Les deux natures de Jésus-Christ 
De plus, il est nécessaire pour le salut éternel qu'il croie fidèlement aussi à l'Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ.
Or c'est ici la vraie Foi, que nous croyons et confessons : que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et Homme;
Dieu, engendré de la Substance du Père avant tous les siècles : et Homme, né dans le temps, de la Substance de sa Mère;
Dieu parfait, Homme parfait : consistant en une âme raisonnable et en chair humaine;
Egal au Père selon sa Divinité et inférieur au Père selon son Humanité.
Lequel, bien qu'il soit Dieu et Homme n'est cependant pas deux, mais un seul Christ;
Un : non par conversion de la Divinité en chair mais par l'assomption de l'Humanité en Dieu;
Tout à fait un ; non par confusion de Substance mais par unité de Personne.
Car comme l'âme raisonnable et la chair sont un seul homme de même Dieu et l'Homme sont un seul Christ;

- extrait tiré du symbole d'Athanase

Ce texte servit de référence au Concile de Chalcédoine en 451 pour garder l'équilibre entre les deux natures de Jésus , on y décréta que

  1. Jésus fut engendré de Dieu avant les siècles quant à sa divinité. (contra Arius)
  2. Que son incarnation fut sans changement ni confusion (contra Eutychus)
  3. Et qu'il n'y a pas eu de division ni de séparation (contra Nestorius)

Voici 2 perceptions de l'évêque Nestor qui fut au centre de la controverse monophysite dans l'église byzantine à propos de la nature de Jésus-Christ :

Nestorius... prêchait une variante de la doctrine orthodoxe concernant la nature de Jésus-Christ.

Au Vème siècle, deux doctrines bibliques sont en présence :

Pour les uns, le Christ a deux natures consubstantielles, une divine et l'autre humaine.

Pour la deuxième doctrine, celle de Nestorius, le Christ ne pouvait être à la fois humain et divin.

Il refusait à la Vierge Marie le titre de "mère de Dieu"(Théotokos) il ne la considérait que comme la mère du Christ (Christotokos). De la mère il avait hérité sa nature humaine et de l'Esprit du Père, il avait hérité la nature divine.

Tout l'Empire byzantin est en ébullition à cause de la doctrine "Nestorienne". C'est le concile d'Éphèse en 431 qui déclare déclarera hérétique les "Nestoriens". Nestorius, archevêque de Constantinople, est démis de ses fonctions.

Commence une persécution qui obligent les adeptes de cette "hérésie" à trouver refuge dans l'empire Sassanide (Iran), en Inde, au Tibet, jusqu'en Mongolie et en Chine. On les retrouve notamment à Chang'an, la capitale impériale, où est fondée, vers 638, la première église nestorienne. Dans cette région, en 1625 a été trouvée une stèle nestorienne datant de 781.

Vers 1280, un certain Rabban Sauma apporta cette doctrine à la cour de Philippe le Bel. Elle trouva une écoute attentive puisque jusqu'au XIVème siècle l'Eglise Nestorienne est fortement implantée dans le monde médiéval.

Peut-elle être cataloguée de précurseur de la Réforme ??? En tout cas elle a eu le mérite de bousculer certains dogmes qui encore aujourd'hui entraînent vers la Mariolatrie.

Il est à noter aussi la lettre de l'Esprit à l'ange de l'Eglise d'Ephèse - la première - dans l'Apocalypse (2:1à7)

Nestorius, aurait-il été un empêcheur de "doctriner romain" ???

En ce qui me concerne, Il me plait ce mec là.

Cordialement en Christ,

Pierre-Antoine ELDIN <°//><


"Il faut en effet parler des monophysites quand on parle de Nestorius, mais pour les opposer.

Nestorius de Constantinople et Cyrille d'Alexandrie discutent longtemps, la discution devient controverse puis antagonisme. Dans un mouvement naturel de radicalisation les positions de chacun se sont caricaturées, de sorte qu'aujourd'hui tout le monde s'accorde pour dire qu'il y a plus incompréhension et problème de vocabulaire que schisme. Mais schisme il y a eut, schismeS...

La question est la nature du Christ.

Cyrille est pour une sorte de fusion, le Christ n'est pas composite, le Christ est Un, et donc en Christ il n'y a qu'une nature, mais ses détracteurs ont compris que cette nature est la nature divine et que le reste n'est qu'un vêtement, le Verbe revêtit la nature humaine, le "une seule nature" donne le nom de ses partisans "monophysites".

Inversement pour Nestorius le Verbe investit superficiellement la nature humaine du Christ, grosso modo Jésus-Christ n'est qu'un homme dont la volonté est celle du Verbe. Cela ressemble à l'idée hérétique que le corps de Jésus-Christ est humain et que son âme est divine...

La controverse a souvent porté sur les conséquences de ces deux appréciations, par exemple : 

Sur la Croix qui souffre ? le Verbe ou l'homme-Jésus ? et pourquoi pas, Dieu ?

Marie enfante-t-elle le Verbe ou enfante-t-elle l'homme Jésus ?

Qui connaît la mort et descend aux enfers ?

Quand on parle de l'homme Jésus parle-t-on en même temps du Verbe de Dieu, et réciproquement ?

Jésus est-il vraiment le Verbe, alors ? Le Verbe est-il vraiment incarné ?

Bref ! cet homme Jésus est-il simple marionnette que l'on n'hésite pas à sacrifier ?

ou bien n'est-il que l'apparence que le Verbe revêt pour nous rencontrer vraiment ?

Sur la Croix, est-ce le Fils de Dieu qui est pendu ou bien un homme nommé Jésus ?

Ces deux thèses en apprence symetriques donnent un rôle assez étrange à l'homme Jésus qui semble un peu dépassé par les événements, marionnette ou costume ?

S'il est homme à la sauce Nestor alors il est télécommandé et donc pas homme comme nous qui sommes libres.

S'il est Dieu à la sauce Cyrille alors on ne voir pas bien où est l'incarnation véritable, il ne s'est pas fait homme, il s'est seulement présenté comme un homme, il y a du docétisme là-dessous... Et la réalité de l'Incarnation pose évidemment la question de la réalité du sacrifice.

Qui Dieu offre-t-il en sacrifice ? D'ailleurs est-ce Dieu qui offre un sacrifice ou bien est-ce l'humanité ?

Qu'avons-nous de commun avec Jésus-Christ pour que son sacrifice nous concerne ?  

Il est clair que de telles réponses aussi réductrices et aussi mutilantes ne pouvaient pas satisfaire la majorité des chrétiens, il n'est pas possible de penser que le Verbe ne subit pas la crucifixion, il n'est pas possible de penser que l'homme Jésus n'est pas obéissant au Père (et pour obéir il faut avoir une volonté propre). On s'accorde pour dire qu'à part le péché rien de la nature et de la condition humaine n'est étrangère à Jésus-Christ et que tout est absolument assumé par le Verbe.

Nestorius était de Constantinople, il n'a jamais été vraiment dans l'air du temps... il ne pouvait rester au coeur même de la chrétienté, en revanche Cyrille était d'Alexandrie, il jouissait d'une autorité bien supérieure à Nestorius, c'est une très grande figure du christianisme, et il n'y avait aucun moyen pour le déloger.

Les nestoriens ont donc disparu ou bien ont constitué des bastions, des isolats, aux extrémités de la chrétienté, tandis que les monophysites ont simplement coupé les ponts créant notamment l'Église copte et de nombreuses églises orientales.

Très minoritaires les nestoriens n'ont jamais été l'objet de sérieuses tentatives de réunification, en revanche pendant deux siècles des efforts ont été consenti de part et d'autre pour réunifier Alexandrie et Constantinople, tantôt par la force, tantôt par l'invention de "moyen terme" comme le "monothélisme" que voulait imposer l'Empereur dans son désir de consensus. Saint Maxime le confesseur a eu l'audace de s'opposer à l'empereur qui l'a exilé après lui avoir coupé la main droite et la langue.

Comme je le disais plus haut, aujourd'hui on admet que les positions de chacun étaient sans doute orthodoxes sur le fond... et au fil de longues discussions, l'unité de foi avec les monophysites est pour ainsi dire retrouvée, autant entre catholiques et monophysites qu'entre orthodoxes et monophysites, il reste à passer à la communion... ce qui est politique.

Aujourd'hui, ces réponses restent tristement d'actualité, mais ces questions semblent d'un autre âge et la règle implicite est de ne plus les aborder de manière frontale.

Et pourtant c'est bien le Christ qui nous demande "Qui dites-vous que je suis ?"

Alors peut-on répondre sans faire de théologie ?

- Pierre Poncet


- La mise au ban du nestorianisme et du monophysisme a eu un effet pervers, les chrétiens persécutés par l'orthodoxie reçu comme tel par le pouvoir impériale ont accueilli favorablement les mahométans qui leur laissaient la liberté de religion au début moyennant un fort tribut. Ceci était quand même beaucoup moins que l'ostracisme et la persécution ouverte. Les chrétiens d'Orient n'ont obtenu qu'un répit d'une couple de siècles avant que ne survienne un calife radical, archétype des mollah de nos jours qui s'est engagé dans une grande persécution des chrétiens orientaux. Il les convertissaient de force à l'Islam et faisaient fermer leurs églises. Il reste encore des ilôts de chrétienté orientale au Liban, en Éthiopie, en Irak et en Egypte, où on les nommes les Coptes, c'est-à-dire les "coupés" de l'Église centralisante impériale.

Mahomet avait grandi dans ce milieu et a été sûrement influencé par la compréhension faussée des nestoriens, des monophysistes et des ariens réfugiés en Orient puisque lui aussi niera la divinité de Jésus en le rabaissant au niveau des prophètes. Pensant être venue à bout essentiellement des hérétiques, l'Église, au contraire, allait se retrouver avec un défi autrement plus difficile à surmonter dans les siècles à veniur.

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