La guérison d'un aveugle
J'aimerais prendre quelques instants pour situer l'évangile de Marc parmi les autres évangiles. D'après Irénée, (mort en 177 ap. J.C.), l'évêque de Lyon qui avait été formé par Polycarpe qui avait connu l'apôtre Jean, Matthieu fut le premier évangile publié pendant le ministère de Pierre et de Paul, originalement en araméen. Après la mort de Pierre et de Paul, Marc, qui avait servi d'interprète grec pour Pierre, a publié l'évangile que prêchait celui-ci. De son côté Luc a publié l'évangile que prêchait Paul. Ensuite Jean publia son évangile quand il séjournait à Éphèse. (référence tirée de «Contre les hérésies III, 1,1» de Irénée).
L'historien Eusèbe au IVe siècle cite l'évêque Papias (mort en 120 ap. J.C.) qui avait été contemporain de l'Apôtre Jean: «Et voici ce que disait l'ancien : Marc, qui était l'interprète de Pierre, a écrit avec exactitude, mais pourtant sans ordre, tout ce dont il se souvenait de ce qui avait été dit ou fait par le Seigneur. Car il n'avait pas entendu ni accompagné le Seigneur ; mais plus tard, comme je l'ai dit, il a accompagné Pierre. Celui-ci donnait ses enseignements selon les besoins, mais sans faire une synthèse des paroles du Seigneur. De la sorte, Marc n'a pas commis d'erreur en écrivant comme il se souvenait. Il n'a eu en effet qu'un seul dessein, celui de ne rien laisser de côté de ce qu'il avait entendu et de ne tromper en rien dans ce qu'il rapportait.»

L'apôtre Pierre étant un homme intense, un homme d'action, cela déteint sur l'évangile écrit par Marc; il rapporte à propos de Jésus beaucoup de récits d'événements en décrivant les émotions ressenties par Jésus, mais on y trouve que très peu de ses discours. Les évangiles de Matthieu et Luc ont plusieurs récits en commun avec Marc, parfois ils ont puisé à la même source; le texte est identique au mot près, parfois les détails diffèrent un peu, Jésus y est moins émotif, cf. Les sentiments de Jésus
Il y a seulement 2 récits qu'on ne retrouve pas dans Matthieu et Luc. Lisons ces 2 récits qui démontrent des points communs.

Le premier se trouve au chapitre 7, juste avant la deuxième multiplication des pains

32 On lui amena un sourd, qui avait de la difficulté à parler, et on le pria de lui imposer les mains.
33 Il le prit à part loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa propre salive;
34 puis, levant les yeux au ciel, il soupira, et dit: Ephphatha, c'est-à-dire, ouvre-toi.
35 Aussitôt ses oreilles s'ouvrirent, sa langue se délia, et il parla très bien.
36 Jésus leur recommanda de n'en parler à personne; mais plus il le leur recommanda, plus ils le publièrent.
37 Ils étaient dans le plus grand étonnement, et disaient: Il fait tout à merveille; même il fait entendre les sourds, et parler les muets.

Le deuxième, l'objet du message ce matin, se trouve dans Marc 8:22-26, tout de suite après cette même multiplication des pains.

22 Ils se rendirent à Bethsaïda; (maison des poissons en araméen, un nom de circonstance pour un village de pêcheurs) et on amena vers Jésus un aveugle, qu'on le pria de toucher.
23 Il prit l'aveugle par la main, et le conduisit hors du village; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s'il voyait quelque chose.
24 Il regarda, et dit: J'aperçois les hommes, mais j'en vois comme des arbres, et qui marchent.
25 Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux; et, quand l'aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement.
26 Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant: N'entre pas au village.

Ces deux récits figurent parmi les plus intrigants de la Bible; Jésus se comporte d'une manière qui a de quoi étonner. Cela pourrait être une explication pourquoi Matthieu et Luc ne les ont pas retenus.
  • Les deux fois Jésus les amène loin de la foule, pourquoi?
  • Pourquoi Jésus s'est-il servi de salive et de boue pour l'aveugle?
  • Pourquoi Jésus met-il les doigts dans les oreilles du sourd au lieu de lui imposer les mains?
  • Et pourquoi lui met-il sa salive sur la langue?
  • Pourquoi la guérison de l'aveugle n'a-t-elle pas été complète et instantanée?
  • Pourquoi Jésus a-t-il défendu à l'aveugle de rentrer au village?

Ces deux rencontres de Jésus, l'une avec un sourd et l'autre avec un aveugle ont donc leurs mystères, mais elle a aussi des belles leçons pour nous.


Ce matin nous allons nous attarder sur la rencontre avec l'aveugle dans Mc.8:22-26.

Nous pouvons relever au moins 8 points à propos de ce texte

1° Premier point

Essayons quelques instants de nous imaginer la vie spirituelle de ces gens-là. Une journée de congé par semaine, le samedi, ils vont à la synagogue. C'est le seul endroit où ils ont accès à la Parole de Dieu, ils n'ont pas chez eux comme nous 56 traductions de Bible! N'importe quel juif mâle adulte a le droit d'aller lire une portion de l'Ancien Testament en avant et de la commenter. Le texte est en hébreu et tu ne le comprends pas à moitié parce que depuis 400 ans, depuis le retour de la captivité à Babylone, c'est l'araméen la langue du peuple. C'est un peu comme quand nos aïeuls allaient entendre la messe en latin. Depuis une couple d'années, il y a un homme qui enseigne différemment des autres, il le fait avec autorité, il dit qu'il est venu accomplir la prophétie d'Esaïe 61:1-2:

L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur.

C'est ce message que Jésus a prêché dans la ville de Bethsaïda, lieu de notre récit.

Tournons ensemble dans Mt.11:20 pour prendre connaissance des sentiments de Jésus alors qu'il s'apprête à entrer à Bethsaïda:

20 Alors il se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu'elles ne s'étaient pas repenties.
21 Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu'elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre.
22 C'est pourquoi je vous le dis: au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.

Voilà les états d'âme de Jésus alors qu'il voit venir vers lui des hommes traînant un aveugle.

Jésus était indigné par ceux qui désirent les bienfaits du Royaume de Dieu sans se soumettre au Roi. Jésus ne pouvait être satisfait seulement d'une action sociale qui améliore pour un temps la qualité de vie de ses concitoyens si leur destinée éternelle restait inchangée.

Jésus ne voulait pas que les gens viennent à lui seulement pour avoir des miracles, mais désirait que les gens se repentent et changent de vie. Il voulait que les gens soient réconciliés avec Dieu et qu'ils découvrent le vrai sens de la vie.

Voilà pour la mise en situation de notre texte; Jésus revient dans une ville où il avait fait plusieurs guérisons depuis 2 ans sans qu'il y ait un réveil spirituel. Jésus était tout simplement perçu comme un faiseur de miracles dont on profitait du passage occasionnel.

Malgré tout, dans sa grâce immense, Jésus accède à la demande des amis de l'aveugle, mais selon ses termes!

Application

Et nous, comment attirons-nous les gens à Jésus?

  • En leur faisant miroiter la possibilité d'être guéris, comme dans ce passage?
  • En leur disant qu'il suffit de réciter une prière de repentance pour être sûr d'aller au ciel?
  • En leur promettant que Jésus va régler tous leurs problèmes?

Si ça marche, ça ne fait pas des enfants forts! Les gens qui sont guéris miraculeusement ne sont pas toujours reconnaissants, cf. la guérison des 10 lépreux où un seul était revenu remercier Jésus. La guérison du corps ne s'accompagne pas automatiquement de la guérison du coeur! En mettant l'accent sur les besoins des gens, cela les porte à se centrer sur eux-mêmes et leurs misères, au lieu de les mener à la repentance en prenant conscience qu'ils ont offensé Dieu et qu'ils ont besoin de changer de comportement.

Comment Jésus désire-t-il attirer les hommes à lui?

Jn.12:32 Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi.

Ce que Jésus désire, c'est que nous attirons les hommes à lui par la prédication de la croix, non pas par les miracles ou par un évangile facile. C'est par la prédication de la croix que le Saint-Esprit convainc les hommes de péché, de justice et de jugement. Si le Saint-Esprit juge bon d'opérer des miracles pour appuyer notre témoignage, tant mieux, et attendons-nous à ce qu'il le fasse à l'occasion, et il le fait ! mais l'accent est ailleurs, comme le dit Paul:

1Co.2:2 Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.

Autres passages sur la prédication de la croix

Pour faire des disciples, on doit les faire passer par la croix; s'ils n'ont pas renoncé à eux-mêmes, ils auront beau crier: «Seigneur, Seigneur» et même faire des miracles en son nom, mais ils ne seront pas pour autant des disciples de Jésus puisqu'ils continueront à faire leur propre volonté au lieu de celle du Seigneur.

Quelle désillusion que de se faire dire par Jésus: «Je ne t'ai jamais connu». Cela n'a pas à arriver, ce n'est pas un nouveau corps que ça nous prend pour que Jésus nous reconnaisse, c'est un nouveau coeur! Une repentance et une conversion manifestées par un changement de comportement.

2° Deuxième point

Il est intéressant de noter que ce n'est pas l'aveugle qui a supplié Jésus de le guérir. On est loin de Bartimée qui s'époumonait le long du chemin pour attirer l'attention de Jésus. Marc 10:46 (ne pas lire en chaire)

46 Ils arrivèrent à Jéricho. Et, lorsque Jésus en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin.
47 Il entendit que c'était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier; Fils de David, Jésus aie pitié de moi!
48 Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort; Fils de David, aie pitié de moi!
49 Jésus s'arrêta, et dit: Appelez-le. Ils appelèrent l'aveugle, en lui disant: Prends courage, lève-toi, il t'appelle.
50 L'aveugle jeta son manteau, et, se levant d'un bond, vint vers Jésus.
51 Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l'aveugle, que je recouvre la vue.
52 Et Jésus lui dit: Va, ta foi t'a sauvé. Aussitôt il recouvra la vue, et suivit Jésus dans le chemin.

C'est à croire que cet homme est non seulement aveugle mais muet aussi!

Le moins qu'on puisse dire c'est que cet aveugle ne manifeste pas pour l'instant un grand enthousiasme, ce pourrait être un signe qu'il a ses doutes à propos de la démarche de ses amis.

Application

Il se peut que des gens acceptent à reculons notre invitation dans une rencontre chrétienne, ne nous décourageons pas pour autant, un rendez-vous divin peut les attendre! Le Seigneur sait comment toucher le coeur de chacun, c'est lui qui l'a façonné après tout! Et dans le cas de cet aveugle, il a même un plan très original! Il n'y a rien de monotone et de routinier avec Jésus, il a le tour de nous surprendre.

3° Troisième point

Cet aveugle, pour venir à Jésus, a besoin de quelqu'un pour le diriger. Même dans le cas du fringant Bartimée, quelqu'un a dû le guider vers Jésus, sinon il aurait bien pu partir dans la direction opposée!

Application

Sur le plan spirituel, ceux qui voient sont aussi nécessaires pour éclairer les aveugles.

Par exemple, l'eunuque, dans Ac.8, lisait le livre du prophète Esaïe où celui-ci parlait de Jésus, mais n'arrivait pas à en saisir le sens. Le diacre Philippe est venu le lui expliquer et l'eunuque a vu clair.

(ne pas lire en chaire) Ac.8:29 L'Esprit dit à Philippe: Avance, et approche-toi de ce char.
30 Philippe accourut, et entendit l'Ethiopien qui lisait le prophète Esaïe. Il lui dit: Comprends-tu ce que tu lis?
31 Il répondit: Comment le pourrais-je, si quelqu'un ne me guide? Et il invita Philippe à monter et à s'asseoir avec lui.
32 Le passage de l'Ecriture qu'il lisait était celui-ci: Il a été mené comme une brebis à la boucherie; Et, comme un agneau muet devant celui qui le tond, Il n'a point ouvert la bouche.
33 Dans son humiliation, son jugement a été levé. Et sa postérité, qui la dépeindra? Car sa vie a été retranchée de la terre.
34 L'eunuque dit à Philippe: Je te prie, de qui le prophète parle-t-il ainsi? Est-ce de lui-même, ou de quelque autre?
35 Alors Philippe, ouvrant la bouche et commençant par ce passage, lui annonça la bonne nouvelle de Jésus.
36 Comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l'eau. Et l'eunuque dit: Voici de l'eau; qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé?
37 Philippe dit: Si tu crois de tout ton coeur, cela est possible. L'eunuque répondit: Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu.
38 Il fit arrêter le char; Philippe et l'eunuque descendirent tous deux dans l'eau, et Philippe baptisa l'eunuque.
39 Quand ils furent sortis de l'eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l'eunuque ne le vit plus. Tandis que, joyeux, il poursuivait sa route,

4° Quatrième point

La réputation de Jésus l'avait précédé. Les amis de l'aveugle avaient entendu parler d'un prophète qui guérissait des gens.

Les amis de l'aveugle s'attendaient que Jésus le touche et qu'il soit guéri sur le champ, ensuite il s'en serait retourné avec eux, tout heureux d'avoir reçu ce qu'ils avaient demandé à Jésus.

Jésus ne se laisse pas manipuler, sa mission primordiale n'est pas de guérir tout le monde sur demande, il n'est pas une machine distributrice de miracles, la mission qu'il a reçue de son Père est d'amener les gens à la repentance. Alors il n'agit pas du tout comme ces gens l'avaient prévu. Cet aveugle qui n'a rien demandé à Jésus a manifestement besoin d'être éveillé à la foi et de se repentir de ses péchés. Jésus prend les moyens pour y parvenir, il estime le salut de son âme bien plus important que la guérison de son corps. Il saisit l'aveugle par la main et l'entraîne en dehors de la ville, c'est le sens du verbe grec epilambanô dans ce passage.

Application

Pensez un instant à la raison qui vous a décidé de vous approcher de Jésus, quel besoin aviez-vous?

  • Étiez-vous malade ?
  • Étiez-vous seul ?
  • Ou comme moi, simplement curieux?
  • Était-ce pour faire plaisir à vos parents?
  • Ou peut-être parce que vous étiez tannés de vous faire relancer par le pasteur?
  • Ou encore, était-ce pour suivre vos amis, comme cet aveugle?

Nous venons tous à Jésus pour des motifs bien à nous, parfois aussi avec des attentes, avec un scénario déjà tout fait sur la manière qu'on aimerait qu'il intervienne dans notre vie.

Quels que soient nos motifs, le Seigneur nous accueille, n'est-ce pas merveilleux!?

Cependant, attendons-nous qu'il nous prenne par la main ensuite pour nous expliquer certaines choses...

N'oublions pas que Jésus-Christ est Seigneur, cela signifie qu'il est celui qui décide des moyens d'action et des résultats. Si on n'en tient pas compte, on risque de passer à côté de la bénédiction. Imaginez-vous si l'aveugle avait résisté à Jésus en lui disant: «Tu m'inquiètes, je ne suis pas sûr que je veux te suivre, où m'emmènes-tu là? Je voulais juste que tu me touches et que je sois guéri!»

Si l'aveugle avait refusé de suivre Jésus en dehors de la ville, il n'aurait pas été guéri. Jésus a suscité la foi en lui, il lui a demandé un pas de foi, même plusieurs pas!!! Il l'a pris par la main, «Suis-moi»!

Sommes-nous prêts à suivre Jésus ? Cela va prendre des pas de foi, comme l'aveugle qui ne savait pas où Jésus l'entraînait ni ce qu'il allait faire, nous aussi, nous ne voyons pas toujours où Jésus veut nous amener. Mais c'est cela la foi, on fixe les regards sur Jésus et on avance dans l'inconnu la main dans sa main, comme l'avait fait Abraham, le père de la foi.

5° Cinquième point

Pourquoi Jésus a-t-il décidé de l'amener à l'écart avant de le guérir?

Nous avons déjà évoqué une raison possible; pour prendre du temps avec lui afin de l'amener à la repentance, mais en fait, il aurait très bien pu faire cela en public comme il l'avait fait avec l'aveugle dans Jn.9.

Dans l'autre texte de Marc 7 que nous avons lu au début, nous avons la clef qui explique ce comportement de Jésus. Il avait aussi amené le sourd à l'écart, Jésus avait défendu au sourd et à ceux qui l'avaient accompagné de parler de cette guérison pour qu'il puisse être capable d'entrer dans les villes sans être submergé par la foule. Mais ça n'a pas marché, , plus il leur demandait de se taire, plus ils en parlaient, c'était au point qu'il devait se tenir dans les lieux déserts, cf. Mc.1:40-45 (ne pas lire en chaire). C'est ce qui l'avait amené de l'autre côté du lac où il avait dû faire une multiplication des pains pour que les gens aient la force de retourner chez eux, cf. Mc.8:2-3.

Mc.1:40 Un lépreux vint à lui; et, se jetant à genoux, il lui dit d'un ton suppliant: Si tu le veux, tu peux me rendre pur.
41 Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit: Je le veux, sois pur.
42 Aussitôt la lèpre le quitta, et il fut purifié.
43 Jésus le renvoya sur-le-champ, avec de sévères recommandations,
44 et lui dit: Garde-toi de rien dire à personne; mais va te montrer au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage.
45 Mais cet homme, s'en étant allé, se mit à publier hautement la chose et à la divulguer, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer publiquement dans une ville. Il se tenait dehors, dans des lieux déserts, et l'on venait à lui de toutes parts.

6° Sixième point

Regardons maintenant la façon de faire de Jésus

Il l'amène à part. Il le sort de la foule empressée et bruyante pour être seul, tranquille avec l'aveugle. Il veut entrer en rapport personnel avec lui. Sa rencontre avec Jésus est une rencontre personnelle, il est son Sauveur personnel qui s'intéresse à lui personnellement, il le connaît par son nom et sait exactement ce qu'il vit et comment il peut venir à son secours selon une manière toute particulière.

Même si le texte ne le dit pas, connaissant Jésus et sa mission, on peut supposer facilement qu'il en a profité pour lui exposer la bonne nouvelle du royaume pendant cette marche qui a duré un certain temps.

Application

Qu'est-ce que cela nous enseigne sinon que Jésus veut avoir du temps d'intimité avec nous pour intervenir dans notre vie selon nos besoins précis d'une manière toute particulière ? Il s'y prend d'une manière différente avec chaque personne, alors nous n'avons pas à chercher à reproduire son intervention dans notre vie selon un modèle qu'il a employé dans la vie d'un autre chrétien. Ce n'est pas sur le procédé que notre attention doit se porter, mais sur la personne de Jésus qui rend le procédé efficace et qui change souverainement de procédé selon son bon vouloir sans que nous ayons à redire là-dessus.

7° Septième point

Il lui met de la salive dans les yeux. En grec, «il lui crache dans les yeux», l'aveugle a dû faire le saut, il accepte de se faire amener hors de la ville par Jésus et tout à coup celui-ci décide de lui cracher dans les yeux. Lui, il s'attendait que Jésus lui touche mais jamais de cette manière. Se faire cracher au visage était considéré comme une marque de mépris, pensons aux juifs qui avaient craché au visage de Jésus avant de l'envoyer se faire crucifier:

Matthieu 26:67 Là-dessus, ils lui crachèrent au visage

Encore là, l'aveugle semble garder son calme, il accepte de recevoir ce traitement par Jésus, il ne le reçoit pas comme une marque de mépris. Fait étonnant, Alfred Edersheim, un juif chrétien érudit rapporte que Jésus emploie ainsi une méthode connue des juifs pour soulager des problèmes oculaires mineurs, une méthode que l'aveugle avait probablement déjà essayée plusieurs fois sans succès. Sa foi est alors testée à nouveau, Jésus emploie un moyen qui était resté sans effet sur lui auparavant.

Mais Jésus fait toutes choses dans un but précis, il avait ses raisons d'employer ce moyen dans ce cas en particulier. Peut-être voulait-il faire grandir la foi probablement faible de l'aveugle; la foi dans sa personne, pas la foi dans le banal moyen employé.

Jésus a aussi employé sa salive avec un aveugle et cela avait marché du premier coup:

Jn.9:5 Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.
6 Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l'aveugle,
7 et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s'en retourna voyant clair

Dans ce miracle, il avait employé de la boue en plus. La puissance de guérison n'était évidemment pas dans la boue ou dans la salive, S'il y a une chose, la boue pourrait rendre un homme aveugle! La puissance venait de Jésus lui-même, comme on peut le lire dans:

Lu.8:46 Mais Jésus répondit: Quelqu'un m'a touché, car j'ai connu qu'une force était sortie de moi.

Cela ne servirait donc à rien d'appliquer notre salive et de la boue sur les yeux des aveugles pour leur rendre la vue!

Un érudit nommé Poole a commenté ainsi:

«Notre Sauveur emploie parfois des signes dans ses oeuvres miraculeuses, parfois il n'en utilise aucun, alors il suffit de la parole de sa puissance pour les guérir; il varie souvent les signes qu'il emploie, ceci afin que les gens comprennent qu'il n'y a pas de puissance dans les signes eux-mêmes.»


Autres commentaires sur ce passage

Application

La puissance de guérison est en Jésus, pas dans la salive, la boue ou encore l'onction d'huile. Jésus demeure le même, hier, aujourd'hui et éternellement, alors il peut encore guérir des aveugles aujourd'hui et j'ai déjà entendu des témoignages qu'il a fait.

8° Huitième point

On a ici le seul exemple de guérison graduelle dans les Écritures. Pourquoi Jésus ne l'a-t-il pas guéri du premier coup? Ni Jésus, ni Marc ne donnent d'explications, alors nous ne pouvons que faire des suppositions, des commentateurs ont suggéré que cette guérison progressive reflétait l'éveil graduel à la foi de l'aveugle.

Une femme m'a fait remarquer que cet aveugle devait déjà avoir vu puisqu'il savait à quoi ressemblaient des hommes et des arbres. Il est peut-être devenu aveugle graduellement, il aura alors retrouvé la vue graduellement aussi.

On peut aussi y voir un parallèle avec les disciples de Jésus; dans la pensée hébraïque, la vue symbolise la compréhension, les disciples étaient lents à comprendre le sens des multiplications des pains, leur aveuglement spirituel ne s'est dissipé que progressivement. Jésus a donc permis peut-être que l'aveugle ne soit guéri que graduellement pour illustrer à ses disciples leur propre condition spirituelle.

Application

John Gill a noté que cette rencontre de l'aveugle avec Jésus est une image de ce qui se produit à notre conversion:

Quand Jésus nous détourne des ténèbres pour nous amener à sa lumière, il nous prend par la main, ce qui manifeste sa grâce et sa miséricorde, il devient notre guide et notre leader, il nous amène sur un chemin inconnu, il nous met à part, il nous sépare du reste du monde, il nous enseigne, il nous fait voir clair.

Conclusion

En terminant, même si on vous a traînés de force jusqu'ici, Jésus désire quand même entrer en relation avec vous, il vous dit:

«Moi je reprends et je corrige tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle et repends-toi. Voici je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je souperai avec lui et lui avec moi». Ap.3:19-20

Et en plus, c'est Jésus qui fournit le repas!

Parlant de repas, c'est maintenant le temps pour les disciples de prendre le repas de leur Seigneur.

Ce repas nous rappelle la croix, Jésus nous y invite; En le prenant, acceptons d'être crucifiés avec lui et de mourir au monde pour vivre en ressuscités.


- Le webmestre

Galates 2:20 J'ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi.

Galates 6:14 Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d'autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde!

Galates 5:24 Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs.

Colossiens 3:1 Si donc vous êtes ressucités avec Christ, cherchez les choses d'en haut»

«Le processus de guérison était centré d'une manière marquée sur la personne de Jésus. Jésus avait déjà employé la salive pour guérir le sourd-muet. On peut rappeler ici que l'usage de la salive était un remède juif bien connu pour les problèmes oculaires.» - Alfred Edersheim donne deux références dans les écrits des rabbins pour appuyer ses dires : (Jer. Shabb. xiv.4; Baba B.126 b)

«A l'ordinaire Jésus guérissait uniquement par la parole. En agissant autrement, que peut être son but? Les uns pensent qu'il voulait ainsi suppléer à ce qui manquait à la foi du malade, l'encourager en lui montrant qu'il s'occupait de lui avec intérêt. D'autres supposent qu'il avait en vue les témoins de la guérison et s'accommodait à leurs idées sur l'efficacité de certains moyens, afin de prévenir en eux la superstition qui pouvait s'attacher au miracle. Rien de pareil n'est indiqué dans le texte. Il faut simplement admettre que Jésus, qui ne faisait rien d'inutile, trouvait ces moyens nécessaires pour accomplir quelques-uns de ses miracles. C'était là une sorte d'intermédiaire entre lui et le malade. Seulement il faut remarquer avec Olshausen que, même là où Jésus ne guérit pas uniquement par la parole, il n'emploie jamais des moyens étrangers à sa personne; en elle réside exclusivement la puissance divine qui rendait la santé aux malades et même la vie aux morts.»L. Bonnet

«On s'est demandé pourquoi Jésus guérit cet aveugle par degrés et, pour ainsi dire, au moyen de deux efforts successifs de puissance. Et l'on a fait diverses suppositions qui sont toutes arbitraires. Le mieux ne serait-il pas de consentir à l'ignorer? Si l'on veut absolument une solution, la plus plausible serait peut-être celle d''un ancien commentateur: "Il guérit d'abord imparfaitement cet aveugle selon qu'il croyait imparfaitement; c'est pourquoi aussi il lui demanda s'il voyait quelque chose, afin que, du peu qu'il voyait, il apprit à croire plus parfaitement pour être guéri plus parfaitement. Car le médecin est plein de sagesse" - Euthymius Zigabenus.» - L. Bonnet

«Il lui mit de la salive sur les yeux. Nous pouvons supposer que cette façon non habituelle d'obtenir une guérison était pour développer la foi de cet homme.
Supposons que c'était un exemple de foi progressive. Le Seigneur aurait pu le guérir par une simple parole, mais il voulait sauver l'âme, en même temps qu'il guérissait le corps.» - Johnson

Voici un aveugle amené à Christ par ses amis. Cela fait apparaître la foi de ceux qui l'ont amené. Si ceux qui sont aveugles spirituellement, ne prient pas pour eux-mêmes, leurs amis et leurs relations devraient prier pour eux, Christ serait heureux de les toucher. La guérison fut faite graduellement, ce qui n'était pas habituel dans les miracles du Seigneur. Christ montra par quelle méthode sont généralement guéris ceux qui par nature sont aveugles spirituellement. En premier leur connaissance est embrouillée; mais comme la lumière du matin, elle brille de plus en plus jusqu'au jour complet, et alors ils voient les choses clairement. On perd les faveurs de Christ quand on les traite sans considération, et il fera connaître à ceux qui agissent de la sorte la valeur des privilèges au travers du besoin de ceux-ci. - Matthew Henry










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