La deuxième bénédiction

John Wesley 1703-1791

Charles Finney 1792-1875

Au 17e et 18e siècle plusieurs piétistes ont commencé à mettre l'emphase sur l'expérience spirituelle après la conversion, quelques Puritains du 17e siècle, surtout Thomas Goodwin et John Owen, soutenaient que dans cette expérience le Saint-Esprit scellait le croyant avec la confiance d'être un enfant bien-aimé de Dieu. Ils ne voyaient pas de connexion entre l'expérience et les signes ou prodiges; ils la percevaient principalement comme une bénédiction d'illumination.

Voici ce que raconte William DeArteaga dans son livre «Quenching the Spirit» à propos du cheminement doctrinal qui a mené au pentecôtisme:

«Le mouvement évangélique foi-Guérison

L'environnement théologique

A travers tout le 19ème siècle le Saint-Esprit s'est manifesté dans de puissants réveils, défiant la doctrine du cessationnisme au moment même où elle atteignait son influence maximale. Des réveils se sont produits en Angleterre, en Afrique du Sud, en Inde et aux U.S.A. et ont apporté avec eux les différents dons de l'Esprit pour que tous voient. Jn.14:26.

Un de ces réveils pré-pentecôtistes était le mouvement Sainteté (Holiness) qui avait ses racines dans les écrits de John Wesley et des premiers méthodistes mais qui s'est développé comme un mouvement de réforme générale du protestantisme américain. Le mouvement Sainteté recherchait un plus grand engagement dans la vie chrétienne que celui qu'on retrouvait dans les églises principales. Une autre réforme et mouvement de réveil était le perfectionnisme qui s'est développé d'après les enseignements et le ministère de Charles Finney. Ce mouvement aussi recherchait une compréhension plus grande et des standards plus élevés dans la vie chrétienne que ce que les évangéliques avaient été accoutumés.

Les deux mouvements croyaient en un second stage d'expérience spirituelle après l'expérience du salut. Wesley l'appelait la deuxième bénédiction. Finney lui a donné son terme biblique, le baptême du Saint-Esprit. Les deux mouvements se sont confrontés à la théologie prédominante calviniste des expériences spirituelles limitées, et les deux ont produit des manifestations sporadiques des dons de l'Esprit. Du mouvement perfectionniste est sortie la théologie plus sophistiquée du Saint-Esprit et de ses dons de notre époque.»


Le baptême du Saint-Esprit est en effet une terme biblique, la nouveauté était de ne plus l'associer nécessairement à la conversion. Dans les Actes des apôtres, comme il se produisait souvent à la conversion, on y faisait aussi référence comme étant la descente Ac.10:44, la venue du St-Esprit 1:8, la réception du St- Esprit Ac.8:18, Ac.10:47 le don du St-Esprit Ac.2:37, 10:45 l'onction de l'Esprit Ac.10:38. Dans le cas des apôtres, ils avaient déjà reçu le Saint-Esprit quand Jésus l'avait soufflé sur eux (Jn.20:22) mais ils n'avaient pas été baptisés du Saint-Esprit encore. Alors à la Pentecôte, le Saint-Esprit est descendu sur eux avec puissance, non seulement avec les langues mais aussi avec la hardiesse de témoigner (Actes 1 et suite).

Pour évangéliser efficacement Finney affirme qu'il faut recevoir la puissance d'en haut, être baptisés du Saint-Esprit, c'est vrai puisque Jésus l'affirme lui-même dans Ac.1:4-5 et les effets ont été probants, cf. Ac.2:37-43

Ac.2:37 Après avoir entendu ce discours, ils eurent le coeur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres: Hommes frères, que ferons-nous?
38 Pierre leur dit: Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit.
39 Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.
40 Et, par plusieurs autres paroles, il les conjurait et les exhortait, disant: Sauvez-vous de cette génération perverse.
41 Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s'augmenta d'environ trois mille âmes.
42 Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.
43 La crainte s'emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres.


Finney applique cette injonction de Jésus «à tous les chrétiens, de toutes les époques et de toutes les nations» à rechercher le baptême du Saint-Esprit comme s'ils ne l'avaient pas reçu à leur conversion. Il se sert ensuite du passage de Lu.11:13-14 où Jésus disait à ses disciples avant la Pentecôte que s'ils demandaient le Saint-Esprit à Dieu que celui-ci, en bon père qu'il est, de leur accorder, ce qui s'est produit effectivement le jour de la Pentecôte. Comme nous le verrons plus loin, il a mélangé «baptême de l'Esprit» et «plénitude de l'Esprit».

Finney nous donne son témoignage:

Pour la seule gloire de Dieu je parlerai de mon expérience dans ce domaine. Je fus puissamment converti un 10 octobre au matin. Le soir du même jour, et le lendemain matin, je reçus d'extraordinaires baptêmes dans le Saint-Esprit, qui me semblèrent traverser mon corps et mon âme. Je me vis aussitôt revêtu d'une telle puissance d'en haut que quelques paroles adressées ici et là à quelques personnes furent le moyen de leur conversion immédiate. Mes paroles semblaient transpercer l'âme des hommes comme des fils barbelés. Elles tranchaient comme des épées. Elles brisaient le coeur comme un marteau. Des multitudes peuvent l'attester. Souvent, un simple mot, sans que je m'en souvienne, donnait une conviction de péché, et entraînait souvent presque qu'une conversion immédiate. Souvent j'ai senti que cette puissance, dans une grande mesure, m'avait quitté. J'allais faire une visite, et je voyais que je n'avias donné aucune conviction de salut. J'exhortais et je priais, mais sans plus de résultats. Je devais alors mettre un jour à part pour jeûner et prier en privé, craignant que cette puissance m'ait quitté, et cherchant avec angoisse quelle était la raison de cette apparente stérilité. Après m'avoir humilié et crié à Dieu pour qu'il m'accorde son aide, cette puissance m'était rendue dans toute sa fraîcheur. Telle a été mon expérience personnelle.
En fait, si Finney avait employé le terme «plénitude de l'Esprit» au lieu de «baptême de l'Esprit», sa théologie aurait bien appuyé son expérience authentique semblable à ce qu'on a lu dans Ac.2:37-43. Nous pouvons et avons besoin de prier pour recevoir la plénitude de l'Esprit après notre conversion où nous avons été baptisés dans l'Esprit. Les apôtres avec les 120 avaient été remplis du Saint-Esprit à la Pentecôte mais cette plénitude s'en était allée pour certains. Après avoir été emprisonnés et menacés, Pierre et Jean racontèrent aux chrétiens leurs péripéties et tous se mirent en prière. Suite à leur prière, il y eut un tremblement de terre et ils furent tous à nouveau remplis du Saint-Esprit et purent annoncer l'évangile avec assurance malgré l'opposition et convaincre les gens de se tourner vers Dieu en plaçant leur foi en Jésus, cf. les apôtres dans Ac.4:19-31. Car le ministère premier du Saint-Esprit est de convaincre le monde de péché, de justice et de jugement, cf. Jn.16:8-11 alors ceux qui sont remplis du Saint-Esprit auront, dans les mots de Finney, «la puissance d'implanter des convictions de salut dans les pensées des hommes». Remplis du Saint-Esprit les chrétiens sont en mesure d'accomplir la tâche que Jésus leur a confiée d'aller faire de toutes les nations des disciples.

Finney offre d'excellentes raisons pour lesquelles les chrétiens ne sont pas remplis de l'Esprit malgré leurs prières et ne portent pas de fruits dans l'évangélisation:

  1. Nous ne voulons pas, tout compte fait, obtenir ce que nous désirons et demandons.
  2. Dieu nous a formellement prévenus que si nous conservions l'iniquité dans notre coeur, il ne nous entendra pas. Mais celui qui prie est trop souvent indulgent envers lui-même. C'est de l'iniquité et Dieu ne l'entendra pas.
  3. Nous manquons d'amour
  4. Nous critiquons
  5. Nous nous confions en nous-mêmes
  6. Nous résistons à la conviction de péché
  7. Nous refusons de confesser nos péchés à tous ceux qui sont concernés
  8. Nous refusons de restituer ce que nous devons à ceux que nous avons lésés
  9. Nous avons des préjugés et nous soupçonnons le mal
  10. Nous avons du ressentiment
  11. Nous avons un esprit de vengeance
  12. Nous avons des ambitions mondaines
  13. Nous nous sommes engagés à faire quelque chose et par malhonnêteté, nous négligeons de le faire et refusons toute lumière supplémentaire
  14. Nous ne pensons qu'à notre dénomination
  15. Nous ne pensons qu'à notre assemblée
  16. Nous résistons aux enseignements du Saint-Esprit
  17. Nous attristons le Saint-Esprit par nos disputes
  18. Nous éteignons le Saint-Esprit par notre entêtement à justifier le mal
  19. Nous lui résistons en faisant preuve d'indulgence envers notre mauvais caractère
  20. Nous attristons le Saint-Esprit parce que nous ne veillons pas assez
  21. Nous ne sommes pas honnêtes dans les affaires
  22. Nous sommes indolents et impatients quand nous nous attendons au Seigneur
  23. Nous faisons preuves d'égoïsme sous diverses formes.
  24. Nous sommes négligents dans nos affaires, dans l'étude de la Parole et la prière
  25. Nous nous laissons trop absorber par nos études ou nos affaires, au détriment de la prière
  26. Nous ne sommes pas totalement consacrés
  27. 27. En dernier lieu, ce qui est le plus grave, nous résistons au Saint-Esprit par notre incrédulité. Nous prions pour recevoir ce revêtement de puissance, sans nous attendre à le recevoir.
Finney m'édifie beaucoup, il n'est pas sans rappeler l'apôtre Paul, c'est un grand homme de Dieu, comme Paul il était souvent faible physiquement et malade et la puissance de Christ agissait puissamment en lui.

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