Les Français et la prière
Le 13 avril 2001 – A la veille des fêtes de Pâques, Le Pèlerin Magazine a cherché à connaître les comportements des français face à la prière et à la méditation. Cette dimension ne constitue qu’un des éléments de leur rapport à la religion mais confirme les principales évolutions enregistrées sur ce sujet au cours des dernières années.
L’étude réalisée par le département média de la SOFRES souligne le maintien des croyances au sein de la population (la pratique de la prière ou de la méditation concerne une personne sur deux), même si la proportion de personnes priant régulièrement est toujours particulièrement faible. Elle confirme également l’individualisation de la pratique religieuse et l’existence de pratiques hors des lieux de culte, la prière se faisant le plus souvent chez soi, et seul. Enfin, si la prière adressée à Dieu est la plus fréquente, la prière de louange cohabite avec un rapport plus individuel et pragmatique à la religion (prière sans destinataire, à des fins de guérison, de tonus, ou " antistress ").

La prière ou la méditation est une pratique qui concerne la moitié des Français : 50 % d’entre eux déclarent qu’il leur arrive de prier ou de méditer. Ces pratiques concernent un peu plus les femmes que les hommes (54% contre 46%), les personnes âgées plus que les jeunes (75% chez les plus de 65 ans et 38% chez les 18-24 ans), et progresse logiquement à mesure que la pratique religieuse se fait plus régulière chez les catholiques (96% chez les pratiquants réguliers, 76% chez les pratiquants occasionnels et 42% chez les non pratiquants). Mais l’on constate que 24% des personnes sans religion déclarent elles aussi méditer ou prier, confirmant ainsi l’existence d’une vie spirituelle indépendante de l’adhésion à une religion.

Notre étude confirme que les plus jeunes (18-24 ans) prient plus fréquemment que certains de leurs aînés : 20% déclarent prier régulièrement, contre 10% des 25-34 ans, 14% des 35-49 ans et 23% des 50-64 ans. Un certain nombre de recherches ont montré ces dernières années une poursuite de l’affaiblissement du catholicisme, mais avec une atténuation chez les jeunes (cf. le succès des Journées Mondiales de la Jeunesse), les générations du baby-boom, qui avaient accompagné et soutenu les mouvements d’abandon de la religion et de permissivité, ayant aujourd’hui vieilli, et rejoint les personnes âgées dans leur rapport à la religion.

Dans l’ensemble de la population, la prière régulière concerne un peu plus d’une personne sur cinq (22%), 20% déclarant prier régulièrement et 57% jamais.

Cette étude confirme également le caractère individuel du rapport à la religion et l’existence de pratiques en dehors des institutions religieuses. La prière demeure en effet avant tout une activité essentiellement privée (79 % des " priants " le font chez eux, 48% dans un lieu de culte et 20% " en déplacement ") et individuelle (87 % déclarent prier seul et 13% seulement en famille). Si les catholiques pratiquants réguliers ont une plus forte propension à prier au sein de l’institution religieuse (84% déclarent prier dans un lieu de culte) et collectivement (27%), la pratique individuelle (73%) ou au sein du foyer (78%) y est également marquée.

Enfin, si les oraisons continuent d’être adressées prioritairement à Dieu (65%) et à la Vierge Marie (35%) et au Christ (25%), notamment par les catholiques pratiquants réguliers, la prière peut être envisagée telle une parole ouverte vers l’Autre qu’il soit humain ou divin, ou n’avoir aucun destinataire particulier. A côté de la prière de louange et de remerciement de Dieu (45%) ou de la prière de demande pour le monde (39%), " désintéressées ", existent des prières plus " individualistes ", tournées vers soi ou vers les autres, plus fréquentes chez les jeunes ou les personnes sans religion : " pour demander une guérison, une réussite ", pour " se donner des forces pour vivre " ou enfin plus simplement " pour déstresser ".

Ceci confirme largement l’existence d’une vie spirituelle sans appartenance religieuse, hors les lieux de culte, et parfois même sans pratique. Rien de surprenant, en conséquence, à ce que les personnes qui prient inspirent d’abord le respect (67%) plutôt que l’indifférence (24%), seules 2% des personnes interrogées jugeant cela " ridicule et dépassé ".

Source: Etudes Sofres










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