Les obstacles de la foi
1° La désobéissance

Il va sans dire que la foi est subordonnée à l'obéissance et à la droiture de notre coeur et de notre vie. En effet, nous ne pouvons pas avoir la foi en Dieu et pécher de manière délibérée. Même une vie non sanctifiée est fatale à notre foi, aussi grande soit-elle, car le coeur charnel n'est pas la terre dans laquelle notre foi peut croître. Le fruit de l'Esprit est toujours entravé quand le coeur se laisse envahir par les mauvaises herbes du péché et par une complaisance obstinée. La raison pour laquelle un grand nombre de chrétiens ont si peu de foi, c'est qu'ils vivent plongés dans le monde et en eux-mêmes, et qu'une partie de leur vie est, jusqu'à un certain point, séparée de Dieu et de la sainteté.

Quand on veut construire un observatoire, on choisit toujours un emplacement situé au sommet d'une haute montagne. On cherche, en effet, à trouver un endroit offrant une vue claire et imprenable sur le ciel. Ainsi en est-il de la foi qui, pour avoir une vision céleste, doit évoluer sur les hauts plateaux de la sainteté et de la séparation du péché, et a besoin du ciel pur d'une vie consacrée.

2° Le doute

La foi est également entravée par la façon faible et antiscripturaire dont un si grand nombre de gens excusent leur incrédulité, et aussi par leur façon de parler à la légère du péché qui consiste à douter de Dieu. Si nous voulons avoir une foi solide, nous devons la considérer comme une obligation impérative et sacrée. Ensuite croyons en Dieu de façon inébranlable et ferme, et refusons de douter de lui, ne fût-ce qu'une seconde.

Ne disons jamais que nous ne pouvons pas croire. Il est vrai que nous ne pouvons pas croire par nous-mêmes, mais Dieu nous a donné la puissance de croire, pourvu que nous choisissions de le faire. Cessons donc de fermer les yeux sur notre incrédulité et d'atténuer nos doutes comme s'ils n'étaient que des faiblesses sans conséquence ou des incidents fâcheux. Au lieu de cela : «Prenez garde, frères, que quelqu'un de nous n'ait un coeur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant» Hé.3:12.

3° La sagesse humaine

La foi est encore entravée par notre dépendance sur la sagesse humaine, que ce soit la nôtre ou celle des autres. Le premier appât que Satan tendit à Ève fut une offre de sagesse, pour laquelle d'ailleurs elle vendit sa foi. «Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal» Ge.3:5, lui promit-il, et dès l'instant où elle a commencé à «savoir», elle cessa d'avoir confiance.

Ce sont les espions qui perdirent le pays promis au peuple d'Israël. C'est leur proposition insensée d'aller explorer le pays et découvrir si Dieu avait dit ou non la vérité qui les conduisit à l'incrédulité et, par conséquent, qui ferma la porte du pays de Canaan à toute une génération. Il est très révélateur que les noms de la plupart de ces espions évoquent la sagesse humaine, la grandeur et la célébrité.

Il en fut de même au temps de Christ : c'est l'asservissement des Juifs aux traditions de leurs pères et aux opinions des hommes qui les empêchèrent de le recevoir, lui, leur Messie. «Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ?» Jn.5:44 Aujourd'hui, ce même problème est à l'origine des limitations que connaît l'Église sur le plan de la foi. On évalue la Bible au moyen des critiques humaines; et les promesses de Dieu sont pesées dans la balance des probabilités naturelles et de la raison humaine.

Notre propre sagesse est tout aussi dangereuse si elle se substitue à la simple parole de Dieu. Par conséquent, si nous sommes résolus à faire confiance au Seigneur de tout notre coeur, nous ne devons pas nous appuyer sur notre propre compréhension, Pr.3:5

4° Notre suffisance

Notre suffisance et notre entêtement à vouloir dépendre de nos propres forces constituent également des entraves à la foi. Par conséquent, avant que nous puissions avoir une confiance absolue en Dieu, il doit nous réduire à l'impuissance. Son intervention la plus puissante se produit généralement à l'heure de notre plus grande faiblesse.

Dieu vous a-t-il amené au bout de vos forces ? Réjouissez-vous et soyez infiniment heureux, car c'est là que commence son omnipotence, pourvu que la foi veuille seulement se jeter dans ses bras puissants et proclamer comme les hommes de jadis: «Éternel, toi seul peux venir en aide au faible comme au fort : viens à notre aide, Éternel, notre Dieu ! car c'est sur toi que nous nous appuyons, et nous sommes venus en ton nom contre cette multitude» 2Ch.14:10

5° Nos sens

La foi est entravée par la vue, par ce qui touche nos sens, et par notre dépendance stupide de tout ce qui est évidence extérieure. L'invisible, voilà la vraie évidence dans laquelle nous devons vivre et croître. C'est pourquoi toutes les choses visibles doivent disparaître sous nos yeux avant que nous puissions vraiment croire. Quand nous ne regardons pas aux choses qui peuvent se voir, mais aux choses qui ne se voient pas, celles-ci deviennent réelles, plus réelles même que les choses qui font appel à nos sens. Ensuite, Dieu les rend réelles par des actions concrètes. Cependant, la foi doit d'abord faire un pas dans l'inconnu et marcher sur les eaux à la rencontre de Jésus - non ! il s'agit bien plus d'une marche dans ce qui est aussi vide que l'air ! Au milieu du vide, la foi trouvera toujours du roc sous les pieds !

C'est comme l'histoire du voyageur dans les Alpes qui était arrivé au bout d'un sentier de montagne. Ce sentier disparaît soudain sous une énorme masse de glace et de neige, transformée plus loin en torrent souterrain. Devant notre voyageur se dressait la montagne austère, et derrière lui s'étendaient les kilomètres de solitude déjà parcourus. Que devait-il faire ? Soudain, son guide s'exclama: «Suivez-moi!» Puis, plongeant dans les eaux bouillonnantes, il disparut aux yeux du voyageur. C'était une entreprise terrifiante; mais il n'avait d'autre choix que de suivre son guide ou de mourir !Il y eut un choc brusque au contact de l'eau glacée, le tourbillonnement du courant et la noirceur terrifiante des ténèbres, puis soudain la lumière jaillit. En reprenant son souffle, le voyageur se trouva étendu sur la rive d'un ruisseau paisible. Il avait réussi à atteindre l'autre côté de la montagne à travers le tunnel que le flot puissant avait creusé ! Le chemin invisible l'avait conduit à la vie et à la lumière.

De la même manière, la foi marche souvent sur des sentiers mystérieux, mais Dieu les éclaire toujours. Notre hésitation à ajouter foi à ce que Dieu dit avant d'oser prendre au pied de la lettre la vérité toute nue de sa promesse, ne constitue-t-elle pas justement cet obstacle à notre foi ? Seule votre foi est une ferme assurance des choses que vous espérez, une démonstration de celles que vous ne voyez pas, cf. Hé.11:1. Que Dieu nous aide à marcher par la foi et non par la vue!

C'est parce que ces choses sont vraies que Dieu doit nous entraîner à marcher sur le chemin de la foi par des difficultés, des épreuves et des refus apparents, jusqu'à ce que, comme la femme syro-phénicienne, nous croyions simplement et refusons d'essuyer des refus. Il attend toujours de récompenser notre confiance par ces mots heureux: «Grande est ta foi ! Qu'il te soit fait comme tu veux !» Mt.15:28.

6° Notre propre foi

En dernier lieu, la foi est surtout entravée par ce que nous appelons «notre foi». Par des efforts stériles, nous cherchons à mettre en action une foi qui n'est somme toute qu'un semblant de foi, un effort désespéré pour faire confiance à Dieu. Ce semblant de foi nous a fait malheureusement toujours passer à côté des nombreuses et glorieuses promesses de Dieu. La vérité est que la seule foi qui soit à la hauteur des promesses fantastiques de Dieu et de nos besoins innombrables, est «la foi au Fils de Dieu» Ga.2:20. La foi dont nous avons besoin est celle que Dieu insuffle dans le coeur de celui qui, en toute sagesse, espère ne lui. La foi de Dieu nous donnera la puissance de vivre, d'obéir et d'accomplir tout autre exercice de la vie nouvelle.

(...)«Ayez foi en Dieu» Mc.11:22. «Je vis dans la foi au Fils de Dieu», tel est le témoignage glorieux de quelqu'un qui en a lui-même fait l'expérience.

À la lumière de cette grande povision, écoutez maintenant la promesse puissante, puis levez-vous dans sa foi pour proclamer: «Tout est possible à celui qui croit» et dites-lui: «Seigneur, je crois ! Viens au secours de mon incrédulité !» Mc.9:24.

Ce moteur puissant de force spirituelle est placé entre nos mains par celui dont l'amour est tout-puissant. Allons-nous réclamer cette foi et, avec l'aide de Dieu, atteindre ses possibilités les plus grandes ? Dès cet instant, allons-nous la brandir comme une arme céleste sur le champ de bataille de la vie chrétienne et des luttes ? Utilisons-la pour tout ce à quoi Dieu nous a appelés au milieu des grands conflits du siècle, et pour le Royaume de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

- A. B. Simpson










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