Suicide ou sacrifice?


Dans la Bible, nous trouvons, à diverses reprises, des hommes qui se sont donné la mort. On pourrait dès lors les étiqueter comme suicidaires (de sui: soi et caedere: tuer – le meurtre de soi). Or, ce n'est pas la cas de tous. D'un côté, il y a ceux qui mettent fin à leurs jours espérant que la mort soit une fin et, d'un autre côté, il y a ceux pour qui la mort est un moyen.

Dans la première catégorie citée, ces hommes se sont suicidés pour eux-mêmes, pour être faussement délivrés des conséquences de leurs actes, pour en finir avec leur mal-être, leurs remords stériles. Car le regret n'est pas une repentance où l'on a pris conscience, tout du moins en partie, de la gravité de son péché et où l'on s'humilie sincèrement devant Dieu, demandant son pardon qu'il ne peut qu'accorder à tout pécheur contri et implorant sa grâce (Romains 2:4; 2 Pierre 3:9). Le remord c'est la tristesse causée par le résultat de son iniquité, alors qu'elle devrait l'être par l'offense faite à Dieu et le mal occasionné à autrui. Cet accablement, dévoyé par les modes de pensées de ce monde sans Dieu, ne peut que conduire à la mort (2 Corinthiens 7:10).

Dans la seconde, le sacrifice est le seul chemin pour vaincre l'ennemi, pour ouvrir les trésors de la bonté divine à notre prochain, pour aimer selon Dieu, en action et en vérité!

Abimélec, fils de Gédéon, avait mis à mort ses frères pour prendre le pouvoir (Juges 9:1-6). L'Éternel ne pouvait oublier cet acte odieux. Ainsi, lors d'un siège, il eut le crâne fracassé par un morceau de pierre jeté par une femme. Alors qu'il était en train de mourir, il ne voulut pas saisir cette ultime occasion pour manifester un quelconque regret. Non! ce qui comptait à ses yeux c'était de ne pas perdre la face. Lui, le roi, être battu par une femme... quelle honte! Il ordonna donc à son porteur d'armes de le transpercer de son épée (Juges 9:54). Cette fin tragique n'a rien de noble ou d'héroïque. Elle n'a en rien relevé l'image de cet homme violent et imbu de sa personne.

Saül, fils de Kis, ayant bien débuté comme roi d'Israël – quand il était petit à ses yeux – prit un chemin de propre volonté qui finit lamentablement sur la montagne de Guilboa. Rejeté par Dieu à cause de ses péchés et de son obstination, il est acculé par les Philistins en ce dernier combat de la chair. Grièvement blessé, il demanda aussi à son porteur d'armes de mettre fin à ses jours. Tremblant devant son monarque, ce dernier n'osa pas ... ce qui poussa Saül à se jeter lui-même sur son épée (1 Samuel 31:4). Le serviteur, par un acte d'imitation, se suicida de la même manière. Dans cette scène qui a conduit à ces « meurtres » c'est la peur d'être entre les mains de ses ennemis, la peur d'être humilié, battu, torturé et mis à mort qui l'emporte.

Achitophel, conseiller d'Absalom, préféra se donner la mort en s'étranglant plutôt que d'affronter les conséquences de sa trahison envers le roi David (1 Samuel 17:23). Quand il comprit que son plan malicieux pour tuer David ne serait pas suivi par Absalom, il décida de mourir de peur d'être mis un jour devant l'ami trahi lui demandant des comptes.

Zimri, conspirateur et meurtrier de son roi, voyant qu'à son tour il allait être renversé et tué, se retira dans son palais et le brûla sur lui (1 Rois 16:18). C'est ainsi qu'il mourut à cause des péchés qu'il avait commis!

Judas, disciple de Jésus, troublé et pris de vains remords rapporta l'argent de sa trahison pour ensuite aller se pendre (Matthieu 27:5). Au-delà de cette terre, il devra pourtant poursuivre son existence loin de Dieu avec ces deux crimes...

Samson, fils de Manoach, bien qu'ayant eut beaucoup d'écarts et de chutes dans sa vie de serviteur de Dieu, termina par ce qui n'est pas un suicide mais bien plutôt un sacrifice. L'Éternel lui permit de remporter une dernière victoire en s'offrant pour la délivrance de son peuple. Par sa mort, sous les décombres du palais des Philistins, il entraîna bon nombre de ceux-ci (Juges 16:22-31).

Jésus, Fils de Dieu, unique et parfait en toutes choses, donna sa vie pour glorifier son Dieu et satisfaire sa justice, pour nous délivrer de la main de l'ennemi de nos âmes (Hébreux 2:15), pour nous délivrer de la puissance des ténèbres (Colossiens 1:13), pour nous délivrer de la colère à venir (1 Thessaloniciens 1:10), pour nous associer à sa mort et à sa résurrection, pour nous ouvrir les immenses richesses de la grâce de Dieu, pour nous donner, par-delà la mort physique, un sûr et éternel avenir avec lui.

Le Seigneur Jésus a donné sa vie (Jean 10:17-18), personne ne lui a pris! Il s'est livré en sacrifice à Dieu. S'il a accepté de mourir c'est pour nous sauver. S'il s'est laissé conduire au supplice et ne s'est en rien esquivé à cette mort ignominieuse, alors qu'il avait le pouvoir de le faire (Matthieu 26:53), c'est par amour pour son Dieu et Père et par amour pour sa créature.

Nous, fils et filles de Dieu, devons dès lors prendre garde à nos voies et nos pensées... au renouvellement de celles-ci. Ne laissons pas les fruits de notre esprit se gâter et amener la corruption de la mort dans notre vie. Rejetons toute idée qui chérirait la mort physique comme délivrance à l'adversité et aux soucis. Certes, il peut arriver que, dans des circonstances extrêmes, nous aspirions à quitter notre corps de misère, mais il nous est rappelé que notre espérance doit être plus fondée sur le fait d'être revêtu de la plénitude de la grâce de Dieu que d'être délivré des infirmités de cette terre (2 Corinthiens 5:1-4).

L'épouse de Job, accablée par le deuil et le dénuement, poussa son mari, dans un moment de folie, à se laisser mourir... voire plus. Job resta ferme. Il ne céda pas à la tentation d'en finir. Et même s'il regretta, dans son chagrin, le jour de sa naissance (Job 3:1), il fut consolé par Dieu et bénit durant le reste de ses jours.

Elie, après une éclatante victoire sur l'idolâtrie, en vint à demander la mort parce qu'il se croyait à tort seul contre vents et marées (1 Rois 19). L'Éternel dut alors remettre ses idées en place et lui révéler qu'il ne connaissait pas tout et qu'il ne pouvait pas juger de la sorte. L'Éternel avait encore besoin de lui. Il n'avait pas à décider du moment de son départ.

Jonas, fils d'Amitthaï, dut être repris par l'Éternel pour avoir demandé la mort plutôt que de voir ceux qu'ils considéraient comme des ennemis être les bénéficiaires de la bonté de Dieu (Jonas 4). Son coeur, exclusif dans ses amitiés et affinités, s'irrita de ce que Dieu ne faisait pas de différences, de ce qu'il était également bon envers les méchants et leur faisait grâce s'ils se repentaient. Être déçu de Dieu, par manque d'amour, est un réel danger qui conduit à de telles demandes insensées.

Paul, apôtre et serviteur de Jésus Christ, qui dut souffrir en bien des manières pour le nom de son Maître (Actes 9:16), en arriva au point de désespérer de vivre (2 Corinthiens 1:8-10). Mais, gloire à Dieu, il reçut les forces aux moments opportuns, et ce jusqu'au bout de sa carrière terrestre, de sorte qu'il peut alors déclarer que le Seigneur s'est tenu à ses côtés et qu'il le délivrera de toutes mauvaises actions (2 Timothée 4:17-18).

Nous, frères et soeurs en Jésus Christ, nous connaissons le véritable amour en ce que Jésus a laissé sa vie pour nous et que nous devons laisser nos vies pour ceux et celles de la famille de la foi (1 Jean 3:16-17). S'il faut que cela aille jusqu'au sacrifice de notre vie, que Dieu nous en donne l'acceptation et la force – comme c'est le cas encore aujourd'hui pour plusieurs des nôtres dans les persécutions et guerres – mais n'acceptons jamais qu'il faille demander la mort ou l'espérer pour être délivrés de nos angoisses et détresses.

-Sébastien Théret









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