Libre d'adorer

Première partie

"Mais l'heure vient, et c'est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car le Père recherche de tels adorateurs." (Jean 4:23)

N'est-il pas étonnant qu'un Dieu tout-puissant, qui a à sa disposition les ressources de l'univers entier? recherche des adorateurs pour L'adorer? Des gens comme vous et moi, arrachés à la race déchue des pécheurs! Quel peut être le mobile de Dieu? A-t-Il un profond besoin d'affirmation et d'approbation? Certes non!

Non - Son coeur de Père languit de Se révéler dans toute Sa gloire à ceux qu'Il a créés. C'est la plus grande bénédiction qu'Il désire accorder.

La révélation de Dieu vient d'abord et avant tout de Sa précieuse Parole - la Bible. "Si quelqu'un m'aime", dit Jésus, "il gardera ma parole; et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. (Jean 14:23) Au travers de la Parole de Dieu, lorsqu'on la reçoit et qu'on y obéit, Dieu le Père et Dieu le Fils viennent tous deux demeurer en nous.

En retour, nous sommes encouragés à adorer le Dieu de qui nous avons reçu. Plus nous connaissons Dieu par Sa Parole, plus nous désirons L'adorer. Nous pouvons mesurer la place que la Parole de Dieu a dans notre vie par l'intensité du désir que nous avons d'adorer Dieu.

D'abord, nous devons reconnaître que l'adoration ne consiste pas à chanter des cantiques et des choeurs, ou à écouter la chorale, ou même à prier - quoique toutes ces activités soient légitimes. Elles peuvent - ou devraient - nous mener dans l'adoration.

Plus important encore est le fait que l'adoration n'est pas un divertissement spirituel. Pendant l'adoration, nous ne nous préoccupons plus de nous-mêmes, de nos expériences, mais de Dieu. L'adoration est une communion intime et directe que nous avons avec notre Créateur. C'est l'activité la plus élevée dont l'esprit humain soit capable. Mais elle dépasse aussi l'esprit et requiert la totalité de la personne humaine.

C'est également une erreur de penser que l'adoration se pratique seulement en congrégation ou en public. L'adoration devrait être le point culminant de notre dévotion privée. En fait, le sens premier du mot "dévotion" est un "acte d'adoration". Si nous adorons Dieu seulement en public, dans une assemblée, il y aura là toujours quelque chose d'artificiel. Ce ne sera qu'un "acte" religieux pratiqué en présence des autres.

D'un autre côté, l'adoration commune de l'assemblée peut amener chaque membre de cette assemblée à prendre conscience d'une manière plus profonde et plus grande de Dieu et de Sa majesté; ce qu'on ne pourrait pas connaître dans une dévotion en solitaire.

Malheureusement, au cours des siècles, le concept chrétien d'adoration s'est fort éloigné du modèle présenté dans l'Ecriture. J'ai étudié les mots principaux que la Bible emploie pour l'adoration et je suis parvenu à cette conclusion passionnante: chaque mot utilisé pour l'adoration - tant dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau Testament - décrit une attitude du corps. Pour illustrer cela, nous commencerons par la tête puis nous continuerons avec tout le corps.

La principale attitude est de baisser la tête. Lorsque le serviteur d'Abraham, cherchant une épouse pour le fils de son maître, réalisa que Dieu l'avait conduit vers la famille du frère d'Abraham, cet homme "inclina (la tête) et se prosterna devant Dieu en adoration" (Gen. 24:26).

De même, lorsque Moïse et Aaron se présentèrent devant les anciens d'Israël, en Egypte, et annoncèrent que le Seigneur avait promis de les délivrer de leur esclavage, leur réponse fut la même: "Ils s'inclinèrent et adorèrent Dieu" (Ex. 4:31).

Nos mains ont également un rôle important dans notre adoration. La réponse de David aux bontés de Dieu est décrite dans Ps. 63:5 :

"Je te bénirai donc toute ma vie;

J'élèverai mes mains en Ton nom."

Dans le Ps. 141:2 David décrit une attitude similaire d'adoration:

"Que ma prière monte devant Ta face comme l'encens,

Et l'élévation de mes mains comme l'offrande du soir."

Dans le Ps. 143:6, David décrit une position différente des mains qui exprime son désir et son attente de Dieu:

"J'étends mes mains vers Toi;

Mon âme a soif de Toi comme une terre desséchée."

Elever nos mains est un acte par lequel nous reconnaissons la majesté de Dieu. Etendre nos mains indique notre désir de vouloir recevoir de Dieu.

L'oeuvre artistique la plus familière exprimant la prière est sans doute celle d'Albrecht Durer: "Mains jointes en prière". Cette oeuvre représente plus une attitude de supplication que d'adoration. Néanmoins, il est significatif que Durer ne se soit pas centré sur les lèvres ou même le visage de la personne en prière, mais sur ses mains.

Une autre manière dont nous pouvons utiliser nos mains dans l'adoration est décrite dans le Ps. 47:2-3 :

"Peuples, battez des mains!

Acclamez Dieu par des cris de triomphe!

Car l'Eternel, le Très-Haut est redoutable;

Il est un grand Roi sur toute la terre."

En battant des mains nous reconnaissons la redoutable majesté de notre grand Roi. En joignant à cela un cri de triomphe, nous proclamons Sa victoire totale. J'ai parfois assisté à des assemblées où quelque chose qui était dit ou fait provoquait des applaudissements spontanés ainsi que des cris de joie. Il est probable que certains participants qui agissaient de cette manière ne réalisaient pas vraiment que c'était là une attitude d'adoration conforme à l'Ecriture.

Laissez-moi ajouter qu'acclamer Dieu ne signifie pas chanter fort. Cela signifie crier - exercer la pleine capacité de ses poumons -.

Lorsque Salomon dédicaça au Seigneur le Temple qu'il avait bâti, il étendit ses mains. Mais il fit plus: il se mit à genoux (2 chro. 6:12-13). Cette forme d'adoration indique une soumission totale au Seigneur.

Dans Eph. 3:14 Paul révèle également qu'il approche Dieu dans cette position: "Je fléchis les genoux devant le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ".

Tout l'univers, finalement, accomplira cet acte de soumission envers le Créateur. Dans Esaïe 45:23 le Seigneur déclare: "Je le jure par Moi-Même...tout genou fléchira devant Moi..." Dans Philippiens 2:10 Paul révèle que cet acte de soumission se fera en particulier pour Jésus, en tant que Souverain nommé par Dieu: "Afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse...".

Il existe encore une autre attitude d'adoration, qui comprend l'ensemble du corps et qui est décrite dans la Bible bien plus souvent que les autres: se prosterner devant Dieu.

Lorsque nous nous prosternons, nous reconnaissons notre dépendance totale envers Dieu. De ce fait, nous révoquons le désir que nous avons d'être indépendants de Dieu, ce désir même, qui, à l'origine, provoqua la désobéissance d'Adam et d'Eve et qui caractérise la nature déchue de toute leur descendance.

A un moment donné de leur vie la plupart des grands hommes de la Bible se sont trouvés face contre terre devant Dieu. Deux fois dans Ge. 17 Abraham tombe face contre terre, se prosterne, devant le Seigneur (versets 3 et 17).

Lorsque le Seigneur apparut en tant que Chef de l'armée de Dieu à Josué devant Jéricho, Josué tomba face contre terre. De plus, on lui ordonna d'ôter les sandales de ses pieds (Josué 5:13-14). Ces deux actions - tomber le visage contre terre et ôter ses sandales - exprimaient l'adoration. C'est dans cette attitude d'adoration que Josué reçut les instructions du Seigneur pour la prise de Jéricho.

Cependant, selon les critères contemporains, l'acte d'adoration le moins conventionnel est décrit dans 2 Sam. 6:12-14. Lorsque David fit avec succès monter l'arche à Jérusalem, il dansa de toute sa force devant le Seigneur. David étant un guerrier puissant et valeureux, "avec toute sa force" indique très certainement qu'il dansait et s'exprimait avec son corps de manière extrêmement énergique! C'était l'expression la plus appropriée de sa joie exubérante et de sa gratitude envers Dieu.

Ce chapitre se termine par une parole d'avertissement à quiconque réagirait négativement à toute expression énergique d'adoration. La femme de David, Mical, critiqua son attitude et, en conséquence, fut privée du privilège de donner naissance à des enfants. Ainsi, une attitude charnelle de critique peut entraîner la stérilité spirituelle.

J'ai dit auparavant que chanter n'est pas en soi un acte d'adoration, mais il faut apporter une précision. Dans certains cas, le chant peut déborder imperceptiblement vers l'adoration. D'autre part, battre des mains et danser peuvent souvent être des expressions de louanges autant que d'adoration. Le langage humain n'est pas assez sensible pour démarquer ces formes variées d'adoration et de louange.

POURQUOI LE CORPS ?

Nous pouvons nous demander pourquoi le corps joue un rôle si important dans l'adoration. Après tout, Jésus a dit que nous devrions adorer en esprit et en vérité (Jean 4:24). La réponse se trouve dans la connaissance de la relation entre les trois éléments de la personnalité humaine: l'esprit, l'âme, et le corps (voir 1 Thes. 5:23).

L'esprit est la partie de notre personnalité qui peut être en contact direct avec Dieu (voir 1 Cor. 6:17). Mais pour s'exprimer, l'esprit a besoin du concours de l'âme - la partie au travers de laquelle la volonté opère et qui, de ce fait, prend les décisions pour la personne toute entière. L'âme, à son tour, met le corps en mouvement.

Ceci est illustré par les paroles même de David dans Ps. 103:1 "Mon âme, bénis l'Eternel..." L'esprit de David était mû pour bénir le Seigneur et il incita son âme à prendre la décision appropriée. Son âme, à son tour, dut mettre en action le corps - et d'abord les organes vocaux - pour exprimer la bénédiction que son esprit désirait tant offrir.

Vue sous cet éclairage, l'adoration est une activité par laquelle l'esprit agit au travers de l'âme pour produire les actions appropriées du corps. Si l'âme et le corps ne répondent pas à l'incitation de l'esprit, alors le corps est en effet une prison dans laquelle l'esprit demeure inhibé et dans l'incapacité de s'exprimer.

Des foules entières dans l'Eglise contemporaine sont dans cette condition : des esprits emprisonnés dans des corps au travers desquels ils ne peuvent s'exprimer librement. Leur activité physique dans l'église est limitée à quelques mouvements de routine. Ils entrent, s'assoient, se lèvent, s'assoient, se lèvent et sortent. Il en résulte qu'ils participent rarement à la plus haute activité dont leur esprit est capable: l'adoration libre du Créateur.

Il existe cependant une erreur opposée à cela: l'âme et le corps peuvent "être portés par les mouvements" d'adoration sans que l'esprit en ait l'initiative ou soit impliqué. Le résultat n'est qu'une simple activité religieuse et non une véritable adoration. Le modèle biblique de l'adoration nécessite une interaction harmonieuse des trois parties de l'être: l'esprit, l'âme et le corps, l'esprit en ayant toute l'initiative. C'est cette harmonie de toutes nos facultés qui constitue la vraie liberté.

UN ESPRIT DE RIGIDITE

Récemment, j'ai vécu une expérience qui peut servir de "parabole" pour illustrer cette situation. J'étais parmi un groupe de chrétiens qui se recueillaient devant Dieu dans la prière. Soudain, indépendamment de ma volonté, mes mains s'élancèrent dans l'air et mon corps se convulsa pendant un moment. Je me sentais très embarrassé, me demandant ce que penserait mon entourage. Puis je me suis demandé: "Qu'est-ce qui est le plus important? Ce que pensent les autres ou ce que Dieu veut faire pour moi?" Je décidai de m'abandonner sans réserve à l'action de Dieu. En fait, la plupart des autres frères étaient trop occupés avec Dieu pour remarquer ce qui m'arrivait.

Ces mouvements convulsifs durèrent quelques minutes, puis mon corps se relaxa et s'assouplit. Dieu me montra que j'avais été délivré d'un esprit de "rigidité" (quelque chose dont je n'avais jamais entendu parler auparavant).

Il me montra, également, comment cet esprit avait obtenu un accès en moi. Je suis né en Inde en 1915, à une époque où l'aide médicale était relativement restreinte. Le médecin local découvrit vite que mes jambes étaient de longueur inégales. Il recommanda que je reste allongé sur le dos avec une jambe en éclisse, ce qui dura des mois.

Depuis lors, j'ai été incapable d'accomplir certains mouvements physiques. Mais depuis la délivrance dont je viens de parler, j'ai commencé à expérimenter une nouvelle liberté de mouvement.

Je pense réellement qu'un esprit de rigidité a entravé la pleine liberté de mon corps durant 79 ans, en dépit des nombreuses bénédictions spirituelles et physiques dont j'ai joui durant toutes ces années.

Je pense qu'au fil des siècles quelque chose de semblable s'est produit dans l'église chrétienne. Une grande partie a été infiltrée par un esprit de "rigidité", qui a empêché les chrétiens d'expérimenter la liberté et la joie abondante dont Dieu désire faire jouir son peuple lorsque ce dernier se tourne vers Lui dans l'adoration. Il en résulte que nos formes d'adoration sont loin d'être conformes aux modèles abondamment cités dans l'Ecriture.

Quel est le remède? D'abord, retournons au modèle biblique et saisissons l'ensemble des activités par lesquelles il est approprié d'adorer Dieu. Ensuite, disciplinons notre âme à répondre à l'incitation de notre esprit et à libérer notre corps pour toute action appropriée à l'adoration. Dans bien des cas, ceci peut nécessiter une forme ou une autre de délivrance spirituelle.

Si mes paroles vous touchent et s'appliquent à vous, ne faites pas l'erreur que j'ai failli commettre: ne craignez pas d'être embarrassé ou soucieux de votre aspect au point de laisser passer la bénédiction que Dieu a pour vous.

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Deuxième partie

Dans le Ps. 96:8 le psalmiste établit une condition primaire pour approcher Dieu: "Apportez une offrande et entrez dans Ses parvis". Dans Ex. 23:15 le Seigneur affirme :

"L'on ne se présentera pas les mains vides devant Moi".

Il y a plusieurs sortes d'offrandes que nous pouvons apporter au Seigneur: des remerciements, des louanges, de l'argent, des biens, des services, les oeuvres de nos mains. Mais c'est dans l'adoration que nous apportons à Dieu notre offrande la plus élevée: nous-mêmes. Toute activité religieuse qui omet l'offrande de soi-même à Dieu n'est pas une adoration véritable.

Parmi les diverses offrandes de l'Ancien Testament, celle qui préfigure l'offrande de soi-même est l'offrande de fleur de farine (voir Lev. 2:1 à 11). Ce passage contient des principes importants qui devraient nous guider dans notre adoration.

Pour que notre adoration soit acceptable aux yeux de Dieu, la vie que nous Lui offrons doit être "finement moulue", entièrement soumise à toutes les disciplines de Dieu. Il ne doit pas rester de grumeaux, des morceaux de volonté propre ou de désobéissance.

Deux choses accompagnent cette offrande de fleur de farine, l'huile et l'encens. L'huile, qui préfigure le Saint-Esprit, nous rappelle notre dépendance entière envers le Saint-Esprit pour rendre notre offrande acceptable. L'encens est une gomme aromatique plutôt quelconque, mais qui une fois brûlée, émet un parfum particulier. Ce parfum est l'image de notre adoration s'élevant vers Dieu.

De la totalité de cette offrande, une portion seulement d'huile et de farine était brûlée dans le feu pour le Seigneur; le reste était destiné aux sacrificateurs.

Mais tout l'encens était destiné au Seigneur. Ceci est un avertissement : aucun être humain ne doit recevoir, même une seule bouffée du parfum de l'adoration du peuple de Dieu. Les dirigeants qui permettent à leurs adeptes de leur offrir une quelconque forme d'adoration tombent sous le jugement de Dieu. C'est l'une des raisons pour lesquelles durant ces dernières décennies des ministères charismatiques se sont terminés en désastre.

Aucune offrande de fleur de farine ne devait être accompagnée de levain ou de miel (verset 11). Dans 1 Cor. 5:8 Paul parle du pain sans levain, "pain de la pureté et de la vérité". Par conséquent, le levain représente tout ce qui n'est pas pur, sincère et vrai.

Cette idée est encore renforcée par l'exclusion de miel. Le miel est doux aux lèvres, mais contrairement à l'encens, il ne peut supporter le feu. Une fois brûlé, il devient une masse collante et noire. Dans notre adoration, il nous faut éviter toute forme d'exagération ou de phraséologie religieuse vide. Nous n'oserions pas faire des serments à Dieu ou prendre des engagements qui ne résisteraient pas au test du feu.

Finalement, chaque offrande de fleur de farine devait être assaisonnée "du sel de l'alliance" (verset 13). Dieu entre en relation permanente avec l'homme seulement sur la base d'une alliance, qui est un engagement mutuel entre Dieu et l'homme. Dieu s'engage envers le croyant, mais en retour, le croyant doit s'engager envers Dieu. L'adoration qui ne procède pas d'un engagement par alliance est "sans sel", insipide, inacceptable.

L'ACCES A DIEU

Dans le Ps. 100:4 le psalmiste définit deux étapes successives dans l'approche de Dieu: entrer dans Ses portes avec des remerciements et dans Ses parvis avec la louange. D'abord, en offrant nos remerciements à Dieu nous franchissons les portes. Puis avec la louange nous traversons les parvis. Nous avons alors accès directement à Dieu. Autrement nous pouvons prier Dieu, et Il nous entendra, mais nous prions en nous tenant à une certaine distance.

Nous serons comme les dix lépreux décrits dans Luc 17:12 à 19. Nous pouvons crier à Jésus en restant à une certaine distance et Il nous entendra, nous fera miséricorde, mais nous ne pouvons nous approcher de Lui.

Un fait significatif est que le seul lépreux qui se soit approché de Jésus ait été celui qui revint pour Le remercier. Jésus lui a dit: "Ta foi t'a sauvé" - en grec, "a Unifié tout ton être". Les dix lépreux furent guéris, mais seulement celui qui L'a remercié a également été sauvé .

Dans le Ps. 95:1 à 7 le psalmiste nous fait franchir les deux mêmes étapes de l'approche de Dieu: remerciements et louanges. Mais, ensuite, il nous conduit un pas plus loin - dans l'adoration. Les versets 1 et 2 décrivent des remerciements et des louanges joyeuses à haute voix. Les versets 3, 4 et 5 donnent la raison de notre louange: la magnificence de la création de Dieu. Mais au verset 6 nous entrons dans l'adoration:

"Venez, prosternons-nous et adorons;

Fléchissons le genou devant le Seigneur qui nous a faits"

Une fois encore nous voyons que l'adoration est exprimée par une attitude de notre corps: se courber et s'agenouiller.

Le verset 7 révèle la raison de notre adoration: "Car Il est notre Dieu". L'adoration appartient entièrement et exclusivement à Dieu. Celui que nous adorons est notre Dieu.

La fin du verset 7 nous entraîne plus loin encore: "Aujourd'hui si vous entendez Sa voix". Après les louanges joyeuses à haute voix des versets précédents, une sorte de quiétude, de pause silencieuse suit, qui ne procède que de l'adoration. En cet instant nous n'entendons qu'un son: la voix du Seigneur. Dans cette circonstance, Dieu peut nous parler avec la clarté et l'autorité qui ne peuvent se percevoir autrement.

Ce moment où le temps s'arrête est une partie essentielle de l'adoration véritable. Nous devons atteindre cet état où nos prières ne sont plus des demandes, où il n'y a plus d'agenda personnel, ni limite dans le temps: où notre seul désir est d'être en présence du Seigneur. Ce qui se produit alors en cet instant provient de l'initiative de Dieu, non de la nôtre.

ASSIS AUX PIEDS DE JESUS

Dans Luc 10:38 à 42 Marie, la soeur de Lazare et de Marthe, nous montre un exemple: elle s'est assise aux pieds de Jésus et a écouté Sa voix. Marthe était "distraite, absorbée par le service". Elle demanda à Jésus de dire à Marie de l'aider, mais Jésus répliqua: "Une seule chose est nécessaire, et Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera point ôtée".

Combien de serviteurs consacrés à Dieu aujourd'hui sont comme Marthe, "distraits par le service"? Ils sont trop absorbés pour "prendre du temps avec Jésus", en s'asseyant simplement à Ses pieds.

La conséquence du temps que Marie passa aux pieds de Jésus est décrite plus loin dans Jean 12: 3 à 7. Alors que tous les autres disciples étaient assis à table en train de manger, "Marie prit environ 325 grs de nard pur, un parfum de grand prix; elle le répandit sur les pieds de Jésus et Lui essuya les pieds avec ses cheveux. "Et la maison fut remplie de l'odeur du parfum". Ceci était un acte d'adoration qui s'exprima par l'odeur du parfum qui remplit la maison.

Les autres disciples critiquèrent Marie pour son extravagance, mais Jésus l'approuva, disant "Laissez-la, elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture."

Apparemment, Marie fut la seule disciple qui comprit à ce moment-là que Jésus devait mourir. Avait-elle appris ce secret alors qu'elle était assise à Ses pieds?

C'était une coutume juive d'oindre un corps pour le préparer pour la sépulture. Dans l'anticipation de la mort de Jésus, Marie oignit Son corps avec l'onguent le plus cher qu'elle possédait. Elle fut la seule à avoir ce privilège. Plus tard, d'autres femmes vinrent au tombeau pour oindre le corps de Jésus (voir Marc 16:1). Mais elles arrivèrent trop tard! Il était déjà sorti du tombeau.

Oh! Que le peuple de Dieu prenne le temps aujourd'hui de s'asseoir aux pieds de Jésus! Nous serions alors plus extravagants dans notre adoration. Peut-être serions-nous aussi plus ouverts aux révélations particulières qui ne viennent que de cette manière.

LE MODELE D'ADORATION DANS LES CIEUX

La vision des séraphins d'Esaïe nous fait entrevoir l'adoration telle qu'elle est conduite dans les cieux (voir Es. 6:1 à 8).

Le mot "seraph" est lié directement au mot hébreu pour "brûlant". Les séraphins sont des créatures de feu. Chacun a six ailes, alors que les chérubins de la vision d'Ezéchiel 1:6 n'ont que quatre ailes.

L'adoration des séraphins revêtait deux formes: les paroles de leur bouche et l'attitude de leur corps. Avec leur bouche, ils proclamaient "Saint, Saint, Saint, est le Seigneur des armées". "Saint" est le seul adjectif dans l'Ecriture utilisé trois fois dans une même phrase pour le Seigneur.

Les séraphins utilisaient leurs ailes de trois manières: avec deux ailes ils couvraient leur visage, avec deux autres ailes ils couvraient leurs pieds; avec les deux dernières ailes ils volaient. Couvrir le visage et les pieds est un acte d'adoration. Voler est un acte de service. Ils utilisaient quatre ailes pour l'adoration et deux ailes pour le service.

Le peuple de Dieu sur terre devrait suivre cet exemple. D'abord, nous devrions passer deux fois plus de temps dans l'adoration que dans le service. Ensuite, nous devrions reconnaître que le service efficace doit provenir de notre adoration. C'est dans nos moments d'adoration envers Dieu que nous recevons la révélation et la direction pour notre service.

Dans Apoc. 4 nous sommes emmenés dans la salle du trône, dans les cieux. Dans ce bref chapitre de 11 versets, le mot "trône" apparaît 14 fois. C'est de ce lieu que l'univers tout entier est dirigé. L'accent est mis en premier sur l'adoration.

Les créatures vivantes aux six ailes correspondent apparemment aux séraphins de la vision d'Esaïe. Leur thème est le même. Le mot "Saint" est proclamé trois fois: "Saint, Saint, Saint".

Au chapitre 5 l'attention est portée sur le Lion de la tribu de Juda, qui est l'Agneau Immolé, qui se tient au centre du trône. Sa présence est un rappel éternel que la victoire ne vient que lorsque nous donnons notre vie en offrande. Du trône, plusieurs cercles concentriques d'adoration se forment et s'étendent qui incluent éventuellement tout l'univers.

D'abord, il y a les quatre créatures vivantes et les 24 anciens qui se prosternent et chantent un chant nouveau (versets 8 à 10). Puis il y a les millions d'anges qui proclament d'une voix forte "Digne est l'Agneau" (versets 11 et 12). Ensuite toutes les autres créatures des cieux, de la terre, de dessous la terre et de la mer se joignent au choeur des bénédictions pour Celui qui est assis sur le trône et pour l'Agneau (versets 13 et 14). L'apogée est un "Amen" final des quatre créatures vivantes et des 24 anciens (verset 14).

Le seul être digne d'occuper le centre d'une telle adoration est l'Agneau Immolé. Si notre adoration sur terre doit être conforme à celle dans les cieux, elle doit se centrer sur un être: Celui qui est assis sur le trône et Jésus, l'Agneau, qui se tient devant Lui.

- Derek Prince










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