Les dons miraculeux ont-ils cessé au temps des apôtres?

Le pentecôtisme et autres mouvements charismatiques ont fait réaliser à bien des chrétiens qu'ils avaient été faussement enseignés par le cessationisme issu du calvinisme qui soutenait que les dons spirituels «charismatiques» avaient cessé avec la mort des apôtres. Ce qui fait qu'aujourd'hui plusieurs églises recherchent et pratiquent les dons spirituels sans pour autant adhérer à la doctrine du baptême dans le Saint-Esprit postérieur à la conversion. C'est notre cas dans l'église où j'assiste. L'argument biblique pour appuyer le cessationisme se trouve dans 1Co.13:8-13:

1Co.13:8 L'amour ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra.
9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,
10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.
11 Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.
12 Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.
13 Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, l'amour; mais la plus grande de ces choses, c'est l'amour.

J'ai parcouru des études bibliques s'appliquant à démontrer que le don des langues a cessé aux temps des apôtres ou peu après. Un auteur fait appel au fait que le verbe pauomai («cesser» dans «les langues cesseront») est à la voix moyenne pour conclure que les langues vont cesser d'elles-mêmes. Le problème est que le verbe pauô est toujours employé à la voix moyenne (14 fois dans le NT) sauf dans 1Pi.3:10 où la voix active est employé avec l'impératif. Alors ce genre de conclusion à laquelle ils parviennent est pour le moins hasardeuse car c'était l'usage normal de mettre le verbe pauô à la voix moyenne, cela ne procure pas une raison grammaticale de penser que les langues vont disparaître avant la prophétie et la connaissance.

Au v.8 il est écrit que les langues cesseront, v.10 quand ce qui est parfait sera venu, on y a vu la rassemblement final de tous les livres de la Bible ! alors point besoin de parler en langues, ce qui est enfantin v.11 maintenant, pour l'homme chrétien mature c'est l'amour qui importe. Voilà une interprétation cessationiste de ce passage. Elle comporte plusieurs problèmes, la connaissance partielle ne disparaîtra que quand nous verrons le Seigneur face à face v.12, alors seulement les prophéties prendront fin et les langues cesseront. Si ce qui est parfait concernait le canon biblique alors sa seule étude nous permettrait de connaître Dieu autant qu'il nous connaît v.12. Qui peut dire en être arrivé à ce point???

Notons aussi le v.13 où 3 choses demeurent présentement, de ces 3, 2 disparaîtront quand nous verrons le Seigneur face à face; la foi et l'espérance. Seul l'amour continuera pour l'éternité. La manière que Paul s'exprime dans ce verset porte à confusion car on pourrait être porté à penser que les autres items mentionnés auparavant sont déjà passés ce qui n'était certainement pas le cas puisque Paul parlait lui-même en langues et prophétisait au moment où il a écrit ce passage. Dans cette conclusion Paul revient avec l'emphase sur l'amour, le fruit de l'Esprit - voir le début de ce chapitre 1Co.13:1-7 - plutôt que sur les dons, c'est ainsi que j'explique l'emploi de «maintenant donc ce qui compte le plus c'est l'amour»

Paul travaille sur 3 plans de comparaison; il oppose ce qui est partiel avec ce qui est parfait, v.10, ce qui est enfantin et ce qui est mature, v.11 ce qui est flou et ce qui est clair v.12.

«quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra» Certains en ont conclu que ce qui est parfait se référait à la finalisation du canon biblique, maintenant la foi est révélée une fois pour toutes, cf. Jude 3, ils rennent Ep.4:12-13 comme un appui pour dire que la Bible a fait parvenir les chrétiens à l'unité de la foi, à la connaissance complète de Jésus, à l'état de maturité spirituelle comme lui.

Ep.4:12 pour le perfectionnement des saints en vue de l'oeuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ,
13 jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ,
14 afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction,
15 mais que, professant la vérité dans l'amour, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ.

Suivant cette ligne de pensée les paroles prophétiques, de connaissances et en langues ne sont plus nécessaires. Il y a un gros problème avec cette interprétation c'est que les Corinthiens semblaient être au courant de «ce qui est parfait», or puisque ni Paul ni les Corinthiens ne pouvaient avoir connaissance du canon de la révélation qui était en cours à leur époque ni quand il serait terminé. De plus l'histoire de l'église démontre que les chrétiens ne manifestent pas encore cette unité de la foi, cette maturité spirituelle atteignant les standards établis par Jésus. Combien sont encore comme des enflants flottant à tout vent de doctrine, il y a de plus en plus de dénominations et de sectes.

Paul oppose le parfait avec le partiel et il fait remarquer que la connaissance partielle ne disparaîtra que lorsqu'on aura vu le Seigneur face à face v.12. Alors situer avant le retour de Jésus la disparition de la connaissance, la prophétie et les langues pratiquées comme au temps apostolique c'est faire violence à ce que Paul dit au v.12. Il est vrai que certains pensent que voir face à face n'a pas rapport avec voir Jésus mais juste de voir clairement sans le reflet flou du miroir. Mais quand pourrions-nous connaître autant que nous avons été connu par le Seigneur sinon qu'au moment où notre transformation à son image sera complété? 1Jn.3:2 Présentement nous sommes dans le processus de transformation, cf. 2Co.3:18 :

2Co.3:18 Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit.

1Jn.3:2 Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est.

On a déjà aussi avancé en se basant sur 2Co.12:12 que ces charismes étaient liés à l'apostolat et que puisque la fonction d'apôtres n'était pas transmissible, les dons miraculeux ont cessé avec la mort du dernier apôtre.

2Co.12:12 Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles.

Il est vrai que les dons miraculeux ont servi d'appui pour authentifier le ministère de Paul, mais il ne faut pas restraindre leur signification à ce seul usage puisque plusieurs les ont pratiqué sans être apôtres eux-mêmes. Pour que cet argument ait du poids il aurait fallu que seuls les apôtres aient pratiqué les dons miraculeux, ce qui bien sûr ne correspond pas à la réalité biblique, cf. Ac.8:6-7

Les foules tout entières étaient attentives à ce que disait Philippe, lorsqu'elles apprirent et virent les miracles qu'il faisait. Car des esprits impurs sortirent de plusieurs démoniaques, en poussant de grands cris, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris.

Un autre argument avancé est l'absence de textes rapportant le parler en langues et les autres dons miraculeux dans la période des Pères de l'Église.

Voici ce qu'a écrit Irénée de Lyon, disciple de Polycarpe qui fut disciple de l'apôtre Jean, vers 170 ap. J.C. dans son traité intitulé «La prédication des apôtres et ses preuves, no.99:

D'autres ne reçoivent pas les dons de l'Esprit Saint et repoussent loin d'eux la grâce prophétique, cette grâce qui, entretenue, permet à l'homme de porter des fruits de vie divine ; ce sont ceux dont parle Esaïe : «Car ils seront, dit-il, comme le térébinthe au feuillage flétri, et comme un jardin sans eau» Es.1:30 ; et ceux-là ne servent de rien à Dieu, puisqu'ils ne peuvent rapporter aucun fruit.
Les écrits de Novatien n'ont vraisemblablement pas attirés l'attention. Novatien parlant de la promesse de Jésus concernant le Saint-Esprit:
C'est lui qui fortifient leurs coeurs et leurs pensées... qui était en eux l'illuminateur des choses divines ... ils étaient armés du même Esprit, ayant eux-mêmes les dons que le même Esprit distribue et équipe l'Église. C'est lui (Le St-Esprit) qui place les prophètes dans l'Église, instruit les enseignants, dirigent les langues, donne des pouvoirs et des guérisons, fait des oeuvres merveilleuses, offre le discernement des esprits... et ordonne et arrange tous les autres dons qui sont des charismes; et par conséquent l'Église du Seigneur partout, et en tout, parfaite et complète.
Le don des langues n'était plus pratiqué au temps de Jean Chrysostome d'après ce qu'il raconte dans son premier sermon contre les Anoméens, autour de 400 ap. JC.
L'anéantissement des prophéties et la cessation des langues n'ont rien qui m'étonne comme ces dons ne nous sont accordés que pour un temps, après avoir rempli pour nous leur office, ils peuvent cesser sans nous faire aucun tort. C'est ainsi qu'à présent les prophéties et le don des langues n'existent plus sans que l'économie de la piété en souffre.
Augustin de Hippone, vers la même époque avait écrit:
«Vous savez comment le ciel répondit à leurs prières : par un grand prodige. Tous ceux qui étaient présents n'avaient appris qu'une seule langue. L'Esprit saint descendit sur eux et remplit leur âme, et ils commencèrent à parler les langues de tous les peuples sans les connaître, sans les avoir apprises ; [...] Est-ce qu'aujourd'hui, mes frères, le Saint Esprit n'est plus donné ? Celui qui le croirait ne serait pas digne de le recevoir. On le reçoit donc encore aujourd'hui. Pourquoi donc ne parle-t-on plus aujourd'hui toutes les langues, comme les parlaient ceux qui recevaient alors le Saint-Esprit ? Pourquoi ? Parce que la signification mystérieuse du don des langues est accomplie. [...] Cette Eglise si peu nombreuse, qui parlait toutes les langues, était le symbole de cette grande Eglise qui s'étend du lever du soleil à son coucher, et parle les langues de tous les peuples. Cette promesse a reçu son accomplissement. [Augustin, "Sermon CCLXVII, II & III".]»
Cependant une recherche plus poussée démontre que vers la fin de sa vie, Augustin a changé d'opinion sur les dons miraculeux après avoir été témoin d'une guérison spectaculaire le jour de Pâques dans son église, il s'est mis alors à faire des recherches pour se rendre compte qu'il y avait encore beaucoup de manifestations des dons spirituels. Il a écrit:
"Nous continuons à pratiquer ce que les apôtres accomplissaient quand ils imposaient les mains aux Samaritains et demandaient au Saint-Esprit de descendre sur eux. Les nouveaux convertis devraient parler en langues".
Voici des extraits que j'ai traduits du livre «Quenching the Spirit - Examining Centuries of Opposition to the Moving of the Holy Spirit» P.67-85 écrit par William DeArteaga à propos de la position de Saint-Augustin sur les dons miraculeux et la raison pour laquelle le mouvement de la Réforme a rejeté en grande partie les dons miraculeux:

Augustin de Hippone (354-430)

«La plus importante figure dans la formation de la théologie de la guérison (et de la non-guérison) était Augustin, évêque de Hippone en Afrique du Nord. Augustin a non seulement tracé ce qui est devenu la théologie Catholique orthodoxe, mais ses écrits ont été lus extensivement par Martin Luther, Jean Calvin et les autres réformateurs. Plusieurs de ses points de vue théologique ont passé au protestantisme à travers les réformateurs, spécialement sa compréhension du salut par grâce. Malheureusement, il a fait plusieurs erreurs clés dans la théologie de guérison qui ont été acceptées plus tard par les théologiens catholiques et protestants. Il a suivi la tradition passée et a compris les dons de l'Esprit selon Esaie 11:2 (qui n'inclut pas les dons de guérison).

Es.11:2 L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui: Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel.

Dans un de ses premiers écrits, Augustin raisonnait que les miracles de l'évangile effectués par Jésus lui donnait l'autorité publique nécessaire pour convaincre la multitude. Ceci impliquait que les chrétiens plus philosophiques et plus spirituels n'avaient plus besoin de l'évidence des miracles.

Ce système de logique est le cessationnisme; c'est-à-dire la croyance que les miracles et le ministère des guérisons ont cessé après les temps bibliques.

Environ 6 ans avant de mourir, Augustin a rejeté le cessationnisme. Ceci à cause d'une guérison dramatique dont il a été témoin. Le cas impliquait un jeune homme affligé d'épilepsie et miraculeusement guéri au début d'un service de Pâques dans son église. Ceci l'a motivé à investiguer d'autres rapports sur des guérisons.

Par le temps où il avait écrit ses dernières oeuvres, La cité de Dieu, Les rétractations, il affirmait avec enthousiasme la continuation du ministère de guérison dans l'Église. Les rétractations ont été écrites quand Augustin approchait la mort, il avait alors décider de corriger ses écrits antérieurs. Sa capacité à être critique de ses fautes passées était une marque de profonde humilité. Il a expliqué que les mircales étaient toujours courants dans la communauté chrétienne.

Par son expérience personnelle il est venu à comprendre comment le cessationnisme s'était infiltré dans les écrits chrétiens: les chrétiens étaient gênés de dire qu'ils avaient été guéris. Quoique tous connaissaient les miracles des évangiles, peu entendaient parler des guérisons de leurs voisins.

En tant qu'évêque il était déterminé de rémédier à cela et il a insisté que les personnes miraculeusement guéries donnent un témoignage dans l'église.

Si un catholique sentait qu'il avait un ministère de guérison, il ne devait pas l'exercer parce que cela menaçait son humilité. S'il l'exerçait, il n'était pas humble, et par conséquent son ministère n'était pas valide.

Bien plus sûre était la prière de guérison à travers l'intercession des saints et de Marie. Si les saints produisaient un miracle, l'humilité du requérant n'était pas en danger. Malheureusement, comme les critiques protestants l'ont fait remarqué, ceci était non-biblique et dangereusement prêt du spiritisme.

Quelques soient ses fautes, et elles étaient nombreuses, la théologie catholique a résisté au cessationnisme original de Augustin. Elle a maintenu une croyance dans la continuité (quoique rare) de la manifestation des miracles, des guérisons et des dons de l'Esprit. Ceci était supérieur à la position protestante que les niait tous.

Le problème avec l'herméneutique expérimentale catholique résidait dans le domaine du discernement. Le public médiéval croyait chaque histoire du miraculeux sans séparer la rumeur et le mythe du fait. Cette mixture de mythe et de miracle authentique se voit, par exemple dans la vie de St-François par Bonaventure. Cette biographie du saint bien-aimé raconte des guérisons accomplies par François qui sont entièrement probables côte à côte avec des mythes, comme des moutons venant s'agenouiller devant l'autel.

Facile à comprendre que Calvin et les réformateurs ont rejeté les rapports des miracles par les saints comme de la superstition.

La situation s'est aggravée quand les catholiques se sont mis à déclarer que les miracles accomplis par leurs saints prouvaient que l'église catholique était la seule vraie église. Les théologiens protestants ont conclu que les miracles parmi les catholiques étaient impossibles à cause de leur théologie anti-biblique.

Luther a été le premier réformateur à ressusciter le cessationisme de Augustin. Cependant ce fut Jean Calvin (1509-1564), le grand théologien systématique et leader protestant de Genève qui a convertit le cessationnisme de théorie débatable en doctrine de base. Calvin s'insurge plusieurs fois dans ses écrits contre toute continuité de ministère de guérison ou de miracles: Institutions, livre IV, chapitre 19, section 18:

Mais que le don de guérison, comme le reste des miracles, que le Seigneur a voulu apporté pour un temps, a disparu afin de rendre la prédication nouvelle de l'évangile merveilleuse pour toujours. Par conséquent, même si nous concédons pleinement que l'onction (pour les malades) était un sacrement avec ces pouvoirs qui étaient administrés par les mains des apôtres, ceci n'a rien à voir avec nous, qui n'avons pas reçu administration de tels pouvoirs.
En rapport avec les autres dons de l'Esprit, tels la prophétie et les dons de parole, de sagesse et de connaissance, Calvin était aussi négatif de manière absolue. En fait, il n'y a pas une affirmation directe concernant les dons de l'Esprit dans ses Institutions. A la place il emploie l'expression les "pouvoirs évidents" de l'Esprit pour indiquer les dons originaux des apôtres décrits dans les Actes. Ce qu'il a à dire au sujet de la cessation de ces pouvoirs évidents est glané dans sa discussion du sacrement catholique de la confirmation, où l'évêque catholique pose les mains sur la personne pour qu'elle reçoive les dons de l'Esprit: Institutions, livre IV, chapitre 19, section 6:
Si ce ministère que les apôtres ont effectué demeure encore dans l'Église, l'imposition des mains devraient être aussi conservée. Mais puisque cette grâce a cessé d'être donnée, à quel but l'imposition des mains sert-elle?... Dans cet ordre d'idées, alors, ces acteurs (les évêques catholiques) diront-ils qu'ils suivent les apôtres? Ils auraient du l'apporter avec l'imposition des mains, afin que le pouvoir évident du Saint-Esprit puisse immédiatement s'exprimer. Ce qu'ils ne font pas.
Ces passages réflètent et la vérité et la tragédie de la Réforme. Les observations critiques de Calvin étaient vraies, et aujourd'hui même les théologiens catholiques seraient d'accord avec plusieurs d'entre elles, cependant Calvin n'a pas pu voir au-delà du problème de l'intention biblique originale. Il n'y a aucune évidence que Calvin ait essayé une simple imposition des mains ou une onction d'huile dans la foi en la guérison. Il a assumé que la théologie du cessationnisme était correcte, et à partir de cette assomption non testée il a développé sa doctrine. Cette doctrine a destiné le protestantisme à une longue période sans puissance de guérison.

En deça de 100 ans de la brisure de Luther avec le catholicisme, le monde protestant est tombé dans les retranchements des élaborations théologiques. Les théologiens calvinistes ont élaboré le cessationnisme en de surprenantes conclusions. Il a été formulé que, après la résurrection de Christ, les démons furent bannis de la terre. Par conséquent, l'exorcisme, comme la guérison, était une superstition papiste, superflue pour aujourd'hui.

Incroyablement, certains théologiens calvinistes ont aussi déclaré que l'évangélisation parmi les païens était un don apostolique qui avait cessé après l'époque biblique. Ce cessationnisme missionnaire a retardé une activité missionnaire à grande échelle chez les églises réformées pendant presque 150 ans. Les grandes sociétés missionnaires qui ont fait un travail si colossal au 19ème et au 20ème siècle ont été formées dans les années 1800, pas dans les années 1650 ou 1700. Cela a pris du temps à se secouer de cette lamentable extension du cessationnisme.

Les protestants se sont installés dans ce qui pourrait être appelé l'herméneutique cessationniste; ils disaient que les miracles étaient arrivés dans les temps bibliques, mais que ces miracles ne peuvent être vérifiés par la foi seulement par les annales bibliques, pas par des expériences au temps présent. Ceci a évité la fabrication de mythe catholique, mais à un coût terrible. Le cessationnisme a volé les protestants d'un moyen important de vérification biblique; l'analogie des événements spirituels. Ceci est à l'encontre de l'analogie. Ceci est contraire à la façon dont le monde normal pense, qui est du connu vers l'inconnu, et de la connaissance pratique à la pleine connaissance.

Le protestantisme réformé est devenu une foi ressemblant à un fantôme à cause du manque de support à partir d'expériences analogues.

L'herméneutique cessationniste a rendu la théologie protestante une proie facile pour les intellectuels de la Renaissance qui cherchaient des façons de discréditer le christianisme et de libérer l'humanité des "entraves" de la religion révélée. Le philosophe anglais David Hume (1711-1776) a vite fait d'exposer la faiblesse du cessationnisme en apportant la conclusion logique: Puisqu'il n'y a aucun miracle d'observable présentement, il n'y en a jamais eu dans le passé non plus.»

Tout ceci est bien triste, mais cela ne pouvait perdurer ainsi; les dons spirituels ont finalement été «redécouverts» dans le milieu protestant.










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