Comment se pratiquait le baptême d'eau ?


Le baptisé devait avoir auparavant passé par la repentance et la conversion, il devait être décidé à suivre Jésus, à être sauvé, à croire en lui Ac.8:38. Cette étape franchie le baptisé avec le baptiseur entrait dans l'eau. La Didache est le plus vieux témoignage sur la pratique du baptême comme tel :
1. Quant au baptême, baptisez ainsi : après avoir proclamé tout ce qui précède, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit dans de l'eau vive (courante). 2. - Mais, si tu n'as pas d'eau vive, baptise dans une autre eau; si tu ne peux pas (baptiser) dans l'eau froide, que ce soit dans l'eau chaude. Si tu n'as ni l'une ni l'autre (en quantité suffisante), verse trois fois de l'eau sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. 3. - Avant le baptême, que celui qui administre le baptême et celui qui le reçoit se préparent par le jeûne et, si d'autres personnes le peuvent (qu'elles fassent de même); en tous cas tu commanderas à celui qui va être baptisé de jeûner un ou deux jours auparavant.
L'immersion dans l'eau courante était la forme préférée mais rien n'empêchait l'effusion (eau versée sur la tête) ou encore l'aspersion (eau aspergée sur la personne) faute de mieux. D'ailleurs pour certaines personnes, c'est la seule forme convenable, par exemple pour quelqu'un d'alité. Que ce soit donc par immersion complète ou par quelque gouttes seulement, comme le souligne Augustin de Hippone, peu importe, il n'y a pas lieu d'être dogmatique à ce sujet. Même si l'immersion avait la cote dans l'église primitive, il y a des exemples où le baptême par effusion ou par aspersion semble plus plausible, par exemple, quand le baptême avait lieu dans des maisons (celle de Corneille Ac.10) ou même dans une prison dans Ac.16, pouvons-nous imaginer une prison une piscine creusée à cette époque, comme le suppose le commentateur Grotius ? Admettons qu'il ait raison, et même encore, y aurait-il encore de l'eau dans la piscine après le tremblement de terre ? Le tremblement de terre qui a fait ouvrir les solides serrures de la prison aura fait aussi craquer la piscine et l'eau serait toute partie ! Admettons que la pisicine ait résisté au tremblement de terre, alors il y a pu se faire des baptêmes par immersion. Peut-être qu'un plan d'eau était tout près de la prison aussi.

De toute façon, ce ne sont que des raisonnements, des suppositions que j'apporte. On ne sait pas comment Paul les a baptisés, peut-être a-t-il trouvé quand même un moyen quelconque de les immerger. Rien n'est impossible à Dieu, après tout.

Chaque manière de pratiquer le baptême est riche en symbolisme, évoquant un aspect que les autres formes n'ont pas.

Ac.16:32 Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu'à tous ceux qui étaient dans sa maison. 33 Il les prit avec lui, à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens. 34 Les ayant conduits dans son logement, il leur servit à manger, et il se réjouit avec toute sa famille de ce qu'il avait cru en Dieu.

Le geôlier lave les plaies des apôtres Paul et Silas, ensuite il se fait baptiser par eux avec toute sa famille et ils les emmènent dans son logement délabré par le tremblement de terre mais illuminé par la crainte et le tremblement des occupants devant la puissance de Dieu, un logement probablement modeste attenant manifestement à la prison puisque sa famille a été tout près pour se faire évangéliser en pleine nuit.

L'effusion rappelle la prophétie d'Ezéchiel 36:25-27 au sujet du baptême du Saint-Esprit tandis que l'immersion rappelle la mort et l'ensevelissement de notre vieil homme et la résurrection en nouveauté de vie avec Jésus Ro.6:3-5, l'accent ne doit pas être sur la forme et les deux pratiques avaient cours chez les premiers chrétiens, comme le démontre le texte ancien de la Didachè.

Ez.36:25 Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. 26 Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre corps le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair. 27 Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois.

Ro.6:3 Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés? 4 Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. 5 En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection,

C'est beau un baptême par immersion dans une rivière, ça fait penser aux baptêmes qui avaient lieu dans le Jourdain, 2000 ans passés. C'est la forme privilégiée dans la Didachè qui rappelle l'eau vive dont parlait Jésus à la samaritaine dans Jean 4 et les fleuves d'eau vive dans Jn.7:37-39. L'eau stagnante de nos baptistères rappellent plutôt celle du puits de Jean ! Et elle est chaude en plus, cela ne vient qu'en troisième position dans les meilleurs choix de la Didachè, juste avant l'effusion qui vient au quatrième rang.

Entre la troisième et la quatrième position, on pourrait trouver certains avantages au baptême par effusion quand cela se fait dans un bâtiment d'église... moins de chauffage d'eau, pas besoin de se changer, pas de gros baptistère à déplacer, pas de danger d'attraper une grippe pour le baptisé. A Longueuil, j'ai vu un vieux monsieur s'y faire baptiser et il a attrapé ensuite une grippe qui l'a achevé ! Ça m'avait dérangé cette histoire.

Parfois, on fait référence à l'étymologie du mot «baptême» (en grec «baptizô») qui signifie littéralement «immerger» pour conclure que le baptême doit se pratiquer par immersion. Pourtant, à l'époque néo-testamentaire, la signification du mot grec «baptizô» s'était élargie et ne désignait plus seulement l'immersion comme l'indique les textes suivants : Siracide 34:25, Lu.11:38, Ac.1:5, 2:3-4, 17, 1Co.10:1-2 et Hé.9:10-23.

Ce dernier passage en particulier est un rappel des rites de purification par l'eau de l'Ancienne Alliance, ces antécédents bibliques du baptême n'étaient jamais des immersions.

Les plus vieilles représentations artistiques du baptême ne sont pas des immersions.

Dans l'histoire de l'Église, il y a eu des périodes où l'immersion a eu la prépondérance. Quand le baptême des bébés est devenu à la mode, il n'était plus question, bien entendu, de les baptiser par immersion. Le baptême par immersion a fait un retour graduel avec la Réforme. Les premiers anabaptistes baptisaient encore par effusion, en versant de l'eau sur la tête du baptisé.

Pour ma part, j'ai été baptisé bébé catholique par aspersion et je me suis fait baptiser à nouveau dans une église baptiste par immersion, 18 ans plus tard, quand j'ai décidé de placer ma foi en Jésus-Christ, j'ai donc reçu le baptême sous les deux formes. J'ai aussi reçu l'effusion du Saint-Esprit. J'ai apprécié l'opportunité d'être baptisé à nouveau par immersion à l'âge adulte, même si c'était dans un baptistère avec de l'eau chaude, plutôt que dans une rivière (comme c'était un 26 mars au Québec, la rivière glaciale n'était pas une option !). Étant conscient de ce qui m'arrivait, j'ai pu confesser ma foi devant les hommes et pu signifier publiquement mon engagement à suivre Jésus-Christ et d'être capable de m'en rappeler. Je vous souhaite cette même grâce.

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