La communion spirituelle et éternelle au corps de Christ.


La communion spirituelle (non physique ni spatiale) et éternelle (extratemporelle) au corps de Christ.

Paul nous dit que le pain que nous mangeons nous fait communier au corps de Christ 1Co.10:16, 11:24.

Il ne s'agit pas de transsubstantiation, la dimension matérielle reste la même, le pain reste du pain, contrairement à Cana où l'eau est devenue du vin, le vin ne devient pas le sang du Christ dans la Cène.

Le vin reste du vin sur le plan matériel, alors qu'à Cana, sur le plan matériel l'eau n'était plus du vin et sur le plan spirituel rien n'y était rattaché.

Dans la Cène il y a donc une réalité matérielle et une réalité spirituelle. La réalité matérielle, ce qui est visible est passager; le pain va soit être digéré par l'estomac, soit être détruit par les éléments de la nature; feu, pourriture, etc. La réalité spirituelle, ce qui est invisible ne passera pas, le corps du Christ présent avec le pain ne vieillit pas - il est de pain de vie - , ne se digère pas, ne se divise pas quand le pain est rompu, il reste toujours le même, même après avoir été assimilé dans la dimension physique qui lui est associé.

Pareillement, nous sommes le corps du Christ, alors que notre être extérieur se détruit, suivant le même chemin que le pain visible éphémère, notre être intérieur à l'image du corps du Christ ressuscité se renouvelle chaque jour et est toujours aussi «jeune» 2Co.4:16, Col.3:10. Il ne vieillit pas, il n'est pas sujet aux limitations du temps, et il est présent aussi partout où Jésus se trouve Jn.12:26. Il n'est pas sujet aux limitations de l'espace, comme Christ qui était dans les lieux célestes tout en étant sur la terre Jn.3:13, le chrétien est assis dans les lieux célestes en Christ selon le mode spirituel Ep.2:6 et Jésus est aussi présent en esprit avec chaque croyant Col.2:5, même s'il est absent de corps 1Co.5:3.

Le corps physique fait partie de la dimension matérielle et est assujetti aux lois régissant le temps et l'espace physique dans lequel le corps évolue, le corps ne peut qu'être à un seul endroit à la fois (loi de l'espace) et il subit aussi le processus de vieillissement incontournable (loi du temps).

Mais dans la dimension spirituelle où Dieu évolue en esprit conjointement avec le nôtre, le chrétien est en esprit partout où Jésus se trouve, «Là où je suis, là aussi sera mon serviteur» Jn.12:26, Et où est Jésus? Assis dans les lieux célestes et présent tous les jours jusqu'à la fin du monde avec tous ceux qui croient en lui Mt.28:20.

Donc au niveau spirituel, l'unité est déjà réalisée Jn.17:22, tous les chrétiens sont ensemble et forment le corps du Christ Ep.5:30, il y a un seul corps et un seul esprit Ep.4:4, qu'il soient ou non, réunis dans le temps et l'espace régissant notre corps.

Plus encore, ce qui arrive à un membre du corps de Christ affecte non seulement ce membre mais tous les autres membres 1Co.12:26 et la tête aussi, - Jésus souffre et se réjouit avec nous, notre amour le réjouit et notre indifférence le choque - 1Co.12, si on se cogne sur le pied, les effets vont se rendre vite au cerveau, les circuits synaptiques vont s'activer et cela va se manifester par nos cordes vocales... De même les prophètes sont les cordes vocales du Christ quand un membre du corps trébuche dans le péché... Tout le corps est affecté même si la main ne ressent pas la douleur subie par le pied, même si elle ne s'en rend pas compte.

D'où l'appel impératif de Paul d'ôter le méchant du milieu de l'Église, les cancers doivent être opérés rapidement avant d'infecter tout le corps, - Seigneur, que je n'en sois pas un! - On voit dans l'Ancien Testament les résultats catastrophiques dans la guerre quand certains membres du peuple avaient péché, il en est de même dans la guerre spirituelle que nous livrons à l'Ennemi dans les lieux célestes, dans la dimension spirituelle... Ceci n'aurait pas de sens si la réalité était limitée au temps et à l'espace matériels, visibles et éphémères.

De même, si notre corps est éloigné d'une grande distance dans le temps et dans l'espace de la crucifixion de Jésus, il n'en reste pas moins que nous avons été crucifiés avec Christ, Ro.6:6, Ga.2:20, par l'esprit de foi qui nous fait accéder à la dimension spirituelle.

Quand Jésus dit:

«Quand j'aurai attiré élevé, j'attirerai tous les hommes à moi» Jn.12:32

Ce n'est pas seulement pour venir le contempler crucifié sur la croix en train de mourir pour nos péchés mais c'est pour nous inviter à monter sur la croix avec lui! Dans le temps et l'espace matériel, seulement une poignée de gens ont assisté à sa crucifixion, mais dans la dimension spirituelle, l'humanité entière est attirée à la croix.

Dans cette dimension spirituelle nous sommes appelés à saisir toujours plus profondément la communion des souffrances de Jésus et la puissance de sa résurrection et à l'intégrer dans notre vie, Ph.3:8-10. Et par le baptême nous avons été ensevelis aussi avec Lui dans le tombeau de Joseph d'Arimathée et nous sommes revenus avec Lui à la vie Ro.6:3-10 afin de vivre en union avec le Christ ressuscité, Jésus est maintenant notre vie, Il vit en nous l'amour qu'Il a pour son Père et qui Le motive à vouloir Lui plaire en toutes choses, car l'amour c'est rechercher le bonheur des autres, cf. Hé.10:5, Ac.20:35.

Dans la dimension spirituelle, la quatrième dimension, Dieu, étant esprit, y évolue en dehors du temps et de l'espace, il règne dans son royaume dont on ne peut dire: voici, il est ici ou il est là! Dieu demande à ses sujets de l'adorer selon le mode en vigueur dans son royaume, c'est-à-dire en esprit Jn.4:24, ce qui fait qu'il demande à être adoré partout et tout le temps.

Jésus était toujours conscient de cette dimension spirituelle et ses paroles étaient aussi porteuses de vie spirituelle Jn.6:63, quand il dit que nous devions manger son corps et boire son sang pour vivre éternellement, il parlait de son corps dans sa dimension spirituelle qui donne la vie spirituelle, non de pain physique qui deviendrait son corps physique, il parlait de l'Agneau immolé Ap.5:6 hors du temps et de l'espace Ap.13:8, 21:23 qui est digne de recevoir l'honneur et la gloire Ap.5:12, car il ôte le péché du monde. Jn.1:29, Ap.12:11.

Ce télescopage du temps et de l'espace que nous vivons en Christ ne nous est pas unique. Ceux qui refusent l'amour de Dieu et rejettent Jésus sont associés, identifiés à celui qui l'ont crucifiés, c'est pourquoi Jean dit qu'au retour du Seigneur, ils verront celui qu'ils ont percé, Ap.1:7 même si les auteurs de la crucifixion de Jésus sont morts depuis des milliers d'années et que Jésus va se montrer sur la surface de la terre entière, ce qui inclue aussi à l'extrémité opposée aussi du lieu où il a été crucifié dans l'espace.

Ce même télescopage du temps et de l'espace se voit aussi dans le fait que Lévi a payé la dîme d'une certaine manière, - c'est-à-dire dans la dimension spirituelle hors du temps et de l'espace - avant même d'être né par participation et solidarité humaine avec Abraham Hé.7:9-10. De même, par solidarité tous ont péché en Adam et tous revivent aussi en Christ, cf. Ro.5.

Par le baptême et la Cène, le temps et l'espace sont aussi télescopés, ces rites laissés par Jésus, nous font sortir de la dimension temporelle et spatiale d'après les textes de Paul cités auparavant. Cela fait partie des choses difficiles à comprendre, encore plus pour nous qui sommes distanciés par la signification du langage.

La conception même des verbes en grec et en hébreu étaient axée plus sur la qualité de l'action que le point dans le temps où elle s'était produite. Malheureusement toute notre pensée occidentale est «synapsée» en fonction de la classification temporelle, passé, présent, avenir.

Il en est ainsi depuis le Moyen Age, nous, les occidentaux, sommes maintenant habitués à la philosophie matérialiste d'Aristote qui avait été redécouverte via les croisades contre les arabes. Cette vision matérialiste a fait que les catholiques y ont vu une répétition du sacrifice expiatoire (en contradiction flagrante avec Ro.6:10, Hé.7:27, 9:12, 10:10 «une fois pour toutes»); le pain devenant le corps du Christ et le vin devenant son sang (Jésus et Paul disaient pourtant en grec, eimi (être; ceci est mon corps) et non ginomai (devenir; ceci devient mon corps), impliquant par là un état immuable et non changeant, le pain azyme restant du pain matériel sans transsubstantiation et le corps du Christ restant son corps spirituel glorifié) alors que les protestants en réaction à tous ce qui sentait catholique, ont aussi passé à côté du sens en ne lui attribuant qu'un exercice mental de la mémoire; la position exprimée par Zwingli.

Il semble plutôt que le sens des paroles de Jésus était que le pain, tout en restant du pain, sur le plan matériel, visible, éphémère, avait maintenant une nouvelle signification sur le plan spirituel, invisible, éternel, il était maintenant aussi son corps, mais cela n'affectait nullement la réalité physique du pain, le pain n'était pas devenu son corps, pas plus que le sort réservé au pain n'affectait la réalité spirituelle du corps du Christ qu'il représentait aussi.

Comme on a vu, dans le domaine de la foi, il y a plusieurs exemples analogues dans les Écritures de la dimension spirituelle invisible associée à la dimension physique, cela semblait faire partie de leur compréhension normale, naturelle, de leur vision à double volets du monde visible et du monde invisible qu'on a tant perdu de vue dans notre société matérialiste et rationaliste.

Jésus se fait baptiser, il sort de l'eau et se met à prier, le ciel s'ouvre et l'Esprit descend sous forme corporelle d'une colombe. Dans la dimension matérielle, ce n'était qu'une simple petite boule de chair et de plume, délicate et fragile, mais dans la dimension spirituelle c'est l'Esprit de puissance capable de chasser les démons. Avec Dieu la réalité totale englobe bien plus que ce qui frappe les yeux. Parlez-en au serviteur d'Élisée qui paniquait, étant entouré d'une armée humaine. Élisée qui vivait dans l'Esprit ne se faisait pas, car il voyait une armée supérieure en force et en nombre de son côté. De même Jésus dans le bateau assailli par les éléments déchaînés pouvait dormir en paix, dans l'Esprit. De même Paul et Silas en prison, le dos lacéré et les chaînes aux pieds pouvaient se réjouir en Esprit, dans le Seigneur, en tenant compte de la dimension spirituelle. Même si la réalité matérielle était très déprimante, la réalité spirituelle leur procurait un joie qui surmontait toute adversité spatiale et temporelle. Telle est la vie de l'Esprit, marcher dans l'Esprit, dans le Seigneur, en Christ, en Dieu, etc.

Il est temps d'englober (skopeô) l'aspect spirituel pour combler la brèche creusée par l'écart du temps et de l'espace entre notre époque et celle de Jésus et retrouver le sens plénier de ses paroles!

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