partir du 11e siècle était que le Saint-Esprit procédait du Père et du Fils alors que les chrétiens orientaux affirmaient que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils.

Voici des explications du chrétien orthodoxe John Meyendorff que j'ai traduites:

«Depuis le 4e siècle jusqu'au 8e siècle existait déjà une tension dans l'église entre l'Est et l'Ouest à propos du vrai sens de la primauté de Rome. (...) Cette tension latente vint seulement en surface au 9e siècle quand elle s'est développée en hostilité ouverte.

L'événement politique qui a occasionné ce conflit fut la fondation de l'empire carolingien dans l'Ouest.

(...) Quand un projet de mariage entre Charlemagne et l'impératice byzantine tomba à l'eau, le roi Franc décida de ruiner la réclamation de Constantinople à la juridiction universelle. Un moyen employé pour arriver à ce but fut de placer des accusations d'hérésie contre l'Est. L'empereur oriental ne pouvait se réclamer d'être le successeur des premiers rois (basileis) chrétiens parce qu'il adorait des images et parce qu'il confessait que le Saint-Esprit procédait «du Père par le Fils» au lieu du «Père et du Fils». Ces allégations par Charlemagne dans son fameux Libri Carolini, envoyé au pape en 792, ont formé une partie de la réfutation Franche des décrets du second concile oecuménique de Nicée en 787 et préparé la voie pour une querelle interminable entre l'Est et l'Ouest sur la question du Filioque. Pendant le 6e siècle certains conciles anti-Ariens en Espagne avaient inséré dans le credo de Nicée-Constantinople le mot Filioque absent dans l'original (Credo... in Spiritum Sanctum... qui ex Patre Filioque procedit).

Cette nouvelle version du credo s'est répandue en Gaule et dans les terres Franches au 8e siècle. Elle fut résistée par l'Église de Rome jusqu'au 11e siècle avant d'être acceptée.

(...) Heureusement pour la cause de l'unité de l'église, même si l'Église romaine appuyait les objections politiques de Charlemagne, elle était alors fermement opposée à son attaque théologique sur Byzance. Les papes Adrien I (772-795) et Leo III (795-816) ont défendu le concile de Nicée et formellement rejeté l'interpolation dans le credo. P.41-43

(...) La transcendance de Dieu comprise par les Pères de l'Église est que Dieu demeure inconnaissable dans son essence unique mais qu'il s'est révélé lui-même comme étant une trinité de 3 personnes. Par conséquent le Dieu de la Bible est connu dans la mesure qu'il est une divinité vivant et active, Celui qui a envoyé son Fils pour le salut du monde.
Cette emphase particulière de la pensées des Pères grecs orientaux les distingue (...) de la manière par laquelle leurs frères latins occidentaux préfèrent comprendre Dieu comme étant tout d'abord une unique essence, et ensuite seulement une trinité. Ces deux attitudes différentes seront à l'origine de deux écoles de théologie divine. Dans la théologie latine, les personnes divines sont considérées comme de simples relations internes de l'unique essence de la divinité: donc, si l'existence même du Saint-esprit est déterminée par ses relations avec le Père et le Fils, la doctrine du Filioque - ou procession de l'Esprit par le Père et le Fils - devient une nécessité logique, dogmatique, parce que l'Esprit ne peut être dit distinct du Fils s'il ne procède pas de lui. Les théologiens orientaux, d'un autre côté, demeurèrent fidèles au vieux «personalisme» des Pères grecs. La doctrine du Filioque était par conséquent à leurs yeux comme du semi-Sabellianisme (pour employer l'expression de Photius). Le Sabellianisme était une hérésie du 2e siècle attribuée à Sabellius qui enseignait que les personnes divines étaient simplement des modes ou aspects d'un Dieu unique. Consubstantiel avec le Père et le Fils, parce qu'il procède du Père, l'unique source de la divinité, l'Esprit a sa propre existence et fonction dans la vie interne de Dieu et l'économie du salut: sa tâche est d'apporter l'unité de la race humaine dans le Corps de Christ, mais il procure à cette unité un caractère personnel, donc diversifié. C'est par une prière au Saint-Esprit que commencent tous les services liturgiques de l'Église Orthodoxe, et avec une invocation de son nom que le mystère eucharistique est effectué.

John Meyendorff, The Orthodox Church, Crestwood, NY, 1981 P.195-197

Le texte original en anglais se trouve sur : http://www.ocf.org/



Réponse catholique:

«L'Église occidentale emploie communément une version du credo de Nicée qui a le mot latin Filioque («et le Fils») ajouté à la déclaration que le Saint-Esprit procède du Père. Certains orthodoxes orientaux ont insisté que cela n'était pas en harmonie avec la vraie foi.

Mais la Bible révèle que l'Esprit procède vraiment du Fils. Les relations externes entre les personnes de la trinité sont le miroir de leurs relations internes. Comme le Père envoie extérieurement le Fils dans le monde dans le temps, le Fils procède intérieurement du Père dans la trinité. Comme l'Esprit est envoyé extérieurement dans le monde par le Fils aussi bien que par le Père (Jn.15:26 et Ac.2:33), il procède intérieurement autant du Père que du Fils. C'est pourquoi l'Esprit est référé comme étant l'Esprit du Fils Ga.4:6, pas juste comme l'Esprit du Père, Mt.10:20.»

L'auteur de ce texte cite ensuite plusieurs pères orientaux qui abondaient dans le même sens, par exemple, Grégoire le thaumaturge, Basile le Grand.





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