L’amyraldianisme
Né en septembre 1596 à Bourgueil, mort le 8 janvier 1664 à Saumur, Moïse Amyraut est un théologien protestant français. L’un des théologiens les plus distingués et les plus influents du XVIIe siècle, il occupa une place importante dans l’histoire de la théologie réformée.
L'amyraldianisme est le système de théologie réformée proposée par le théologien français Moïse Amyraut et ses associés à l'Académie de Saumur au 17e siècle. Ses enseignements distinctifs en rapport avec d'autres systèmes (calvinisme, arminianisme et luthérianisme) se concentraient sur les doctrines de la grâce, de la prédestination et du dessein de l'expiation.

Fondamentalement, Amyraut s'engagea dans une controverse avec les calvinistes de son temps qui ont façonné leur système théologique autour du décret de la prédestination. La théologie réformée du 17e siècle tournait autour de l'élection souveraine et de la réprobation. Amyraut insistait que la doctrine principale de la théologie chrétienne n'est pas la prédestination mais la foi qui justifie. (...) Pour Amyraut, la prédestination est un mystère impénétrable qui offre une explication au fait que certains acceptent Christ alors que d'autres le rejettent.

(...) L'alliance de la grâce établie entre Dieu et l'humanité requière la foi dans l'oeuvre accomplie par Christ. Dans l'amyraldianisme, l'alliance de la grâce est divisée en deux parties : une alliance conditionnelle de grâce universelle et une alliance inconditionnelle de grâce particulière. Pour quelle soit actualisée, la grâce universelle demande que la condition de la foi soit remplie. Pour l'alliance inconditionnelle de grâce particulière, elle prend racine dans le bon plaisir de Dieu, elle n'appelle pas la foi comme condition, plutôt elle crée la foi chez la personne qui est élue.

La théologie de l'alliance d'Amyraut - particulièrement sa division de l'alliance de la grâce en une alliance conditionnelle de grâce universelle et une alliance inconditionnelle de grâce particulière - procure la base à une distinction unique de l'amyraldianisme, c'est-à-dire, la doctrine de la prédestination universelle hypothétique. Selon Amyraut, il existe une volonté de Dieu à deux volets dans la prédestination - une volonté universelle et conditionnelle de même qu'une volonté particulière et inconditionnelle. Concernant la première, Amyraut enseignait que Dieu voulait le salut de tous à condition qu'ils croient. Cette volonté de Dieu universelle, conditionnelle est faiblement révélée dans la nature mais de manière claire dans l'évangile de Christ. Ce qui est implicite dans cette première volonté est l'affirmation suivante : si la personne ne croit pas, Dieu n'a pas, en fait, voulu qu'elle soit sauvée. Sans l'accomplissement de cette condition (la foi) le salut procuré par Christ n'a pas d'effet. Amyraut base sa doctrine de la prédestination universelle hypothétique sur des textes bibliques tels que Ez.18:23, Jn.3:16 et 2Pi.3:9.

Ez.18:23 Est-ce que je désire avant tout la mort du méchant? --oracle du Seigneur, l'Éternel. N'est-ce pas qu'il se détourne de sa voie et qu'il vive?

Jn.3:16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle.

2Pi.3:9 le Seigneur ne retarde pas (l'accomplissement de) sa promesse, comme quelques-uns le pensent. Il use de patience envers vous, il ne veut pas qu'aucun périsse, mais (il veut) que tous arrivent à la repentance.

Amyraut reconnaissait que même si l'homme possédait des facultés naturelles (l'intelligence et la volonté) par lesquelles il pouvait répondre à l'offre universelle de la grâce de Dieu, en fait, il souffrait de l'incapacité morale causée par les effets corrupteurs du péché dans sa pensée. Par conséquent, à moins d'être renouvelé par le Saint-Esprit, le pécheur est incapable de venir à la foi. Précisément, à ce point, la volonté particulière, inconditionnelle de Dieu, qui est cachée dans les conseils de la trinité, vient en action. Puisqu'aucun pécheur est capable de venir à Christ de son propre chef, dans sa grâce Dieu choisit de créer la foi et en sauver certains alors que dans sa justice il choisit d'en réprouver d'autres. Amyraut souligne le fait que la volonté particulière, inconditionnelle de Dieu est cachée et impénétrable. L'homme limité ne peut la connaître. Donc la créature ne doit pas s'engager dans de vaines spéculations concernant les objectifs secrets de Dieu concernant l'élection et la réprobation. En pratique, le prédicateur chrétien ne doit pas se demander si un tel est élu ou réprouvé. Plutôt, il doit prêcher Christ comme étant le Sauveur du monde et présenter la foi dans son oeuvre suffisante. Seulement la volonté universelle, conditionnelle de Dieu est l'objet légitime de la contemplation religieuse. L'amyraldianisme implique donc un universalisme purement idéal avec un réel particularisme.

La question de l'intention ou de l'étendue de l'expiation de Christ est implicite dans la discussion qui suit. L'amyraldianisme postule un dessein universel dans l'expiation avec une application particulière dans ses bénéfices. Le salut effectué par Christ était destiné à tous les hommes également. Christ est légitimement mort pour tous. Néanmoins, seulement les élus viennent actuellement à jouir des bénédictions du salut. L'amyraldianisme soutient donc la formule suivante: «La mort de Jésus-Christ suffit pour tous les hommes, mais elle est efficace seulement pour les élus.»

Amyraut croyait que ses enseignements sur la volonté à deux volets de Dieu et son intention à deux volets concernant l'expiation dérivait de Calvin lui-même. Il percevait sa théologie comme un correctif au calvinisme du 17e siècle qui niait la volonté universelle, conditionnelle de Dieu à cause de sa préoccupation du décret inconditionnel. Il en a débouté aussi avec l'arminianisme, qui manquait de voir que le salut d'une personne était effectivement enraciné dans le plan absolu de Dieu conçu selon son souverain plaisir. Et finalement, l'amyraldianisme a procuré un rapprochement avec le luthérianisme et son intérêt dans la justification par la foi et l'universalité de l'oeuvre expiatoire de Christ. Certains théologiens réformés qui ont suivi tels que Charles Hodge, W.G.T. Shedd et B.B. Warfield ont insisté que l'amyraldianisme était une synthèse inconsistante de l'arminianisme et du calvinisme. D'autres, cependant, comme H. Heppe, R. Baxter, S. Hopkins, A.H. Strong et L.S. Chafer ont soutenu que cela représente un retour un vrai esprit des Saintes Écritures.

- B.A. Demarest, dans Evangelical Dictionary of Theology, traduit par le webmestre





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