L'euthanasie et l'acharnement thérapeutique

Les mots sont bien inadéquats pour exprimer ma sympathie avec la douleur extrême et sans répit qui est le lot de plusieurs en ce bas monde. Je comprends les arguments apportés pour appuyer le droit à l'euthanasie, ces arguments ont une logique en soi quand on part de l'idée que la vie ne vaut la peine d'être vécue que sous certaines conditions, sous l'appellation "qualité de vie". Dans ce cadre de pensée, je concède que le droit à l'euthanasie se défend solidement.

Notons tout d'abord que sur le plan juridique, les arguments en faveur de l'euthanasie ne font pas l'unanimité ; certains pays, (pour d'autres exemples, cliquez ici), comme la Belgique et les Pays-Bas ont déjà légalisé l'euthanasie alors que la France a pris une position à l'opposé ; la loi française formulée par Leonetti le 22 avril 2005 fixe le droit des malades et la fin de la vie en stipulant que l'intervention des médecins ne saurait en aucun cas mettre fin à la vie du patient.

Marc Thiboudeau a écrit que selon monsieur Jean-Luc Romero - qui préside l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) -, la loi actuelle est "hypocrite" parce qu'elle interdit l'administration d'un cocktail létal, mais permet d'induire un coma végétatif chez un patient et de le laisser mourir ensuite de faim ou de soif. "Ce n'est pas un suicide assisté, ça?" - Le journal La Presse, mercredi 19 mars 2008 p.A21. M. Romero a un point là. On défend l'euthanasie active mais on permet l'euthanasie passive...

Monsieur Bernard Devalois, responsable de l'unité de soins palliatifs à l'hôpital de Puteaux à Paris affirme qu'"Aujourd'hui, on peut soulager un patient cancéreux, diminuer sa douleur, la rendre supportable." Il a été cité par Christian Roux dans l'article du journal "Le Devoir" publié le 29 mars 2008, section Les actualités.

Sur la base de cet énoncé par un expert en la matière, on pourrait conclure qu'il est erroné d'écrire que certaines souffrances physiques ne peuvent être soulagées, que les malades sont "dans des situations intenables physiquement et moralement" comme l'écrivait madame Morin dans son article du journal "Le Soleil", édition du samedi 22 mars 2008 à la page 32. Mais certains malades souffrent parce qu'ils refusent la médication offerte aux soins palliatifs. Madame Morin citait le cas de madame Chantal Sébire qui était allergique à la morphine.

Cette introduction nous brosse brièvement toute la difficulté que soulève la question complexe et troublante de l'euthanasie. Je me permets tout de même de vous partager mon avis.

A bien y réfléchir, il me semble quand même l'euthanasie n'est pas la solution à la souffrance.

Une des raisons pour lesquelles je suis contre l'idée d'accepter la demande d'un souffrant de mettre fin à ses jours, c'est qu'il nous arrive à tous de changer d'idée parce que notre pensée évolue constamment à la suite de changement de circonstances ou de cheminement personnel. Par exemple, un cancer considéré présentement comme étant fatal peut très bien avoir une cure dans un temps assez bref. Cela s'est vu à maintes reprises. en effet, qui peut dire avec certitude les limites de la médecine ? Comme le soulignait M. Christian Roux dans le même article auparavant cité: "Tous les médecins ont rencontré des patients qui souhaitaient la mort et qui, deux semaines plus tard, étaient heureux de vivre."

Pour aider à vivre cette souffrance, l'entourage se doit d'apporter le support qui rend l'épreuve tolérable, lisez le livre de Job pour apprendre ce que ses amis ont fait pour le "réconforter" et faites le contraire !

J'ai encore d'autres raisons qui m'amènent à ne pas envisager l'euthanasie vraiment comme une option. Des raisons spirituelles. Je crois que la vie humaine ne se termine pas avec la mort. Il y aura une résurrection à laquelle tous prendront part, lisons-nous dans la Bible, la Parole de Dieu.

Quand le souffrant a une espérance de vie après la mort cela peut lui rendre la souffrance plus tolérable, s'il réalise quelle a un sens même si la plupart du temps il serait incapable de l'expliquer. La souffrance n'est plus alors pour le croyant le résultat d'un bête hasard aveugle mais s'inscrit dans un cheminement venant vers une croissance, une appréhension plus profonde de réalités auparavant ignorées.

Comme le disait le grand sage, le roi Salomon ; au jour du bonheur l'homme se réjouit et au jour du malheur il réfléchit. Bien entendu, le résultat de sa réflexion peut autant le mener à s'endurcir et à se fermer (un exemple biblique) qu'à s'attendrir et s'ouvrir, cela dépend de son attitude intérieure.

Prenons par exemple Thérèse de Lisieux, une femme qui a beaucoup souffert. Dans son cas, la souffrance a été un outil permis par Dieu pour se révéler à elle. Il y a des exemples bibliques, pour accéder au coeur de l'homme, il s'est servi de la souffrance avec Job notamment..., plusieurs auraient demandé d'être euthanasié dans son cas! Même sa femme l'encourageait à mourir !

Si Job s'était fait euthanasier, il n'aurait jamais pu dire à Dieu «mon oreille avait entendu parler de toi mais maintenant mon oeil t'a vu!» Job. 42:5

Job 36:15 Dieu délivre le malheureux par son malheur même, et c'est par la souffrance qu'il l'avertit.

Je pense que le problème sous-jacent est que notre société a placé le bien-être au-dessus de toutes les autres considérations, c'est ce cadre de pensée qu'on doit remetre en question car, comme je l'ai mentionné dans l'introduction, suivant cette logique la douleur aigüe physique ou psychologique sans espoir perçu d'amélioration est suffisante pour justifier alors le recours au suicide ou à l'euthanasie active ou passive. Mais avec le bien-être établi comme absolu, comme "dieu", le seul vrai Dieu est tenu à distance contre sa volonté, car «il est près de ceux qui ont le coeur brisé», cela faisait partie de la mission de Jésus:

Psaumes 34:18 L'Eternel est près de ceux qui ont le coeur brisé, et il sauve ceux qui ont l'esprit dans l'abattement.

Psaumes 51:17 Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un esprit brisé: O Dieu! tu ne dédaignes pas un coeur brisé et contrit.

Psaumes 147:3 Il guérit ceux qui ont le coeur brisé, et il panse leurs blessures.

Esaïe 61:1 L'esprit du Seigneur, l'Eternel, est sur moi, car l'Eternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance; (cité dans Lu.4:18 par Jésus pour inauruger son ministère)

Concernant l'acharnement thérapeutique, c'est une autre histoire, quand on tient en vie artificiellement quelqu'un d'inconscient pendant longtemps, il y a sûrement matière à repenser la procédure.

La Bible enseigne : «Ne refuse pas un bienfait à celui qui y a droit, quand tu as le pouvoir de l'accorder.» Proverbes 3:27. Dans ce cas-ci, est-ce vraiment un bienfait accordé à la personne? Je ne pense pas. Le temps, l'effort, le matériel médical et l'argent pourraient être mieux investis pour soulager d'autres personnes souffrantes.

En conclusion, à cause la valeur que j'attribue à la vie - cette vie créée par Dieu, ce qui lui confère seul le droit de décider de sa fin puisqu'Il en est l'auteur -, je suis pour qu'on laisse la personne aller jusqu'à sa fin naturelle sans faire d'acharnement thérapeutique. Il est absolument impératif de lui offrir le soulagement par la médication nécessaire et l'accompagnement sans quoi il serait risible de prétendre au respect de la vie.

Comme alternative à l'acharnement thérapeutique, les soins palliatifs procurent une manière digne d'affronter la mort spécialement quand cela peut être couplé avec un soutien spirituel pour permettre à la personne de se préparer à rencontrer son Créateur.

J'ai fini de vous parler de l'euthanasie, mais si cela vous intéresse de vous préparer à rencontrer Dieu, voici les

- Le webmestre






Chantal Sébire souffrait d'une maladie potentiellement mortelle, une «esthesioneuroblastome», maladie orpheline et incurable, qui se développe dans la cavité nasale et déforme cruellement le visage.

Elle "disait vouloir être conduite vers la mort, en accord avec ses enfants, et réclamait qu'on permettre à son médecin de famille de lui administrer une dose mortelle de pentothal. Un juge de Dijon avait repoussé sa requête" - citation tirée du journal Le Devoir paru le samedi 22 mars 2008, page a3 Retour dans le texte







Apocalypse: 9:5 Il leur fut donné, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois; et le tourment qu'elles causaient était comme le tourment que cause le scorpion, quand il pique un homme. 6 En ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront pas; ils désireront mourir, et la mort fuira loin d'eux. Retour dans le texte







Législations de l'euthanasie en Europe

Paris -- En Europe, seuls les Pays-Bas et la Belgique ont formellement légalisé l'euthanasie, sous de strictes conditions. Le Luxembourg a adopté le 20 février une loi dans le même sens qui devrait passer en deuxième lecture avant l'été.

- Pays ayant légalisé l'euthanasie

Les Pays-Bas ont été, le 1er avril 2002, le premier pays au monde à légaliser l'euthanasie: la loi exempte le médecin de poursuites judiciaires s'il respecte certains «critères de minutie».

La Belgique a suivi le 23 septembre 2002.

- Pays interdisant l'euthanasie mais autorisant une forme d'aide à la mort

En France, une loi sur la fin de vie du 22 avril 2005 tend à instaurer un droit au «laisser mourir» sans permettre aux médecins de pratiquer l'euthanasie.

En Suisse, un médecin peut fournir à une personne, condamnée par la médecine et qui désire mettre fin à ses jours, une dose mortelle d'un médicament, qu'elle prendra elle-même.

En Norvège, un médecin a le droit de décider de ne pas administrer un traitement à la demande d'un patient agonisant ou de ses proches si la personne ne peut pas communiquer.

Au Danemark, depuis fin 1992, les Danois peuvent faire un «testament médical» que les médecins doivent respecter.

En Allemagne, où le mot «euthanasie» reste tabou depuis les excès du nazisme, on utilise le mot Sterbehilfe («aide à la mort») qui inclut la possibilité pour un médecin d'arrêter un traitement lorsque le patient en a clairement exprimé le désir. La situation est sensiblement la même en Autriche.

En Espagne, où la hiérarchie catholique est particulièrement active dans la dénonciation de toute tentative de légalisation de l'euthanasie, la loi reconnaît aux malades le droit de refuser d'être soigné.

En Suède, une assistance médicale au suicide est possible.

En Hongrie, la législation permet à des malades incurables de refuser leur traitement médical.

En République tchèque, l'euthanasie n'est pas légale, mais la loi sur la santé publique autorise les patients à refuser tout traitement, par écrit.

Dans la très catholique Slovaquie, la loi précise en toutes lettres que «l'euthanasie et le suicide assisté sont inacceptables», même s'il est écrit que le «personnel médical atténue la douleur des malades incurables et des mourants, respecte la dignité humaine et les souhaits du patient en accord avec la législation».

En Grande-Bretagne, la loi interdit l'euthanasie mais un médecin a le droit de donner à un malade en phase terminale de fortes doses de morphine même s'il sait que cela risque de provoquer la mort et à la condition que le but soit de soulager la douleur.

En Italie, l'euthanasie est interdite mais le droit de refuser des soins est reconnu par la Constitution. Une commission travaille actuellement en vue de préparer une loi qui accorderait au patient le droit de choisir sa mort en cas de maladie incurable.

Pays où l'euthanasie est strictement interdite

En Grèce, l'euthanasie est interdite, notamment sous le poids de l'Église orthodoxe, non séparée de l'État, qui la considère comme une «association de meurtre et de suicide» constituant une «injure à Dieu».

En Pologne, l'euthanasie est passible de trois mois à cinq ans de prison, mais «dans des cas exceptionnels», le tribunal peut appliquer une atténuation extraordinaire de la peine ou même renoncer à l'infliger.

Des pays comme la Bosnie, la Croatie ou la Serbie considèrent l'euthanasie comme un homicide et la punissent en conséquence.

source : http://www.ledevoir.com/2008/03/22/181760.html Retour dans le texte









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