Les apôtres d'hier et d'aujourd'hui


Introduction

On retrouve le terme «apôtre» 79 fois dans le Nouveau Testament : 10 fois dans les Évangiles, 28 fois dans les Actes, 38 fois dans les épîtres et 3 fois dans l'Apocalypse. Le terme «apôtre» est une translittération du terme grec «apostolos» qui fut traduit en latin par «missio», le terme qui a donné en français «mission et missionnaire». Car c'est bien ce qu'est un apôtre, il est un missionnaire, il est quelqu'un a qui on a donné une mission comme mandat, un mandat avec une autorité déléguée et des responsabilités.

Apôtre dans l'Ancien Testament

On rencontre le terme «apostolos» une seule fois dans la LXX où Dieu avait mandaté un prophète pour une mission difficile, annoncer à la femme du roi une mauvaise nouvelle ; toute sa famille va périr :

1R.14:6 Lorsque Ahiya entendit le bruit de ses pas, au moment où elle franchissait la porte, il dit: Entre, femme de Jéroboam; pourquoi cela? Tu te fais passer pour une autre! Je suis envoyé vers toi (avec un message) pénible. (...) 9 Tu as agi plus mal que tous ceux qui ont été avant toi, tu es allé te faire d'autres dieux, et des images de fonte pour m'irriter, et tu m'as rejeté derrière ton dos! 10 Voilà pourquoi je vais faire venir le malheur sur la maison de Jéroboam; j'exterminerai quiconque appartient à Jéroboam

Le terme «apostolos» traduit le terme hébreu «saluah» qui est devenu un terme technique par la suite dans le Judaïsme. Le «saluah» amenait les juifs de la synogogue dans l'adoration. C'est le sanhédrin qui l'envoyait dans la synagogue pour accomplir cette tâche. La prêtrise était incluse sous cet office de «saluah», de même que quelques personnages extraordinaires qui ont agi de la part de Dieu. Mais l'action du «saluah» n'allait jamais au-delà de la communauté juive. Le concept de missionnaire vers les nations allait attendre le Nouveau Testament (Mt.28:19 et Ac.1:8).

1° Pendant l'incarnation de Jésus


Pendant cette période, on peut dénombrer 13 apôtres. Oui, 13 !



Jésus, le premier apôtre

On passe facilement par-dessus le fait que Jésus fut aussi un apôtre, cf. Hé.3:1-2. Il est un modèle aussi sur le plan apostolique, il a été fidèle à la vocation qu'il avait reçu, il a rempli le mandat que Dieu le Père lui avait confié.

Hé.3:1 C'est pourquoi, frères saints qui participez à la vocation céleste, considérez l'apôtre et le souverain sacrificateur de notre confession (de foi), Jésus.
2 Il a été fidèle à celui qui l'avait établi, comme Moïse le fut, dans (toute) la maison de Dieu.

Comme Jésus avait été envoyé («apostellô» forme verbale d'«apostolos») dans le monde, Jésus avait aussi envoyé ses disciples dans le monde pour faire de toutes les nations des disciples.

Jn.17:18 Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde.

Mt.28:18 Jésus s'approcha et leur parla ainsi: Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre.
19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
20 et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.

Les douze apôtres

Mc.3:14 Il en établit douze pour les avoir avec lui et
15 pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons.
16 Il établit les douze: Simon, qu'il surnomma Pierre,
17 Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le surnom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre;
18 André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, (fils) d'Alphée, Thaddée, Simon le Cananite
19 et Judas Iscariot, celui qui livra Jésus.

Les 70 autres

Lu.10:1 Après cela, le Seigneur en désigna encore soixante-dix autres et les envoya devant lui, deux à deux, dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller.

Ces 70 autres disciples qui avaient été envoyés (forme verbale d'apostolos) avaient la même autorité que les douze, ils guérissaient les malades (Lu.10:9) et chassaient les démons (Lu.10:17). Ils avaient aussi la même responsabilité d'annoncer que le Royaume de Dieu s'approchait d'eux (Lu.10:9, cf. Mc.6:30 et Mt.10:7-8 concernant les douze apôtres).

Mt.10:7 En chemin, prêchez que le royaume des cieux est proche.
8 Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.

Pourtant ces 70, même s'ils furent envoyés comme les 12 le furent n'ont pas été appelés du titre d'apôtre. Le titre «apostolos» fut réservé à Jésus et aux douze. La forme verbale «apostellô» est employée pour à plusieurs reprises pour d'autres envoyés que les apôtres, cf. Lu.7:27 Jean-Baptiste envoyé par Dieu pour préparer le terrain devant Jésus, aussi Lu.7:3 où le centurion envoie des messagers vers Jésus ou encore Lu.20:19-20 où les sacrificateurs et les scribes envoient vers Jésus des gens qu font semblants d'être justes. Par contre, le verbe garde sa force sémantique de mandat avec une mission précise à accomplir.

Luc 7:3 Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya (apostellô) quelques anciens des Juifs, pour le prier de venir guérir son serviteur.

Juste avant le début de l'Église, Judas parti, les douze n'étaient plus que onze. Ils se sont mis d'accord que le Ps.109:8 était un encouragement à trouver un remplaçant pour Judas qui était allé se pendre. On pourrait penser que Pierre a devancé le Seigneur avec un tirage au sort qui ne fait pas très sérieux, comme si on forçait la main de Dieu, «tu as le choix entre ces deux, mais pas un autre ailleurs», cf. Ac.1:20-26. Cette manière de procéder contraste avec celle qui a établi Paul comme apôtre:

Galates 1:1 Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et par Dieu le Père qui l'a ressuscité d'entre les morts,

Dire que l'apostolat de Paul fut plus fructueux que celui de Matthias [portrait] n'est pas exagéré ! Tout de même, je n'irai pas jusqu'à affirmer que Pierre a erré en agissant ainsi puisque ce n'est pas écrit nulle part dans le Nouveau Testament que cette sélection fut rejetée par Dieu ou même remise en doute. Peut-être aurait-il eu avantage à attendre la Pentecôte pour recevoir le Saint-Esprit qui donne accès à la pensée de Christ (1Co.2:12-16), on le saura probablement au ciel.

Ac.1:20 Or, il est écrit dans le livre des Psaumes: Que sa demeure devienne déserte, et que personne ne l'habite! Et: Qu'un autre prenne sa charge!
21 Ainsi, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus allait et venait avec nous,
22 depuis le baptême de Jean, jusqu'au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il faut qu'il y en ait un qui soit avec nous témoin de sa résurrection.
23 Ils en présentèrent deux: Joseph appelé Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias.
24 Puis ils prièrent en ces termes: Seigneur, toi qui connais les coeurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi,
25 afin qu'il prenne sa place dans ce ministère et cet apostolat, que Judas a quittés pour aller à la place qui est la sienne.
26 Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut associé aux onze apôtres.

D'après Nicéphore et deux autres sources, Matthias est allé évangélisé jusqu'en Georgie où il finit par être crucifié dans la ville de Colchis. Selon Hippolyte de Rome, Matthias est mort de vieillesse à Jérusalem. Enfin, une autre source soutient qu'il a été lapidé et décapité par les Juifs à Jérusalem. Allez savoir...

Mais revenons à ce discours de Pierre dans Ac.1:20-22. Il est révélateur sur la manière qu'on concevait alors le groupe des 12 apôtres ; il fallait que ce soit quelqu'un avait suivi Jésus pendant tout son ministère terreste et qui pouvait aussi rendre témoignage de la résurrection de Jésus. Possiblement que Joseph et Matthias faisaient partie des 70 autres mentionnés dans Lu.10. Cela manifeste aussi que Pierre et les 10 autres apôtres ne considéraient pas les 70 autres que Jésus avait envoyé (apostellô) sur le même pied d'égalité qu'eux.

Même parmi les douze, trois ressortaient du groupe ; Pierre, Jacques et Jean étaient les intimes de Jésus; ils furent les seuls à voir la transfiguration de Jésus sur la montagne Mt.17:1, les seuls à qui Jésus a permis de voir la résurrection de la jeune fille Mt.5:37-43, les seuls qui l'accompagnèrent lors de sa terrible angoisse à Gethsémané Mc.14:33.

Matthieu 17:1 Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, et il les conduisit à l'écart sur une haute montagne.

Marc 5:37 Et il ne permit à personne de l'accompagner, si ce n'est à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques.

Marc 14:33 Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à éprouver de la frayeur et des angoisses

Et parmi ces trois, c'est seulement à Pierre qu'il a dit de prendre soin des autres :

Jn.21:15 Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci? Il lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes agneaux.

Lu.22:31 Le Seigneur dit: Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment.
32 Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères

Il y avait donc une hiérarchie apostolique ; d'abord Pierre, puis Jacques et Jean, ensuite le reste des douze, pour ce qui est des 70 autres s'il sont tous restés fidèles au Seigneur, on a aucune indication où ils se situent à la suite des 12 dans la hiérarchie.

II Les apôtres pendant la période de l'Église


Après la mort de l'apôtre Jacques frère de Jean, Ac.12:2, les onze qui restaient n'en ont pas sélectionné un autre pour le remplacer, même si Joseph, appelé Barsabbas aurait pu faire l'affaire selon leurs critères. Jacques méritait qu'on lui conserve sa place car il était mort en règle avec Dieu contrairement à Judas qui était un démon selon les mots mêmes de Jésus et qui n'avait vraiment pas sa place parmi les douze qui étaient appelés à règner avec Jésus sur les tribus d'Israël.

Tantôt les apôtres sont perçus comme le fondement de l'église Ep.2:20, tantôt comme les colonnes Ga.2:9 ; deux images qui montrent leur place prépondérante.

Ep.2:20 Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre de l'angle.

Ga.2:6 Quant à ceux qui paraissaient les plus considérés, --ce qu'ils avaient été autrefois m'importe peu! Dieu ne fait pas de considération de personne--les plus considérés ne m'ont rien imposé.
7 Au contraire, lorsqu'ils virent que l'Évangile m'avait été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis; --
8 car celui qui, agissant en Pierre, en a fait l'apôtre des circoncis, a également agi en moi en vue des païens--
9 et lorsqu'ils reconnurent la grâce qui m'avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, considérés comme des colonnes, nous donnèrent la main droite à Barnabas et à moi, (en signe) de communion: ainsi nous irions, nous vers les païens, et eux vers les circoncis;

Les apôtres viennent aussi en premier de liste pour les ministères et les dons spirituels, Ep.4:11 et 1Co.12:28

Ep.4:11 C'est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,
12 pour le perfectionnement des saints. Cela en vue de l'oeuvre du service et de l'édification du corps du Christ,

1Co.12:28 Et Dieu a établi dans l'Église premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement des docteurs; ensuite il y a (le don) des miracles, puis les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses sortes de langues.
29 Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? Tous font-ils des miracles?

Jésus avait donné à Pierre l'ordre de prendre soin de l'église, cf. Jn.20, en tant que pasteur, il devait surveiller le troupeau, c'est le sens grec du mot «episcopos» qui a donné «évêque» en français. Pierre et les autres apôtres surveillaient les églises naissantes pour s'assurer qu'elles demeuraient dans la foi. À mesure qu'ils allaient rejoindre le Seigneur, cette tâche fut confiée à d'autres hommes fidèles à qui on réservait le titre d'évêques, dès l'époque d'Ignace, vers 100 ap. J.C. Donc les évêques avaient repris en partie les charges apostoliques, car l'enseignement et la surveillance des églises n'étaient qu'une partie de leur fonction. L'évangélisation occupait aussi une grande place pour les apôtres, même une place obligatoire, cf. Mt.28:19 et 1Co.9:16

Mt.28:19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
20 et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.

Ac.5:41 Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus. 42 Et chaque jour, dans le temple et dans les maisons, ils ne cessaient d'enseigner, et d'annoncer la bonne nouvelle de Jésus-Christ.

1Co.9:16 Évangéliser n'est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m'en est imposée; malheur à moi si je n'évangélise!



Les autres apôtres en plus des douze


Le plus célèbre est bien entendu l'apôtre Paul, nommé par Jésus lui-même, cf. Ga.1:1, comme ce fut le cas pour les douze. Mais en plus de Paul, plusieurs autres sont aussi appelés «apôtres» dans le Nouveau Testament.

Il y avait Jacques aussi, - pas celui qui avait tué par l'épée plus tôt (Ac.12:2) mais un des frères cadets du Seigneur Jésus (pour d'autres c'était son cousin, mais ce n'est pas l'endroit pour en discuter). Jacques était considéré comme un apôtre par Paul dans Ga.1:19. Rapidement, il a pris beaucoup de place dans l'Église de Jérusalem, même Pierre le voit comme le plus important des apôtres. Cela ressort fortement dans sa recommandation aux frères présents dans la maison de la mère de Marc quand il était sorti de prison, ce n'est pas Jean ou un autre des douze qu'il dit d'aller avertir en particulier qu'il a été libéré, il prend bien soin de mentionner le nom de Jacques :

«Annoncez-le à Jacques et aux frères.» Ac.12:17

Les Actes nous dépeignent Jacques comme étant un orateur qui en imposait, c'est lui qui avait le dernier mot comme il le démontre au premier concile de Jérusalem [portrait], prenant la parole en dernier avec ces termes : «Hommes frères, écoutez-moi!» (Ac.15:13) alors que Pierre s'était limité à «Hommes frères,» comme introduction avant Jacques (Ac.15:7).

De plus, Jacques était particulièrement zélé pour la loi de Moïse comme tous les autres milliers juifs qui avaient cru en Jésus, cf. Ac.21:20-21. Sans pouvoir l'affirmer avec certitude, on peut l'imaginer avec son tempérament être en première ligne pour réprimander Pierre d'avoir mangé avec des païens. Dans Ac.11:1-3 les apôtres (dont Jacques) et les frères v.1 étaient des circoncis v.2 (le mot «fidèles» n'est pas dans l'original grec), alors quand Pierre est arrivé à Jérusalem où étaient restés les apôtres (Ac.8:1), Jacques était sûrement parmi eux.

Ac.11:1 Les apôtres et les frères qui étaient dans la Judée apprirent que les païens avaient aussi reçu la parole de Dieu.
2 Et lorsque Pierre fut monté à Jérusalem, les fidèles circoncis lui adressèrent des reproches,
3 en disant: Tu es entré chez des incirconcis, et tu as mangé avec eux.
4 Pierre se mit à leur exposer d'une manière suivie ce qui s'était passé. Il dit:
5 J'étais dans la ville de Joppé, et, pendant que je priais, je tombai en extase et j'eus une vision: un objet, semblable à une grande nappe attachée par les quatre coins, descendait du ciel et vint jusqu'à moi.
6 Les regards fixés sur cette nappe, j'examinai, et je vis les quadrupèdes de la terre, les bêtes sauvages, les reptiles, et les oiseaux du ciel.
7 Et j'entendis une voix qui me disait: Lève-toi, Pierre, tue et mange.
8 Mais je dis: Non, Seigneur, car jamais rien de souillé ni d'impur n'est entré dans ma bouche.
9 Et pour la seconde fois la voix se fit entendre du ciel: Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé.
10 Cela arriva jusqu'à trois fois; puis tout fut retiré dans le ciel.
11 Et voici, aussitôt trois hommes envoyés de Césarée vers moi se présentèrent devant la porte de la maison où j'étais.
12 L'Esprit me dit de partir avec eux sans hésiter. Les six hommes que voici m'accompagnèrent, et nous entrâmes dans la maison de Corneille.
13 Cet homme nous raconta comment il avait vu dans sa maison l'ange se présentant à lui et disant: Envoie à Joppé, et fais venir Simon, surnommé Pierre,
14 qui te dira des choses par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison.
15 Lorsque je me fus mis à parler, le Saint-Esprit descendit sur eux, comme sur nous au commencement.
16 Et je me souvins de cette parole du Seigneur: Jean a baptisé d'eau, mais vous, vous serez baptisés du Saint-Esprit.
17 Or, puisque Dieu leur a accordé le même don qu'à nous qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, pouvais-je, moi, m'opposer à Dieu?
18 Après avoir entendu cela, ils se calmèrent, et ils glorifièrent Dieu, en disant: Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu'ils aient la vie.

À la suite de cette rencontre houleuse, la plupart des juifs chrétiens n'osèrent pas évangéliser les païens, mais quelques juifs courageux furent sensibles au Saint-Esprit et amenèrent à la foi en Jésus un grand nombre de païens dans la ville d'Antioche. Dans l'année qui a suivi, Pierre, ayant amené à la foi le premier païen, décida d'aller à Antioche les rencontrer et discuter aussi avec les prophètes et des docteurs qui s'y trouvaient: Barnabas, Siméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manahen, qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque, et Paul. Voici le contexte relaté dans la suite du texte dans les Actes où Luc se tait sur le séjour humiliant de Pierre dans cette ville (Ac.11:19-30), c'est Paul qui fait mention de sa visite (Ga.2:11-16) :

Ac.11:19 Ceux qui avaient été dispersés par la persécution survenue à l'occasion d'Etienne allèrent jusqu'en Phénicie, dans l'île de Chypre, et à Antioche, annonçant la parole seulement aux Juifs. 20 Il y eut cependant parmi eux quelques hommes de Chypre et de Cyrène, qui, étant venus à Antioche, s'adressèrent aussi aux Grecs, et leur annoncèrent la bonne nouvelle du Seigneur Jésus. 21 La main du Seigneur était avec eux, et un grand nombre de personnes crurent et se convertirent au Seigneur. 22 Le bruit en parvint aux oreilles des membres de l'Eglise de Jérusalem, et ils envoyèrent Barnabas jusqu'à Antioche. 23 Lorsqu'il fut arrivé, et qu'il eut vu la grâce de Dieu, il s'en réjouit, et il les exhorta tous à rester d'un coeur ferme attachés au Seigneur. 24 Car c'était un homme de bien, plein d'Esprit-Saint et de foi. Et une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur. 25 Barnabas se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Saul; 26 et, l'ayant trouvé, il l'amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux assemblées de l'Eglise, et ils enseignèrent beaucoup de personnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens. 27 En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. 28 L'un d'eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l'Esprit qu'il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous Claude. 29 Les disciples résolurent d'envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. 30 Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul.

Nous avons maintenant une bonne vue d'ensemble de la situation dans laquelle Paul humilia Pierre en le reprenant devant tous :

Ga.2:11 Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible.
12 En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les païens; et, quand elles furent venues, il s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis.
13 Avec lui les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie.
14 Voyant qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Evangile, je dis à Céphas, en présence de tous: Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser?

Pierre ne pensait déjà plus à cette recontre difficile avec Jacques où il dut se défendre d'avoir entré dans la maison d'un païen, il fraternisait allègrement avec les chrétiens non-juifs dans l'église d'Antioche à des lieux de Jérusalem, mais la venue de chrétiens prophètes envoyés par le redoutable Jacques lui fit prendre panique. Il ne tenait à revivre le stress suivant la conversion de Corneille et devoir s'expliquer à nouveau de long en large, les autres juifs chrétiens non plus d'ailleurs, même le cher Barnabas ! Il refusait d'être vu par les chrétiens envoyés par Jacques en présence des chrétiens qui n'étaient pas circoncis. Pierre, à qui Jésus avait donné pourtant donné la première place, éprouvait de la crainte envers Jacques. Mais sa crainte n'était rien à côté de l'humiliation que lui faisait subir Paul. Pierre a toutefois bien appris sa leçon. Quand ce fut le temps plus tard de revenir à Jérusalem pour discuter de la conversion des païens au concile de Jérusalem, il a affirmé devant tous cela équivalait à tenter Dieu d'imposer l'observance de la loi de Moïse aux païens convertis que les juifs eux-mêmes étaient incapables d'observer complètement même s'ils y mettaient toute leur ardeur.

Ac.15:7 Hommes frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les païens entendissent la parole de l'Evangile et qu'ils crussent.
8 Et Dieu, qui connaît les coeurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous;
9 il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs coeurs par la foi.
10 Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter?
11 Mais c'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, de la même manière qu'eux.

En parlant ainsi, il montre qu'il a bien écouté la réprimande que Paul lui avait adressée :

Ga.2:15 Nous, nous sommes Juifs de naissance, et non pécheurs d'entre les païens.
16 Néanmoins, sachant que ce n'est pas par les oeuvres de la loi que l'homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d'être justifiés par la foi en Christ et non par les oeuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les oeuvres de la loi.

Ro.10:4 Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient.

Les apôtres, Pierre en premier, nous montrent qu'ils étaient des hommes comme nous, sujets à faillir, ils nous montrent l'exemple qu'ils étaient cependant dociles à l'enseignement du Saint-Esprit et prêts à réviser leur position. Quand ce fut le temps d'écrire leurs épîtres, le Seigneur les a préservés de toute erreur sachant que ces lettres allaient servir à l'édification de millions de personnes dans les siècles à venir.

La grâce de Dieu s'est manifestée à nouveau quand le Saint-Esprit a dit par la bouche des prophètes à Antioche de mettre Paul et Barnabas à part, cf. Ac.13:1, ce même Barnabas qui avait flanché, entraîné par Pierre dans l'hypocrisie. Comme remède au péché, le Seigneur sait y faire, il plaça Paul aux côtés de Barnabas ! Maintenant Barnabas était mandaté et envoyé en mission à l'instar de Paul, il hérite du titre d'apôtre lui aussi, étant même mentionné avant Paul dans leur premier voyage missionnaire. Mais à partir de leur rencontre avec le magicien Élymas que Paul mit en déroute, Luc mentionne Paul en premier, manifestant par là que c'est Paul qui avait pris le leadership de la mission apostolique (excusez le pléonasme de cette expression consacrée par l'usage ! Comme je l'ai mentionné dans l'introduction, missionnaire est synonyme d'apôtre).

Ac.14:14 Les apôtres Barnabas et Paul, ayant appris cela, déchirèrent leurs vêtements, et se précipitèrent au milieu de la foule

En plus de Barnabas, en lisant les Actes, on s'aperçoit que beaucoup d'autres se sont rajoutés à l'équipe apostolique au fil des voyages. Paul associa à certains de ses collaborateurs le titre d'apôtre dans ses lettres. Par exemple, Timothée qui était aussi un évangéliste (2Ti.4:5) et Silas (appelé aussi Silvain) qui était aussi un prophète (Ac.15:32) sont tous deux mentionnés comme des apôtres de Christ venus annoncer l'évangile avec Paul dans sa lettre aux Thessaloniciens:

1Th.1:1 Paul, et Silvain, et Timothée, à l'Eglise des Thessaloniciens, qui est en Dieu le Père et en Jésus-Christ le Seigneur: que la grâce et la paix vous soient données!

2:1 Vous savez vous-mêmes, frères, que notre arrivée chez vous n'a pas été sans résultat.
2 Après avoir souffert et reçu des outrages à Philippes, comme vous le savez, nous prîmes de l'assurance en notre Dieu, pour vous annoncer l'Evangile de Dieu, au milieu de bien des combats.
3 Car notre prédication ne repose ni sur l'erreur, ni sur des motifs impurs, ni sur la fraude;
4 mais, selon que Dieu nous a jugés dignes de nous confier l'Evangile, ainsi nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu, qui sonde nos coeurs.
5 Jamais, en effet, nous n'avons usé de paroles flatteuses, comme vous le savez; jamais nous n'avons eu la cupidité pour mobile, Dieu en est témoin.
6 Nous n'avons point cherché la gloire qui vient des hommes, ni de vous ni des autres; nous aurions pu nous produire avec autorité comme apôtres de Christ,
7 mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous





Dans ses deux lettres à Timothée, Paul lui rappelle qu'il avait reçu par l'imposition des mains des anciens la grâce nécessaire pour accomplir son ministère apostolique.

1Ti.4:13 Jusqu'à ce que je vienne, applique-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement.
14 Ne néglige pas le don qui est en toi, et qui t'a été donné par prophétie avec l'imposition des mains de l'assemblée des anciens.
15 Occupe-toi de ces choses, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous.

2Ti.1:6 C'est pourquoi je t'exhorte à ranimer le don de Dieu que tu as reçu par l'imposition de mes mains.
7 Car ce n'est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse.
8 N'aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier. Mais souffre avec moi pour l'Evangile, par la puissance de Dieu

2Ti.4:1 Je t'en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume,
2 prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant.
3 Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs,
4 détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.
5 Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l'oeuvre d'un évangéliste, remplis bien ton ministère.

On y retrouve les prérogatives de l'apostolat ;
  • Exhortation et enseignement d'une manière saine et contrôlée (c'est le sens du terme grec sôphronismos traduit par sagesse 2Ti.1:7)
  • Nommer un évêque (1Ti.3:1-7 si le singulier est significatif, ce qui n'est pas sûr en comparant Tite 1:5-7 où la nomination des anciens est suivi par la description de l'évêque au singulier, cf. Ac.20:17 anciens = v.28 évêques ) et des diacres aussi (1Ti.3:8-10)
  • Demeurer concentré (c'est le sens du terme grec nèpho traduit par sobre 2Ti.4:5 ) pour pouvoir réfuter les faux docteurs avec fermeté et amour (2Ti.1:7, 4:1-5)
  • Visiter les églises qu'ils ont fondé pour les affermir (1Ti.1:3)
  • Se garder de construire sur les fondements d'autrui, (Ro.15:20)
  • Rappel à Timothée de faire l'oeuvre d'un évangéliste avec audace et puissance (2Ti.1:8 cf. Mt.28:16-20 et Ac.5:41-42, 13:32, 14:7, 15)

Romains 15:20 Et je me suis fait honneur d'annoncer l'Evangile là où Christ n'avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d'autrui

Paul incite Timothée à se souvenir du don qu'il avait reçu par l'imposition des mains (1Ti.4:14), ceci n'est pas sans rappeler le mandat apostolique octroyé à Paul et Barnabas à Antioche, mandat apostolique qui est présenté d'une manière semblable par des prophètes et des anciens avec l'imposition des mains (Ac.13:1-3). C'est pourquoi certains pensent que c'est à cette occasion que Timothée a été fait apôtre, j'ai tendance aussi à penser ainsi sans pouvoir l'affirmer à 100% parce que Paul ne le dit pas directement dans ce passage. L'Esprit de force, d'amour et de sagesse est une puissance de Dieu assurément nécessaire; ce don transmis «par prophétie avec l'imposition des mains de l'assemblée des anciens» permettait à Timothée d'évangéliser et enseigner avec autorité.

Ac.13:1 Il y avait dans l'Eglise d'Antioche des prophètes et des docteurs: Barnabas, Siméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manahen, qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque, et Saul. 2 Pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit: Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelés. 3 Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir.

Dans certaines églises on fait une association très forte entre apôtre et inspiration divine. On a pu voir dans cette étude que les apôtres n'étaient pas toujours bien inspirés dans le quotidien mais que Dieu les a préservés quand ce fut le temps d'écrire ce qui allait faire partie de notre Bible. Bien des apôtres n'ont laissé aucun écrit tandis que d'autres qui ne sont pas mentionnés comme étant des apôtres même s'ils ont fait partie d'équipes apostoliques ont laissé des écrits qui font partie maintenant de notre Bible.

Par exemple, Luc était le médecin très apprécié par Paul qu'il soignait assurément ainsi que les autres membres de l'équipe apostolique, mais il n'est pas écrit nulle part qu'il était apôtre lui-même, il n'était même pas juif et il a écrit 2 livres du Nouveau Testament.

Dans le cas de Marc, il a écrit l'évangile qui porte son nom d'après les souvenirs de Pierre selon des Pères de l'Église. Pierre nous dit d'ailleurs, que c'est lui qui l'avait amené au Seigneur (1Pi.5:13). Ce Marc est celui qui avait accompagné Paul et Barnabas. Les anciens ne lui avaient cependant pas imposé les mains (voir Ac.13:1-3), il n'avait donc pas reçu le mandat apostolique, il leur servait d'aide (Ac.13:5). Le fonction d'aide, huperetès en grec, désigne un terme qui est traduit de diverses manières dans le Nouveau Testament. Luc utilise «huperetès» quand il traduit en grec ce que Jésus avait probablement dit à Paul en araméen quand il lui apparut :

Actes 26:16 Mais lève-toi, et tiens-toi sur tes pieds; car je te suis apparu pour t'établir ministre (huperetès) et témoin des choses que tu as vues et de celles pour lesquelles je t'apparaîtrai.

Paul reprend ce terme humble dans sa lette aux Corinthiens que Segond traduit en français par «serviteurs» et l'applique à sa personne, à Pierre et à Apollos.

1 Corinthiens 4:1 Ainsi, qu'on nous regarde comme des serviteurs (huperetès) de Christ, et des dispensateurs des mystères de Dieu.

Quand ce terme est appliqué par Luc à Marc, c'est assurément aussi dans un sens humble pour le désigner comme un subalterne car il n'a pas reçu le même mandat apostolique par l'imposition des mains des anciens. On peut le voir comme «serviteur en formation» pour reprendre une formule consacrée dans les églises baptistes du Québec.

Marc était un jeune aspirant plein de potentiel, Barnabas avait l'oeil pour les remarquer, c'est Barnabas qui avait été cherché Paul à Tarse et c'est lui qui a décidé de ramener Marc à Antioche après l'avoir vu aller.

Actes 12:25 Barnabas et Saul, après s'être acquittés de leur message, s'en retournèrent de Jérusalem, emmenant avec eux Jean, surnommé Marc.

À cette époque, Barnabas était encore nommé avant Paul, ce qui signifiait qu'il était celui qui était en charge de l'équipe. Malgré son beau potentiel, Marc a échoué comme serviteur en formation s'étant désisté en chemin, il quitta l'île de Chypre et s'en retourna chez lui à Jérusalem Ac.13:13. La Bible ne donne pas de raisons précises, on ne peut que spéculer, mais quelques soient les raisons, elles déplurent à Paul, c'est sûr. Marc s'est peut-être senti moins à l'aise quand il a vu que Paul prendre les commandes de l'équipe apostolique sur l'île de Chypre. Peut-être s'est-il lassé de servir Paul et Barnabas dans un rôle ingrat et effacé à jouer. Paul était un homme qui était dur avec son corps, cf. 1Co.9:26-27 et Marc était habitué de se faire dorloter dans une grande maison avec des servantes, la vie spartiate de missionnaires fut possiblement un trop gros ajustement pour lui. Peu importe ses états d'âme, il n'avait pas encore la maurité d'âme nécessaire pour suivre l'exemple de Jésus qui s'était fait le serviteur de tous même s'il était le maître.

Jn.13:13 Vous m'appelez Maître et Seigneur; et vous dites bien, car je le suis.
14 Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres;
15 car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait.

Non, Marc a préféré plutôt retourner se faire servir par Rhode et les autres servantes dans la vaste maison de sa mère où avait l'habitude de se tenir plusieurs chrétiens (Ac.12:11-17). Peut-être aussi qu'il s'ennuyait tout simplement de sa mère, comme je l'ai mentionné, on ne peut que supposer qu'elles étaient ses motivations de quitter le ministère à ce moment-là.

Lors du prochain voyage apostolique, Marc avait eu le temps de grandir en maturité et Barnabas jugeait que son cousin Marc (Col.4:10) était maintenant prêt à avoir une deuxième chance de les accompagner à nouveau, mais Paul qui était maintenant le chef de l'équipe apostolique n'avait pas apprécié le départ hâtif de Marc lors du voyage précédent. Il resta donc intransigeant, il ne le jugeait pas digne de confiance (Ac.15:35-40). Barnabas était habitué à prendre les décisions, il était nommé en premier parmi tous les anciens d'Antioche, cf. Ac.13:1. Sa position se comparait à celle de Jacques à Jérusalem tandis que Paul était le dernier venu, mentionné en dernier sur cette liste. De plus, c'est Barnabas qui avait été chercher Paul, il l'avait pris sous son aile comme il le faisait maintenant pour Marc. Barnabas était un rassembleur. Il voyait bien que Paul prenait l'ascendant et qu'il ne serait pas chaud à l'idée de reprendre Marc, mais il ne devait pas s'attendre pas à ce que Paul lui tienne autant tête.

Ac.15:35 Paul et Barnabas demeurèrent à Antioche, enseignant et annonçant, avec plusieurs autres, la bonne nouvelle de la parole du Seigneur.
36 Quelques jours s'écoulèrent, après lesquels Paul dit à Barnabas: Retournons visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir en quel état ils sont.
37 Barnabas voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc;
38 mais Paul jugea plus convenable de ne pas prendre avec eux celui qui les avait quittés depuis la Pamphylie, et qui ne les avait point accompagnés dans leur oeuvre.
39 Ce dissentiment fut assez vif pour être cause qu'ils se séparèrent l'un de l'autre. Et Barnabas, prenant Marc avec lui, s'embarqua pour l'île de Chypre.
40 Paul fit choix de Silas, et partit, recommandé par les frères à la grâce du Seigneur.

Face à cette divergence d'opinion qui devenait une source d'irritation (c'est le sens grec du mot «paroxusmos» traduit en français «dissentiment», la translittération de ce mot a donné le mot paroxysme en français), le choix du terme dénote que le ton de la voix devait monter, ils ont décidé de couper court avant que leur irritation atteigne ... un paroxysme ! L'irritation ne sied pas à des apôtres, comme l'écrit Paul aux Corinthiens. Avait-il en pensée cet incident avec Barnabas ? Une autre question sans réponse. Je remarque que c'est la forme verbale de «paroxusmos» qui est employée dans ce passage (le verbe «irriter» se dit «paroxunô» en grec)

1Co.13:4 L'amour est patient, il est plein de bonté; l'amour (...) ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal

Alors avant de donner un trop mauvais témoignage, d'un commun accord, l'équipe apostolique se divisa en deux, ou plutôt on devrait dire se multiplia par deux, soyons positifs ! Barnabas amena Marc à Chypre, l'île même où celui-ci avait eu le mal du pays. Si on en entend plus parler c'est parce que Luc, l'écrivain des Actes a rejoint Paul dans ses voyages. S'il n'est pas écrit qu'ils furent recommandés aussi par les frères à la grâce du Seigneur, on peut sûrement le supposer. D'ailleurs, le temps montre que c'est Barnabas qui avait eu raison parce que Paul mentionne à Timothée de ramener Marc avec lui qu'il considérait maintenant comme comme compagnon d'oeuvre (2Ti.4:11) au même titre que Timothée (Ro.16:21), Luc le médecin, Aristarque et Démas, (Phm.1:24) Tite (2Co.8:23), Épaphrodite (Ph.2:25) et Clément (Ph.4:3) qui allait devenir évêque de Rome un jour. Paul constatait maintenant les grands progrès effectués par Marc et le trouvait bien utile pour le service ! Pendant qu'il est en prison, Marc le visite. Quand Paul écrit son épître aux chrétiens de la ville de Colossses, il ne leur suggère pas, il leur ordonne de bien le recevoir.

2 Timothée 4:11 Luc seul est avec moi. Prends Marc, et amène-le avec toi, car il m'est utile pour le ministère.

Colossiens 4:10 Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue, ainsi que Marc, le cousin de Barnabas, au sujet duquel vous avez reçu des ordres s'il va chez vous, accueillez-le;

Depuis le début, Barnabas avait vu ce potentiel chez son cousin Marc. Les chrétiens tenait Barnabas en grande estime et c'était bien mérité, nous aimerions tous avoir un mentor comme lui, n'est-ce pas ? C'est précieux un ancien qui trouve les bons mots pour nous encourager, qui sait comment nous exhorter quand on s'écarte et qui est prêt à nous donner un deuxième chance quand on reconnaît avoir échoué lamentablement et qu'on revient avec un esprit bien disposé. C'est la démonstration de l'enseignement de Jésus à Pierre:

Mt.18:21 Alors Pierre s'approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois? 22 Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois.



Cela étant dit, je ne pense pas que Paul ait perdu au change en s'associant avec un autre frère moins connu de nous que Barnabas, il est vrai, mais qui excellait aussi dans les exhortations, j'ai nommé le prophète Silas (Ac.15:32, 40).

Actes 15:32 Jude et Silas, qui étaient eux-mêmes prophètes, les exhortèrent et les fortifièrent par plusieurs discours.

Ac.15:40 Paul fit choix de Silas, et partit, recommandé par les frères à la grâce du Seigneur. 41 Il parcourut la Syrie et la Cilicie, fortifiant les Eglises.

Pour remplacer Marc comme serviteur en formation, Paul choisit ensuite Timothée, car il avait toujours le souci de se reproduire, (Ac.16:1-3).

Ac.16:1 Il se rendit ensuite à Derbe et à Lystre. Et voici, il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d'une femme juive fidèle et d'un père grec.
2 Les frères de Lystre et d'Icone rendaient de lui un bon témoignage.
3 Paul voulut l'emmener avec lui; et, l'ayant pris, il le circoncit, à cause des Juifs qui étaient dans ces lieux-là, car tous savaient que son père était grec.
4 En passant par les villes, ils recommandaient aux frères d'observer les décisions des apôtres et des anciens de Jérusalem.

Timothée était un jeune homme que Paul avait amené au Seigneur lors de son premier voyage missionnaire à Lystre, l'endroit même où il s'était fait lapider et laissé pour mort (Ac.14:6-21 et 1Ti.1:2). Cela a probablement marqué Timothée. Tout de même, il a accepté de suivre Paul, parfois de manière chancelante, ce qui nous a permis d'être bénis par les deux lettres que Paul a adressé à Timothée. La faiblesse de Timothée a donc contribué à notre force, Dieu n'est jamais à bout de ressources !

Timothée était ébranlé mais il n'a pas abandonné le poste comme Marc précédemment. Paul l'incite à combattre le bon combat de la foi, comme il l'a fait lui-même jusqu'au sacrifice suprême s'il le faut, jusqu'à servir de libation ( c'est le liquide qu'on versait sur l'offrande sacrifiée et brûlée comme un parfum de bonne odeur au Seigneur! ) (No.15:7, 28:7, Ph.2:17 et 2Ti.4:6)

Comme je l'avais déjà fait remarquer, tous ceux qui accompagnaient les équipes apostoliques n'étaient pas obligatoirement des apôtres. Étaient apôtres seulement ceux qui avaient été spécialement mandatés par d'autres apôtres ou par des anciens avec l'imposition des mains. C'est la même chose que dans le temps de Jésus et ses apôtres, il y avait des disciples et des femmes qui les suivaient aussi partout pour toutes sortes de raisons ; les assister, être enseignés, peut-être même juste par désir d'aventure ou curiosité.

Voilà pour les apôtres à l'époque néo-testamentaire. Cette direction prise par les apôtres et les anciens de l'époque de nommer de nouveaux apôtres nous enlève le prétexte de dire que la fonction d'apôtre a cessé avec la fin du Nouveau Testament.

Si tel avait été le cas, il aurait été inconvenant de mettre le don d'apostolat dans une liste comme Ep.4:11-16 si ce don était pour se terminer rapidement. Ce don est accordé pour nous aider à parvenir à l'unité de la foi, au perfectionnement des saints, à la mesure de Jésus, etc. On s'entend sur le fait qu'on a encore du chemin à faire...

Ep.4:11 Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, 12 pour le perfectionnement des saints en vue de l'oeuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, 13 jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, 14 afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, 15 mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ

Si l'on accepte qu'il y ait encore des apôtres de nos jours, il est entendu, comme je l'ai mentionné dans ce long texte que tous les apôtres ne sont pas au même niveau.Ce serait prétentieux d'avancer que des gens de nos jours pourraient être au même niveau que Paul et Pierre et écrire des textes inspirés de Dieu. Il y a des sectes qui ne se gênent pourtant pas pour le faire.

Cependant, il n'y a rien dans les Écritures qui empêchent d'appeler «apôtres» ceux qui ont reçu le même mandat pour être envoyé afin de porter le Bonne Nouvelle, débuter des églises et les superviser. Il y a eu beaucoup de chrétiens qui ont exactement fait cela au cours de l'histoire de l'église, comme Hudson Taylor [photo] et K.P. Yohannan, pour n'en nommer que deux, c'est juste qu'on les appelle habituellement des missionnaires, comme je l'ai déjà mentionné dans mon introduction.

Dans notre église locale, nous avons notre équipe apostolique que nous continuons à désigner notre équipe missionnaire par habitude et aussi pour ne pas heurter d'autres frères n'ayant pas reçu l'enseignement biblique à ce sujet. Cette équipe composée de deux pasteurs matures a aidé à fonder quatre églises dans notre région et ils les visitent régulièrement. En accord avec le conseil de l'Église-mère qui les a mandaté suivant le modèle d'Antioche mis en pratique par les apôtres Paul, Barnabas, Silas, Timothée, etc., ils y ont établi avec soin des anciens qu'ils forment et soutiennent.

Ayons de l'estime pour nos apôtres des temps modernes (nos missionnaires si vous ne pouvez pas vous faire encore à l'idée même si c'est conforme aux Écritures comme appellation quand c'est bien compris), soutenons-les par la prière, par nos encouragements et par nos dons ces gens consacrés que nos églises ont «mis à part pour l'oeuvre à laquelle Dieu les a appelés» dans des contextes semblables à ceux des premiers apôtres.

La course des premiers apôtres est maintenant terminée depuis longtemps (Hé.12:1, 1Co.9:27, 2Ti.4:10), ils sont montés dans la présence du Seigneur (Ph.1:23, 2Co.5:8) et ils se reposent de leurs oeuvres (Ap.14:13) mais ne dorment pas car dans l'Apocalypse, on les retrouve au chapitre 18 où ils sont invités avec les saints et les prophètes à se réjouir de la chute de Babylone tandis que les rebelles la pleuraient:

Ap.18:19 Et ils jetaient de la poussière sur leurs têtes, ils pleuraient et ils étaient dans le deuil, ils criaient et disaient: Malheur! malheur! La grande ville, où se sont enrichis par son opulence tous ceux qui ont des navires sur la mer, en une seule heure elle a été détruite!
20 Ciel, réjouis-toi sur elle! Et vous, les saints, les apôtres, et les prophètes, réjouissez-vous aussi! Car Dieu vous a fait justice en la jugeant.

21 Alors un ange puissant prit une pierre semblable à une grande meule, et il la jeta dans la mer, en disant: Ainsi sera précipitée avec violence Babylone, la grande ville, et elle ne sera plus trouvée.

Encore une petite parenthèse... Quelqu'un qui dort ne peut se réjouir, quelqu'un qui dort ne peut demander à Dieu de faire justice, cf. Ap.6:9, s'ils sont perçus comme des dormeurs c'est en rapport avec nous qui sommes encore sur la terre, cf. 1Th.4:13 et Jésus en parlant de Lazare dans Jn.11. En présence du Seigneur, ils sont bien réveillés ! Dites-moi en quoi ça serait meilleur (Ph.1:21-24) s'ils étaient tous en train de dormir ?

Ph.1:21 car Christ est ma vie, et la mort m'est un gain.
22 Mais s'il est utile pour mon oeuvre que je vive dans la chair, je ne saurais dire ce que je dois préférer.
23 Je suis pressé des deux côtés: j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur;
24 mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair.

2Co.5:6 Nous sommes donc toujours pleins de confiance, et nous savons qu'en demeurant dans ce corps nous demeurons loin du Seigneur-
7 car nous marchons par la foi et non par la vue,
8 nous sommes pleins de confiance, et nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur.
9 C'est pour cela aussi que nous nous efforçons de lui être agréables, soit que nous demeurions dans ce corps, soit que nous le quittions.
10 Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps.



III Les apôtres pendant le millénium


Les douze apôtres choisis par Jésus règneront sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël, Mt.19:28.

Mt.19:28 Jésus leur répondit: En vérité je vous le dis, quand le Fils de l'homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur son trône de gloire, vous de même qui m'avez suivi, vous serez assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d'Israël.

Deux apôtres seront choisis par Dieu le Père pour occuper les deux trônes contigus à la droite et à la gauche de Jésus, cf. Mt.20:21. Qui seront-ils parmi les douze? Pierre et Jean sont de bons candidats, car ce sont les deux apôtres prédominants parmi les douze. Dieu le Père seul le sait.

Mt.20:21 Il lui dit: Que veux-tu? Ordonne, lui dit-elle, que mes deux fils que voici soient assis, dans ton royaume, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche.
22 Jésus répondit: Vous ne savez ce que vous me demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire? Nous le pouvons, dirent-ils.
23 Et il leur répondit: Il est vrai que vous boirez ma coupe, mais pour ce qui est d'être assis à ma droite et à ma gauche, cela n'est pas à moi de le donner, sinon à ceux pour qui cela est préparé par mon Père.

Mon idée personnelle basée sur la même ligne de pensée est que l'apôtre Paul aura aussi son trône à lui et qu'il jugera toutes les autres tribus de la terre. Aucun passage biblique le mentionne, c'est juste une déduction basée sur le fait que Celui qui avait fait de Pierre l'apôtre des circoncis avait aussi fait de Paul l'apôtre des incirconcis, a-t-on vu dans Ga.2:8. De toute façon, on s'entendre tous pour dire que Dieu réserve à celui qui se disait le moindre des apôtres (1Co.15:9) une place de choix dans le siècle à venir, car il rendra à chacun selon ses oeuvres (Ro.2:6) et Paul a travaillé plus que tous les autres apôtres (1Co.15:10).

1Co.15:8 Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton;
9 car je suis le moindre des apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu.
10 Par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n'a pas été vaine; loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.

IV Les apôtres pendant l'éternité


Les apôtres vont continuer à régner avec Jésus pendant toute l'éternité, d'ailleurs tous les chrétiens vont régner avec le Seigneur, cf. 2Ti.2:12, Ap.20:6 et 22:5. En plus, les douze apôtres auront comme bonus leur nom d'inscrits sur les douze fondements de la muraille de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel sur la nouvelle terre.

Ap.21:14 La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l'Agneau.

2 Timothée 2:12 si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui;

Apocalypse 20:6 Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans.

Apocalypse 22:5 Il n'y aura plus de nuit; et ils n'auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles.

Je termine avec cette promesse encourageante de Jésus :

Ap.3:21 Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. 22 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises!



- Le webmestre









Vous êtes sur la page :



Et vous êtes arrivé de la page :


Cliquez ici pour y retourner


Depuis le 1 décembre 2009, visites sur les pages de ce thème

Nous sommes vendredi 24 février 2017