Biographie de Jean-Louis Rheault


La société québécoise a été en constante évolution durant les 100 dernières années. Cette évolution est reflétée dans l’histoire de la vie de ses habitants de longue date. C’est le cas dans l’histoire de Monsieur Jean-Louis Rheault, qui de son vivant, a été témoin de changements majeurs autant au niveau social, qu’économique et politique.

L’enfance de Jean-Louis

Jean-Louis est né en 1931 dans le village de St-Sylvère en Mauricie, près de Trois-Rivières. À cette époque, le pont Laviolette n’était pas encore construit, les colons devaient donc utiliser un traversier pour se rendre d’un côté à l’autre du fleuve St-Laurent et aller à Trois-Rivières. Cette petite municipalité mauricienne est située au sud du fleuve, tout près de la rivière Bécancour. Elle connut deux importants incendies en 1897 et 1909 qui rasèrent complètement les scieries du village. Par contre, elles eurent l’effet bénéfique de défricher les terres avoisinantes, laissant ensuite le loisir aux colons de les cultiver, ce qui devint leur principale occupation.1 Saint-Sylvère au début du 20ème sciècle:



Jean-Louis était l’enfant d’un de ces cultivateurs qui travaillaient la terre dans le but de nourrir leur famille et de survivre, ils pratiquaient donc l’agriculture de subsistance. C’était encore une pratique courante dans les régions rurales de l’époque.2 Une grande partie de la récolte consistait en la culture maraichère. Les surplus étaient cannés à l’automne pour survivre au rude hiver québécois, on les entreposait au sous-sol pour en garder la fraîcheur. Jean-Louis raconte qu’à l’époque, il n’existait pas d’épicerie dans la région et que donc, les colons devaient tous pratiquer l’agriculture de subsistance. Ceci faisait en sorte que les hommes et les femmes devaient apprendre à se débrouiller manuellement dès l’enfance pour aider sur la ferme, Jean-Louis dit qu’il devait travailler sur la terre dès l’âge de 7 ans. Il y avait tout de même un petit magasin général. Mais il était situé au village, à environ 6 kilomètres de distance, et vendait des produits de base tels que le sucre, la farine et le sel. Il y avait également un dépanneur qui vendait des boissons froides, pour ce faire, le propriétaire laissait les boissons dans des bacs d’eau froide. Durant le printemps et l’été donc, la majorité du temps était consacré à l’agriculture et aux récoltes. Le travail se faisait manuellement et on utilisait des chevaux pour labourer la terre car il n’y avait pas encore de tracteur sur la ferme à cette époque. Au printemps, on pratiquait également l’acériculture pour les besoins de la maisonnée, qui possédait entre 300 et 400 érables qu’ils entaillaient tous les printemps. La totalité du sirop d’érable était consommé sur place. La famille disposait également d’un petit élevage de porcs. Avant l’hiver, ils en abattaient un et le découpaient en morceaux qu’ils conservaient en les laissant dehors au froid, c’était l’équivalent d’un congélateur moderne à l’époque. Rien n’était perdu, on utilisait entre autre le sang du porc pour confectionner du boudin et le reste pour faire de la saucisse, ces aliments étaient apprêtés majoritairement par les femmes. La famille disposait également de quelques vaches qu’ils trayaient pour leur lait et pour fabriquer du fromage. À l’automne, c’était également le temps de bucher du bois pour l’hiver, ce travail était réservé aux hommes. Jean-Louis se rappelle de l’absence quasi-totale de machinerie à cet effet. Une seule personne sur le rang possédait un banc de scie qui fonctionnait à l’essence et tous les habitants du coin venaient couper leur bois chez lui en échange d’autres services. Les gens appelaient cette machine le ‘’mange-bras’’ parce qu’elle ne possédait pas de garde et qu’il était déjà arrivé à quelqu’un de perdre un bras en l’opérant.



La maison familiale fut bâtie de toute pièce manuellement par le père qui était très débrouillard. À l’époque, il n’y avait pas d’électricité, la maison était donc éclairée par des lampes à l’huile qu’on appelait ‘’lampes Aladin’’. Elle abritait toute la petite famille qui comptait neuf enfants, quatre filles et cinq garçons. Jean-Louis était le 7ième enfant de la famille, il raconte que ses frères et sœurs ainés aidaient à veiller sur les plus jeunes, les parents étant occupés en permanence avec la diversité des tâches qui leur incombaient. Les enfants entretenaient une bonne relation avec leurs parents qui leur transmettaient particulièrement des valeurs d’honnêteté et d’entraide. Ils étaient souvent laissés à eux-mêmes et devaient apprendre de leurs erreurs, la discipline se faisait donc de façon assez autonome. Comme les familles étaient très nombreuses, les enfants du rang jouaient souvent avec leurs voisins. Ils passaient beaucoup de temps au bord de la rivière Bécancour, se confectionnant des cannes à pêche artisanales avec une branche et un fil à pêche. Jean-Louis se souvient qu’ils ne disposaient pas de beaucoup de matériel, alors ils prenaient une aiguille à coudre qu’ils pliaient pour en faire un hameçon. Cela faisait en sorte qu’il fallait tirer vraiment d’un coup sec pour pouvoir accrocher le poisson. Pour se rendre au village, la petite famille disposait d’une calèche avec de beaux sièges en cuir rembourrés et de grandes roues, on l’utilisait durant l’été pour aller à l’église le dimanche et faire des emplettes. Durant l’hiver, ils avaient un autre véhicule qu’ils appelaient le ‘’speeder’’, c’était une sorte de carriole avec des roues spéciales pour rouler sur la neige. Pour se réchauffer, on se couvrait avec des peaux d’ours et en guise système de chauffage pour la carriole, on faisait préalablement chauffer des briques dans le four qu’on mettait sous nos pieds pour les garder au chaud. Lorsqu’il y avait une urgence l’hiver, le docteur disposait d’une motoneige Bombardier pour venir soigner les gens directement chez eux. Il était le seul dans le village à posséder un engin de la sorte.

Une grande partie de la vie des enfants était occupé par l’école. C’était une petite école de rang située dans une ferme environnante où tous les enfants se réunissaient les jours de semaine. L’école comptait sept classes divisées en deux par un simple rideau, les garçons étaient assis d’un côté et les filles de l’autre. Chaque classe correspondait à un niveau différent allant de la première à la septième année, elles comptaient environ 15 élèves chacune. L’éducation était dispensée par des enseignantes laïques. Lorsqu’il y avait trop de travail à faire sur la ferme, il arrivait souvent que les enfants manquent un jour ou deux d’école. C’est dans cette petite école que Jean-Louis réussit à obtenir son certificat de 7ième année. Il fût donc appelé à aller étudier à l’école des frères à Athabaska, une école chrétienne dans laquelle les meilleurs élèves pouvaient recevoir une formation pour devenir frère. Jean-Louis se fit expulser de cette école après un an de fréquentation, car les frères jugèrent qu’ils n’avaient pas la vocation. Par contre, un de ses frères devint membre du clergé et parti au Chili comme missionnaire après avoir enseigné quelques années au Québec.



Lorsque Jean-Louis eut atteint l’âge de 7 ans, la deuxième guerre mondiale éclata. Cependant, tout comme la crise économique des années 30, cela eu peu d’effets directs sur la petite famille campagnarde en raison de leur isolement et de leur mode de vie auto-suffisant. En vertu de la Loi sur la mobilisation des ressources nationales3, on demandait alors aux citoyens de garder le métal pour en faire des armes. On distribuait également des coupons de rationnement pour acheter les aliments de base tel le sucre, le beurre et la farine. Le nombre de coupons variait selon le nombre de personnes habitant le foyer familial. De plus, en raison de la conscription, l’ainé de la famille fut obligé de s’enrôler dans l’armée.4 Il fut cependant dispensé d’aller au front en raison d’un problème à l’épaule. La famille n’a pas vraiment suivi le conflit car à l’époque la télévision n’existait pas encore. Ils disposaient tout de même d’une radio à batterie, toutefois ils l’utilisaient davantage pour écouter des radios romans que pour suivre l’actualité. En somme, la deuxième guerre mondiale n’affecta que très peu leur train de vie.

Lors de son deuxième mandat, Maurice Duplessis confie à l’Office de l’électrification rurale la mission de l’électrification des rangs.5 Cette dernière se fit progressivement dans la région de Jean-Louis qui se souvient que cet événement bouleversa complètement le train de vie familial. Au départ, il n’y avait que le courant de base qu’on utilisait pour faire fonctionner l’éclairage, le frigidaire et la pompe électrique. C’était tout de même une différence majeure. Par exemple, avant l’arrivée de l’électricité, on utilisait un système de poulie qui fonctionnait en actionnant une roue dans laquelle le chien devait courir pour pomper l’eau du puits et la distribuer aux vaches. Un peu plus tard, on remplacerait le poêle à bois par un petit poêle électrique. L’acquisition d’un frigidaire simplifia également les choses, par exemple, avant on devait conserver le lait au fond du puits pour en garder la fraîcheur. C’est donc sur cette percée technologique majeure que s’amorce l’adolescence de Jean-Louis.

L’adolescence de Jean-Louis

Lors de sa 8ième année scolaire, Jean-Louis était étudiant à l’école chrétienne d’Athabaska, de laquelle il fut expulsé la même année. Il préférait jouer avec ses camarades qu’étudier pour devenir frère. Bientôt, il dut trouver une manière de subvenir à ses besoins. C’est alors qu’il commença à faire la drave du printemps et à bucher du bois au nord La Tuque. Il était payé environ 75 cennes de l’heure pour faire la drave. Pourtant, ce métier comportait de nombreux risques de blessures et de noyade. En effet, il devait sauter de billot en billot sur une eau glacée. Son travail consistait à s’assurer que les billots circulent sans entrave dans le cours d’eau. Si jamais il y avait un blocage, un draveur devait utiliser un bâton de dynamite pour faire sauter les billots qui obstruaient le passage vers la scierie. Jean-Louis raconte que plus d’un draveur mourut de cette façon car il fallait fuir rapidement le lieu de l’explosion avant que la détonation survienne. Jean-Louis considérait toutefois ne pas travailler énormément. Entre temps, il continuait à aider son père sur la ferme familiale.

Durant ses temps libres, il pêchait avec ses amis dans le vieux Bécancour. Il cueillait également des fraises et des bleuets dans les champs environnants ou jouait au tennis. Étant donnée l’absence de tavernes dans le coin, les jeunes des environs ne consommaient pas beaucoup d’alcool en général. Il est également à noter que la vente d’alcool était interdite la fin de semaine. Bien sur, le père de Jean-Louis fabriquait lui-même sa propre bière ainsi que son propre vin. De plus, il y avait toujours quelqu'un pour en vendre un peu après la messe du dimanche, toutefois Jean-Louis n’était pas un grand buveur. Dans le rang, les jeunes fréquentaient principalement les gens du voisinage avec lesquels ils avaient été à l’école et qu’ils connaissaient depuis toujours. Vers l’âge de 15 ans, Jean-Louis commençait à fréquenter des jeunes femmes. Lorsqu’on lui demande des détails, il répond la chose suivante : « Il y en avait qu’on aimait plus que d’autres. Pour les impressionner, on s’habillait bien. » Il se souvient avoir travaillé comme assistant dans une boucherie. Il sortait à l’époque avec la sœur du boucher. Quand le couple sortait, ils allaient au restaurant et ils dansaient sur des ballades romantiques. Il se souvient d’une chanson en particulier : To Each His Own chantée par Eddy Howard. Le jukebox du restaurant contenait uniquement des chansons anglaises sauf les chansons de La Bolduc, la première chansonnière connue du Canada.6

L’âge adulte

À 18 ans, Jean-Louis quitta le domicile familial pour aller travailler à la mine d’or Sullivan, à Val d’ Or. Il y effectuait un travail de driller, qui consistait à percer des trous dans la roche pour y insérer des bâtons de dynamite qu’on faisait exploser pour extraire le minerai précieux. Après l’explosion, un gros ventilateur était utilisé pour faire sortir la poussière. Ensuite les mineurs étaient chargés d’aller chercher les fragments de roches qu’ils transportaient sur des chariots. Il dit que son équipement était rudimentaire, même pour l’époque. L’équipement en question consistait en un casque de mineur avec une petite lampe frontale et aucun masque protecteur. La perceuse qu’il utilisait fonctionnait à l’air. Il travailla chez Sullivan pendant près d’un an. Par la suite, il quitta le Québec pour aller travailler à la construction d’un tunnel en Colombie-Britannique, plus précisément à Kitimac. Ce tunnel servirait au passage d’une conduite d’eau pour faire tourner une turbine hydroélectrique.

Jean-Louis revint éventuellement au Québec à l’âge de 22 ans. Entre temps, son père avait vendu la ferme pour en acheter une autre à East Farnham. C’est là qu’il rencontra Thérèse chez son frère lors d’une partie de carte. Elle était une bonne amie de la femme de son frère. Au village, on jouait aux cartes 2 à 3 fois par semaine. À l’époque, les cartes permettaient la socialisation des habitants du coin. Jean-Louis était venu voir son frère pour lui emprunter sa gratte à neige et lorsqu’il vit Thérèse, il se rendit compte qu’elle « avait un beau jeu ». Thérèse rie en disant que Jean-Louis n’arrêtait pas de « regarder son jeu ». Il l’invita à aller au cinéma voir un film de Louis Mariano ce soir-là. Thérèse était maîtresse dans une école et Jean-Louis venait la voir les soirs de semaine après son travail, c’était les « bons soirs ». Un mois plus tard, ils se mariaient. Le mariage eut lieu dans une église d’Adamsville en 1953. Ce fut un mariage traditionnel religieux.



Pour Thérèse, Jean-Louis était un livre ouvert, quelqu’un de facile à connaître, elle n’hésita donc pas à s’engager. Ils se trouvèrent un petit logement à Cowansville. Ils n’avaient pas beaucoup d’argent. Thérèse était alors âgée de 20 ans et Jean-Louis de 22 ans. Deux ans plus tard, ils avaient réussi à économiser assez pour s’acheter une maison, dans laquelle ils habitèrent durant trois ans. Puis, Jean-Louis ouvrit son salon de coiffure sur la rue Sud à Cowansville, ils déménagèrent donc à l’étage supérieur du commerce. Économiquement, ils s’en sortaient beaucoup mieux. Jean-Louis chargeait 1$ la coupe de cheveux. Il arrivait à faire environ 100 coupes par semaine et travaillait seul.

Une terrible tragédie s’est alors abattue sur le couple. Leur premier enfant est mort-né. Ce fut une épreuve difficile à traverser mais le pire fut quand leur deuxième enfant mourut des suites d’une gastro-entérite. Le couple persévéra cependant et finalement, en 1959, Thérèse accoucha d’un petit garçon qu’ils nommèrent Yvan. En 1965, ils prirent la décision d’adopter un autre enfant. Yvan était alors âgé de 4 ans et Thérèse avait subit la « grande opération » et ne pouvait donc plus enfanter. Ils se rendirent donc à un orphelinat de la région et y adoptèrent Claude, un petit garçon de 2 ans. Thérèse raconte qu’il y avait plus de petits garçons à donner en adoption que de petites filles. Elle ne voulait pas entrer parce qu’elle « les aurait tous adoptés ». Ce fut donc un employé qui se chargea de trouver un petit garçon qui correspondait physiquement aux besoins du couple. En effet, Claude leur ressemblait un peu. La dynamique familiale était assez simple et traditionnelle. Jean-Louis était le pourvoyeur de la famille et Thérèse s’occupait de l’entretient ménager et des enfants. Par contre, Jean-Louis faisait sa part de tâches ménagères le lundi car sa femme enseignait cette journée-là. La discipline n’était pas très stricte et les parents étaient plutôt permissifs. Jean-Louis et Thérèse ont amenés leurs enfants en voyages quelques fois en Floride ainsi qu’en Californie. La famille allait également souvent pêcher et faire du camping au Lac Brome.

Jean-Louis au début des années 70

Durant sa vie professionnelle, Jean-Louis ne fit parti d’aucun syndicat. Sa profession fut cependant réglementée par un comité paritaire, l’association des barbiers du Québec. Cette association règlementait le métier de barbier par un code de déontologie et des règles à suivre. Par contre, ce fut de courte durée, puisque le gouvernement décida d’y mettre un terme. Jean-Louis fut également membre des Chevaliers de Colomb durant une courte période : « Je trouvais ça niaiseux. », donne-t-il comme explication.

Suite à la mort de Duplessis, Jean Lesage prit le pouvoir en 1966 et institua la Commission Parent pour réformer le système d’éducation québécois.7 On souhaitait retirer l’influence du clergé des institutions publiques pour former un état laïc. Jean-Louis a toujours été un chrétien pratiquant, toutefois il a fréquenté plusieurs églises différentes comme les baptistes et les pentecôtistes. Mais il a passé la majeure partie de sa vie religieuse chez les catholiques. Par contre, il était en accord avec le fait que l’éducation et la santé soient laïques : « Du point de vue humain, les curés ont fait des niaiseries. », dit-il. Durant la révolution tranquille, Jean-Louis se souvient avoir été débordé de travail, l’économie à cette époque était en effet en pleine effervescence, ce qui « prenait des coupes de cheveux » dit-il. Il eu toutefois le temps de profiter de l’Expo 67 pour y amener sa famille à plusieurs reprises. Cette exposition, qui s’est tenue durant 6 mois à Montréal en 1967, a accueilli plus de 50 millions de visiteurs venant de partout dans le monde. Jean-Louis raconte que c’était vraiment impressionnant de constater l’ouverture sur le monde que cela apportait. Plusieurs kiosques de différents pays étaient particulièrement intéressants. Entre autres, celui de la France, qui est devenu aujourd’hui le casino de Montréal. Malgré cette ouverture sur le monde, Jean-Louis considère qu’on accorde trop de droits aux immigrants et que nous sommes trop généreux à leur égard.

En 1970, c’est la crise d’octobre au Québec. Le FLQ enlève le ministre des transports Pierre Laporte ainsi que James Richard Cross, un représentant de la couronne britannique. Par la suite, le premier ministre du Canada, Pierre-Elliot Trudeau instaure la loi des mesures de guerre et l’armée envahie les rues de Montréal. Quelques jours plus tard, le cadavre de Pierre Laporte est découvert dans la valise d’une automobile en banlieue de Montréal. Jean-Louis rapporte avoir suivi toute l’histoire à la télévision. Il fut contrarié d’apprendre plus tard que des agents de la Gendarmerie Royale du Canada s’étaient infiltrés dans les mouvements souverainistes pour tenter de les discréditer aux yeux du public. Cependant, n’étant pas un partisan du FLQ, il se considérait neutre dans ce conflit. La loi des mesures de guerre n’ayant pas affecté la ville de Cowansville, il ne vit aucun changement majeur dans son quotidien. Malgré cela, il dit que les gens étaient davantage sur leurs gardes en raison des nombreuses bombes posées par le FLQ durant la décennie précédente.

En 1968, René Levesque fonde le parti québécois qu’on connait de nos jours. Il prend pour la première fois le pouvoir en 1976.11 Jean-Louis se souvient avoir toujours voté pour le parti québécois depuis sa fondation. Véritable souverainiste et membre du Parti, il a également voté « OUI », lors des deux référendums tenus au Québec et il considère que le deuxième a été volé par le vote ethnique. En effet, les circonstances de la perte de ce référendum sont encore aujourd’hui très nébuleuses.12 Jean-Louis qualifie l’élection de René Levesque, qu’il surnomme « Ti-Poil », comme premier ministre, d’évènement politique le plus marquant de son existence. Il se souvient avoir suivi l’émission Point de Mire, qui relatait l’actualité et les évènements mondiaux marquants de l’époque, dans laquelle le politicien désormais mythique s’est fait connaître. Selon Jean-Louis, le gouvernement Lévesque fut le meilleur que le Québec ait connu.



En 1978, Jean-Louis et Thérèse décident d’acheter une ferme dans les environs de Cowansville. Ils y font la culture du bleuet et du raisin ainsi que celle du sirop d’érable. Ils y resteront jusqu’en 1994. Ils ont finalement renoncé à continuer car la charge de travail était trop élevée. En effet, ils y faisaient tout eux-mêmes et Jean-Louis travaillait toujours comme barbier en même temps.

La retraite

À partir de 59 ans, Jean-Louis décida de prendre graduellement sa retraite en laissant la place à son fils Yvan, qui finit par le remplacer et qui possède le commerce aujourd’hui. À 65 ans, il prit sa retraite pour de bon. Il décida ensuite de vendre la ferme et acheta une maison sur le bord du Lac Selby, à Dunham. Depuis ce temps, il se paye une belle retraite avec sa femme. Ils vont à chaque année en Floride durant l’hiver, comme des milliers d’autres « snowbirds ». Comme loisirs, ils pratiquent la pêche, le golf et ils jouent régulièrement aux cartes avec les autres membres de leur famille. Ce qu’il y a de plus important pour eux, cependant, ce sont leurs petits-enfants. Il est d’ailleurs intéressant de noter que Jean-Louis et Thérèse sont des grands-parents technologiques. En effet, ce sont les premiers de leur famille à avoir fait l’acquisition d’un ordinateur. Âgé de 82 ans, Jean-Louis, possède même un compte facebook et le couple est encore très en forme!

Thérèse et Jean-Louis à leur maison au Lac Selby en 2007

En conclusion, les conditions de vie des citoyens québécois ont énormément changé au cours du siècle dernier. Les preuves vivantes de ces changements sont les histoires racontées par nos ainés, comme le récit décrit ci-haut. Pour le siècle à venir, nous pouvons nous demander jusqu’à quel point notre société évoluera encore…

- Biographie rédigée par William Rheault, son petit-fils


Bibliographie :

Livre : -LAPORTE, Gilles & LEFEBVRE, Luc. Fondements historiques du Québec 3e édition. Publié en 2008

Sites internet :

-EXPO 67, http://expo67.morenciel.com/fr/index.php (Consulté le 3 juin 2012)
- THE CANADIAN ENCYCLOPEDIA, http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/la-bolduc (Consulté le 3 juin 2012)
-HYDRO QUÉBEC, http://www.hydroquebec.com (Consulté le 3 juin 2012)
-MUNICIPALITÉ DE ST-SYLVÈRE : http://www.saint-sylvere.ca/historique) (consulté le 3 juin 2012)

Jean-Louis et les animaux






















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