Marc et Timothée


Dans le cas de Marc, il a écrit l'évangile qui porte son nom d'après les souvenirs de Pierre selon des Pères de l'Église. Pierre nous dit d'ailleurs, que c'est lui qui l'avait amené au Seigneur (1Pi.5:13). Ce Marc est celui qui avait accompagné Paul et Barnabas. Les anciens ne lui avaient cependant pas imposé les mains (voir Ac.13:1-3), il n'avait donc pas reçu le mandat apostolique, il leur servait d'aide (Ac.13:5). Le fonction d'aide, huperetès en grec, désigne un terme qui est traduit de diverses manières dans le Nouveau Testament. Luc utilise «huperetès» quand il traduit en grec ce que Jésus avait probablement dit à Paul en araméen quand il lui apparut :

Actes 26:16 Mais lève-toi, et tiens-toi sur tes pieds; car je te suis apparu pour t'établir ministre (huperetès) et témoin des choses que tu as vues et de celles pour lesquelles je t'apparaîtrai.

Paul reprend ce terme humble dans sa lette aux Corinthiens que Segond traduit en français par «serviteurs» et l'applique à sa personne, à Pierre et à Apollos.

1 Corinthiens 4:1 Ainsi, qu'on nous regarde comme des serviteurs (huperetès) de Christ, et des dispensateurs des mystères de Dieu.

Quand ce terme est appliqué par Luc à Marc, c'est assurément aussi dans un sens humble pour le désigner comme un subalterne car il n'a pas reçu le même mandat apostolique par l'imposition des mains des anciens. On peut le voir comme «serviteur en formation» pour reprendre une formule consacrée dans les églises baptistes du Québec.

Marc était un jeune aspirant plein de potentiel, Barnabas avait l'oeil pour les remarquer, c'est Barnabas qui avait été cherché Paul à Tarse et c'est lui qui a décidé de ramener Marc à Antioche après l'avoir vu aller.

Actes 12:25 Barnabas et Saul, après s'être acquittés de leur message, s'en retournèrent de Jérusalem, emmenant avec eux Jean, surnommé Marc.

À cette époque, Barnabas était encore nommé avant Paul, ce qui signifiait qu'il était celui qui était en charge de l'équipe. Malgré son beau potentiel, Marc a échoué comme serviteur en formation s'étant désisté en chemin, il quitta l'île de Chypre et s'en retourna chez lui à Jérusalem Ac.13:13. La Bible ne donne pas de raisons précises, on ne peut que spéculer, mais quelques soient les raisons, elles déplurent à Paul, c'est sûr. Marc s'est peut-être senti moins à l'aise quand il a vu que Paul prendre les commandes de l'équipe apostolique sur l'île de Chypre. Peut-être s'est-il lassé de servir Paul et Barnabas dans un rôle ingrat et effacé à jouer. Paul était un homme qui était dur avec son corps, cf. 1Co.9:26-27 et Marc était habitué de se faire dorloter dans une grande maison avec des servantes, la vie spartiate de missionnaires fut possiblement un trop gros ajustement pour lui. Peu importe ses états d'âme, il n'avait pas encore la maurité d'âme nécessaire pour suivre l'exemple de Jésus qui s'était fait le serviteur de tous même s'il était le maître.

Jn.13:13 Vous m'appelez Maître et Seigneur; et vous dites bien, car je le suis.
14 Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres;
15 car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait.

Non, Marc a préféré plutôt retourner se faire servir par Rhode et les autres servantes dans la vaste maison de sa mère où avait l'habitude de se tenir plusieurs chrétiens (Ac.12:11-17). Peut-être aussi qu'il s'ennuyait tout simplement de sa mère, comme je l'ai mentionné, on ne peut que supposer qu'elles étaient ses motivations de quitter le ministère à ce moment-là.

Lors du prochain voyage apostolique, Marc avait eu le temps de grandir en maturité et Barnabas jugeait que son cousin Marc (Col.4:10) était maintenant prêt à avoir une deuxième chance de les accompagner à nouveau, mais Paul qui était maintenant le chef de l'équipe apostolique n'avait pas apprécié le départ hâtif de Marc lors du voyage précédent. Il resta donc intransigeant, il ne le jugeait pas digne de confiance (Ac.15:35-40). Barnabas était habitué à prendre les décisions, il était nommé en premier parmi tous les anciens d'Antioche, cf. Ac.13:1. Sa position se comparait à celle de Jacques à Jérusalem tandis que Paul était le dernier venu, mentionné en dernier sur cette liste. De plus, c'est Barnabas qui avait été chercher Paul, il l'avait pris sous son aile comme il le faisait maintenant pour Marc. Barnabas était un rassembleur. Il voyait bien que Paul prenait l'ascendant et qu'il ne serait pas chaud à l'idée de reprendre Marc, mais il ne devait pas s'attendre pas à ce que Paul lui tienne autant tête.

Ac.15:35 Paul et Barnabas demeurèrent à Antioche, enseignant et annonçant, avec plusieurs autres, la bonne nouvelle de la parole du Seigneur.
36 Quelques jours s'écoulèrent, après lesquels Paul dit à Barnabas: Retournons visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir en quel état ils sont.
37 Barnabas voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc;
38 mais Paul jugea plus convenable de ne pas prendre avec eux celui qui les avait quittés depuis la Pamphylie, et qui ne les avait point accompagnés dans leur oeuvre.
39 Ce dissentiment fut assez vif pour être cause qu'ils se séparèrent l'un de l'autre. Et Barnabas, prenant Marc avec lui, s'embarqua pour l'île de Chypre.
40 Paul fit choix de Silas, et partit, recommandé par les frères à la grâce du Seigneur.

Face à cette divergence d'opinion qui devenait une source d'irritation (c'est le sens grec du mot «paroxusmos» traduit en français «dissentiment», la translittération de ce mot a donné le mot paroxysme en français), le choix du terme dénote que le ton de la voix devait monter, ils ont décidé de couper court avant que leur irritation atteigne ... un paroxysme ! L'irritation ne sied pas à des apôtres, comme l'écrit Paul aux Corinthiens. Avait-il en pensée cet incident avec Barnabas ? Une autre question sans réponse. Je remarque que c'est la forme verbale de «paroxusmos» qui est employée dans ce passage (le verbe «irriter» se dit «paroxunô» en grec)

1Co.13:4 L'amour est patient, il est plein de bonté; l'amour (...) ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal

Alors avant de donner un trop mauvais témoignage, d'un commun accord, l'équipe apostolique se divisa en deux, ou plutôt on devrait dire se multiplia par deux, soyons positifs ! Barnabas amena Marc à Chypre, l'île même où celui-ci avait eu le mal du pays. Si on en entend plus parler c'est parce que Luc, l'écrivain des Actes a rejoint Paul dans ses voyages. S'il n'est pas écrit qu'ils furent recommandés aussi par les frères à la grâce du Seigneur, on peut sûrement le supposer. D'ailleurs, le temps montre que c'est Barnabas qui avait eu raison parce que Paul mentionne à Timothée de ramener Marc avec lui qu'il considérait maintenant comme comme compagnon d'oeuvre (2Ti.4:11) au même titre que Timothée (Ro.16:21), Luc le médecin, Aristarque et Démas, (Phm.1:24) Tite (2Co.8:23), Épaphrodite (Ph.2:25) et Clément (Ph.4:3) qui allait devenir évêque de Rome un jour. Paul constatait maintenant les grands progrès effectués par Marc et le trouvait bien utile pour le service ! Pendant qu'il est en prison, Marc le visite. Quand Paul écrit son épître aux chrétiens de la ville de Colossses, il ne leur suggère pas, il leur ordonne de bien le recevoir.

2 Timothée 4:11 Luc seul est avec moi. Prends Marc, et amène-le avec toi, car il m'est utile pour le ministère.

Colossiens 4:10 Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue, ainsi que Marc, le cousin de Barnabas, au sujet duquel vous avez reçu des ordres s'il va chez vous, accueillez-le;

Depuis le début, Barnabas avait vu ce potentiel chez son cousin Marc. Les chrétiens tenait Barnabas en grande estime et c'était bien mérité, nous aimerions tous avoir un mentor comme lui, n'est-ce pas ? C'est précieux un ancien qui trouve les bons mots pour nous encourager, qui sait comment nous exhorter quand on s'écarte et qui est prêt à nous donner un deuxième chance quand on reconnaît avoir échoué lamentablement et qu'on revient avec un esprit bien disposé. C'est la démonstration de l'enseignement de Jésus à Pierre:

Mt.18:21 Alors Pierre s'approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois? 22 Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois.

Cela étant dit, je ne pense pas que Paul ait perdu au change en s'associant avec un autre frère moins connu de nous que Barnabas, il est vrai, mais qui excellait aussi dans les exhortations, j'ai nommé le prophète Silas (Ac.15:32, 40).

Actes 15:32 Jude et Silas, qui étaient eux-mêmes prophètes, les exhortèrent et les fortifièrent par plusieurs discours.

Ac.15:40 Paul fit choix de Silas, et partit, recommandé par les frères à la grâce du Seigneur. 41 Il parcourut la Syrie et la Cilicie, fortifiant les Eglises.

Pour remplacer Marc comme serviteur en formation, Paul choisit ensuite Timothée, car il avait toujours le souci de se reproduire, (Ac.16:1-3).

Ac.16:1 Il se rendit ensuite à Derbe et à Lystre. Et voici, il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d'une femme juive fidèle et d'un père grec.
2 Les frères de Lystre et d'Icone rendaient de lui un bon témoignage.
3 Paul voulut l'emmener avec lui; et, l'ayant pris, il le circoncit, à cause des Juifs qui étaient dans ces lieux-là, car tous savaient que son père était grec.
4 En passant par les villes, ils recommandaient aux frères d'observer les décisions des apôtres et des anciens de Jérusalem.

Timothée était un jeune homme que Paul avait amené au Seigneur lors de son premier voyage missionnaire à Lystre, l'endroit même où il s'était fait lapider et laissé pour mort (Ac.14:6-21 et 1Ti.1:2). Cela a probablement marqué Timothée. Tout de même, il a accepté de suivre Paul, parfois de manière chancelante, ce qui nous a permis d'être bénis par les deux lettres que Paul a adressé à Timothée. La faiblesse de Timothée a donc contribué à notre force, Dieu n'est jamais à bout de ressources !

Timothée était ébranlé mais il n'a pas abandonné le poste comme Marc précédemment. Paul l'incite à combattre le bon combat de la foi, comme il l'a fait lui-même jusqu'au sacrifice suprême s'il le faut, jusqu'à servir de libation ( c'est le liquide qu'on versait sur l'offrande sacrifiée et brûlée comme un parfum de bonne odeur au Seigneur! ) (No.15:7, 28:7, Ph.2:17 et 2Ti.4:6)





Pour vous préparer à rencontrer Dieu,

voici les 5 pas vers le ciel









Vous êtes sur la page :



Et vous êtes arrivé de la page :


Cliquez ici pour y retourner



Nous sommes mardi 27 juin 2017