HISTOIRE DES LANGUES INDO-EUROPÉENNES
 


 

La Bible nous dit que l'origine des langues remontent à la tour de Babel. Selon Gn.10:2 Javan était un fils de Japhet, fils cadet de Noé. Javan était l'ancêtre des peuples grecs. Le nom propre grec Achaïe dérive de l'hébreu Javan en passant par le hittite. Japhet était l'ancêtre de tous les peuples parlant des langues indo-européennes ce qui explique des similarités dans le vocabulaire, la grammaire et la syntaxe entre des langues de pays aussi distancés que l'Inde (le sanskrit) et l'irlande. 
 
 
Français
Sanskrit
Grec
Latin
Anglais
Allemand
Indo-eur.

Anglais
Gallois
Gaélique
Français
Espagnol
Portugais
Italien
Latin
Allemand
Flamand
Islandais
Suédois
Polonais
Tchèque
Roumain
Albanais
Grec
Russe
Lithuanien 
Armenien
Perse
Sanskrit
 

pied
podas
podos
pedis
foot
fuss
ped-

month
mis
mi
mois
mes
mês
mese
mensis
Monat
maand
manudur
manad
miesiac
mesic
Iuna
muaj
men
mesyats
menuo
amis
mah
mas
 

pour
pra
pro
pro
for
ver
per-

mother
mam
mathair
mère
madre
mae
madre
mater
Mutter
moeder
modir
moder
matka
matka
mama
nënë
meter
mat'
motina
mayr
madar
matar
 

voir
véda
(w)eidos
videre
wit(ness)
witz
weid-

new
newydd
nua
nouveau
nuevo
novo
nuovo
novus
neu
nieuw
nyr
ny
nowy
novy
nou
i ri
neos
novy
naujas
nor
nau
nava
 

capot
kapalam
kephalè
caput
head
haupt
kap-

night
nos
oiche
nuit
noche
noite
notte
nox
Nacht
nacht
nott
natt
noc
noc
noapte
natë
nux
noch'
naktis
kisher
shab
nakt
 

Français
Sanskrit
Grec
Latin
Anglais
Allemand
Indo-eur.

Anglais
Gallois
Gaélique
Français
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Portugais
Italien
Latin
Allemand
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Islandais
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Roumain
Albanais
Grec
Russe
Lithuanien 
Armenien
Perse
Sanskrit
 

porter
bharami
pherô
ferre
bear
bahre
bher-

nose
trwyn
sron
nez
nariz
nariz
naso
nasus
Nase
neus
nef
nasa
nos
nos
nas
hundë
rhis
nos
nosis
kit
bini
nas
 

three
tri
tri
trois
tres
três
tre
tres
drei
drie
prir
tre
trzy
tri
trei
tre, tri
treis
tri
trys
yerek
se
trayas
 

La régularité des correspondances phonétiques est souvent troublée, en apparence seulement, par certains phénomènes constants suivant des règles déterminées dont voici les plus notable cellpadding=20s.

Selon la langue le  "p" se change en "f" ou en "b", le "d" en "t", le "v" en "w", le "k" en "h".

Toutefois ces variations ont suffi pour rendre incompréhensible les langues indo-européennes entre elles. Les gens qui les parlaient n'avaient plus le sentiment de faire partie de la même famille linguistique. Les grecs considéraient les autres comme des "barbares", des gens au parler rude Ro.1:14, Col.3:11.

Chaque langue indo-européenne présente ses propres variations dialectales, parfois le grec concordera avec le latin, parfois avec le celte ou l'arménien, ainsi de suite. Le développement linguistique est complexe. Les sujets parlants appartenant à un groupe empruntent constamment au parler des groupes sociaux voisins. 
 

HISTOIRE DE LA LANGUE GRECQUE

Quand les grecs sont venus occuper l'Achaïe  vers 4500 av. J.C., ils ont adopté une partie du vocabulaire des langues égéennes parlées par les gens qu'ils avaient conquis, spécialement les noms indécomposables qui se terminent par -euv, il s'agit surtout de noms de divinité tels yhseuv  "Thésée", Odusseuv "Odyssée", Acilleuv "Achille", Zeuv "Dieu", Basileuv "roi", celui qui est soutenu par Zeuv

Par contre quand les grecs ont developpé leur mythologie ils ont donné des noms grecs à leurs nouveaux dieux. Par exemple yhseuv a engendré Dhmofwn et  Acilleuv a engendré Neoptolemov etc.; les noms grecs propres sont surtout composés comme en indo-européen.

Les grecs ont employé aussi des termes étrangers soit pour désigner des réalités qui leur étaient inconnues auparavant soit que le terme étranger ait gagné la faveur populaire; par exemple yalassa "mer" (cf. thalassothérapie) n'est pas formé sur une racine grecque mais c'est le seul mot employé dans la littérature pour désigner la mer. Il y a aussi des noms d'arbres tels ampelwn "vigne", elaia "olivier", de métaux tels sidhreov "fer" (cf. sidérurgie) metallon "métal" dont le sens original désignait la tranchée dans le sol pour arriver au filon convoité et qui par la suite a désigné le filon lui-même.

Ce phénomène n'est pas unique au grec puisqu'il est vérifiable dans les langues d'aujourd'hui. Cela représente même un signe de vitalité. On a qu'a prendre l'exemple de l'anglais qui ne se gêne pas pour piger des mots étrangers depuis toujours. Les anglais originels, les Angles qui étaient de souche gothique n'y comprendraient que très peu de choses à l'anglais d'aujourd'hui.
 

L'ÉCRITURE

Vers 1450 av. J.C. apparaît sur l'île de Crète le Linéaire B en usage jusqu'en 1200 av. J.C.. Il s'écrivait avec un alphabet syllabique (un signe correspondant à une syllabe) inspiré de ceux utilisés par les hittites et les peuples de la Mésopotamie. Le linéaire B rendait fort mal les sons du grec archaïque, il n'a pas été conçu pour noter cette langue. Il a été inventé pour rédiger des documents dans la langue des nouveaux maîtres, les envahisseurs achéens qui parlaient grec. Il a probablement été inspiré d'une écriture antérieure le Linéaire A (non déchiffrée) qui a été employé dans toute la Crète. 

Les phéniciens réussissent les premiers à simplifier l'écriture en inventant un alphabet de 22 signes correspondant à toutes les consonnes de leur langue sémitique au lieu des alphabets syllabiques mal adaptés en écriture cunéiforme.

Les grecs ioniens l'ont adapté vers 900 av. J.C. en tranformant les consonnes superflues en voyelles. Par exemple la lettre H désignait auparavant la consonne H; les ioniens l'ont adapté pour désigner la voyelle èta H correspondant au son è au temps de Jésus et qui correspond aujourd'hui au son de la voyelle i. La première lettre de l'alphabet hébreu est aleph a;  elle est devenu en grec alpha A. Le yod y  est devenu le iota I. Le he  est devenu le epsilon E. Le waw w est devenu le digamma disparu au temps du N.T. et qui correspondait à la demi- voyelle w. La lettre ayin e est devenu le upsilon U. 

Jusqu'en 700 av. J.C. on écrivait de droite à gauche comme pour les langues sémitiques, ensuite on s'est mis à écrire de droite à gauche pour la première ligne, et de gauche à droite pour la deuxième, puis de droite à gauche pour la troisième et ainsi de suite en alternant à chaque ligne. 

Cette façon d'écrire s'appelle Boustréphon (sillon de boeuf) parce que son exécution rappelle les sillons des boeufs dans les champs. Enfin vers 500 av. J.C. de gauche à droite comme c'est le cas aujourd'hui pour toutes les langues européennes.

Il y avait de nombreux alphabets en usage dans les cités grecques; la forme des lettres, leur nombre et leur signification variaient. L'alphabet ionien a peu à peu supplanter les autres, la ville d'Athènes donnant le ton vers 400 av. J.C.

Tous les anciens manuscrits sont écrits en lettres majuscules (onciales). Il n'y avait que peu ou pas de ponctuation ce qui fait que c'est parfois ambigu de savoir où la phrase commence et où elle se termine. On voit un exemple de cela dans l'évangile de Jean:

Ex. cwriv autou egeneto oude en o gegonen en autw zwh hn Jn.1:3-4
a)  sans lui rien n'a été fait de ce qui a été fait. En lui était la vie 
b)  sans lui rien n'a été fait. Ce qui a été fait en lui était la vie
 

Les versions du N.T. grec avec lesquelles nous travaillons ont reçu de la part des éditeurs un système de ponctuation qui n'était pas dans les textes originaux, nous devons donc garder en mémoire que la ponctuation et les majuscules ont été placées arbitrairement selon le jugement des éditeurs et quelles ne font pas parties du texte inspiré de Dieu.

Ex. Ac.1:1 (à gauche) tiré du codex Vaticanus, 4ème s. ap. J.C. 
 

TONMENPRWTONLOGON 
EPOIHSAMHNPERIPANTW
WYEOFILEWNHRXATO
Ton men prwton logon
epoihsamhn peri pantw(n)
w Yeofile, wn hrxato
J'ai fait un premier récit
O Théophile, sur tout
ce qu'a commencé

Aussi il n'y avait pas d'espace entre chaque mot, ce qui pouvait parfois aussi porter à confusion. Dans le cas présent, certaines traductions prennent Théophile comme un nom propre tandis que d'autres le traduisent littéralement par "ami de Dieu"; puisque toutes les lettres sont des majuscules il est impossible de distinguer si Luc s'adressait à un homme appelé Théophile ou s'il s'adressait à une connaissance par l'appelation polie "ami de Dieu".

Ce n'est pas toujours évident, même en étudiant le contexte, de déterminer si une parole a été dite d'une manière ironique;

Ex. Jésus quand il racontait l'histoire du chameau qui passe par le trou d'une aiguille.

Paul, dans 1Co.7:1, cite-t-il les corinthiens ou émet-il sa propre opinion? 

Ex. Pour ce qui concerne les choses dont vous m'avez écrit: 
    "il est bon pour l'homme de ne point toucher de femme".

ou  Pour ce qui concerne les choses dont vous m'avez écrit, 
    je pense qu'il est bon pour l'homme de ne point toucher de femme.

Vers 900 ap. J.C. on a mis au point les lettres cursives ou courantes (minuscules) on pouvait les tracer sans quitter le papier. Ce système a prévalu depuis.
 

LES DIALECTES
 

Au début le grec était une langue pas mal uniforme, puis les communautés se distinguant les unes des autres on a vu se former  4 principaux dialectes. 

Vers 800 av. J.C. l'attique parlé par l'élite à Athènes, l'ionien parlé en Asie mineure à l'est, le dorien dans les colonies à l'ouest et le béotien dans les campagnes en Grèce. Sous Alexandre le grand la langue s'est réunifiée, ce qui fait qu'au temps de Jésus on parlait partout le grec commun (koïnè) composé à environ 70% attique, 20% ionien, 10% béotien, dorique et autres.

L'élimination des parlers locaux exprime le progrès de la culture et son unification. La koïnè était devenue une langue de civilisation, une langue seconde maîtrisée avec fierté par beaucoup de nations sans qu'elles délaissent leur langue originale (la grammaire et la syntaxe dans les papyrus étant souvent meilleures que chez les grecs de souche). 

C'est en grec, non pas en latin que Paul a écrit son épître aux romains. Les juifs d'Alexandrie en Égypte, devenue le nouveau centre de l'hellénisme à la place d'Athènes, ont dû faire traduire l'A.T. de l'hébreu en grec pour le rendre accessible à leurs congénères. On a appelé cette traduction la Septante (LXX). 

Le latin a arrêté en occident la progression du grec mais il n'y a réussi qu'en le calquant. Quand le christianisme s'est étendu il a porté avec lui l'influence de la langue grecque.

A l'époque byzantine la koïnè était considérée comme un autre dialecte et des nostalgiques tels Clément d'Alexandrie, Jean Chrysostome (Bouche d'or!) et Basile le grand, ont essayé de ramener le dialecte attique avec un succès mitigé.

Le christianisme acceptait pour langue officielle une langue qui repoussait les usages considérés vulgaires. Ce parti pris de l'Église n'a jamais disparu mais la langue littéraire statique s'éloignait de plus en plus de la langue parlée. 

La langue écrite a peu changé entre 400 et 900 ap. J.C. elle devenait de plus en plus artificielle car la prononciation se modifiait profondément. Beaucoup de formes grammaticales sont sorties de l'usage et il en a été crée d'autres, des mots ont disparus, remplacés par des mots nouveaux. 

La destruction de l'empire byzantin vers 1400 ap. J.C. et la domination turque n'a laissé subsister d'autre centre de l'hellénisme que le patriarchat de Constantinople et d'autre principe d'unité que l'Église.

L'Église orientale comme celle d'occident s'est faite gardienne de la langue littéraire mais celle-ci était devenue trop différente pour servir de norme aux parlers courants (homiloumenè: langue parlée). 

Quand vers 1800 ap. J.C. la domination turque à commencé à défaillir c'est tout naturellement sur la langue écrite (appelée katharévoussa: langue puriste) qu'on s'est appuyé pour donner à l'hellénisme renaissant la langue commune que nécessitait le sentiment recouvré de l'unité nationale.

La katharévoussa est devenue langue officielle malgré l'opposition de certains intellectuels en 1821. Le problème est que le principe même de cette langue était, depuis le commencement de l'ère chrétienne, de se distinguer de l'usage populaire vulgaire. Elle a permis au moins de se débarasser de tout le vocabulaire turque en puisant dans son vocabulaire écrit intact. 

La prononciation du grec moderne a été obtenue en gardant ce qui était commun à la plupart des hellènes. La base est celle du grec koïnè. 

Cette langue artificielle n'était parlée par personne au départ, elle se limitait à l'écriture. Elle avait ses avantages pour le vocabulaire technique et religieux. Son grave défaut était que le peuple ne la comprenait qu'à demi et n'en avait pas le sentiment.

Il s'est produit par la suite une réaction, la plupart des écrivains ont éprouvé le besoin d'écrire d'une manière expressive et n'ont pu faire autrement que d'emprunter au peuple ses mots et ses tournures de phrase. Ce processus est récent; par exemple ce n'est que depuis 1976 qu'il n'y a plus qu'un accent par mot.

Dans cet ouvrage il faut comprendre par grec "démotique (populaire)" le grec moderne d'avant la réforme des accents en 1976 et par grec "homiloumenè (parlé)" le grec moderne comme on l'écrit présentement. 

Le grec moderne est une version simplifiée de la koïnè; vocatif, datif, optatif, verbes en -mi, aoriste second, infinitif entre autres ont disparu.


 









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