Distinguer entre style allégorique et historique

Quand vous lisez la Bible, soyez sensible au style littéraire employé. Ne prenez pas une parabole ou un texte allégorique au pied de la lettre comme un récit historique. Ne vous faites l'erreur non plus de prendre littéralement une partie d'un texte allégorique et le reste de ce même texte symboliquement.

Par exemple (sans parler de l'Apocalypse, le livre allégorique par excellence...)

Dans la parabole de Lazare et du mauvais riche, le pauvre Lazare est transporté par les anges dans le sein d'Abraham. Jésus reprend les croyances de son époque mais dans l'Ancien Testament, les morts, même les plus méchants rois comme Pharaon, ne souffraient pas mais dormaient tranquillement sauf quand un événement particulier les sortaient de leur sommeil. Alors Jésus ne donne pas la parabole de Lazare pour qu'on la prenne littéralement car elle contredirait ce qu'on lit dans l'Ancien Testament (Ez.32:17-32, Es.14:9-11, Job 3:11-19, 1S.28:6-20) et même dans les épîtres (Ph.1:23, 2Co.5:8) quoiqu'il y ait une explication pour cela. On peut soutenir que Jésus est allé chercher les saints de l'ancienne alliance quand il a ramené des captifs dans le ciel, cf. Ep.4:8-10, donc cela expliquerait pourquoi les chrétiens ne vont plus dans le sein d'Abraham mais en présence de Jésus quand ils quittent leur corps.

Ph.1:23 Je suis pressé des deux côtés: j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur; 24 mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair.

Il faut tenir compte des styles littéraires, Paul ne parle pas en parabole ici !

Je ne vois pas comment concilier cette parabole avec les versets de l'Ancien Testament parlant de l'au-delà. Il y a plusieurs aspects dans cette parabole dont on ne peut se servir comme base doctrinale. Par exemple, Lazare va en présence d'Abraham parce qu'il était pauvre et qu'il avait souffert sur la terre. Dans les Écritures, on voit plutôt que c'est la foi en Jésus qui nous ouvre les portes du ciel, qu'on soit pauvre ou riche n'est pas un facteur déterminant même si, comme le remarque Jésus, ça peut être plus difficile pour un riche de placer sa foi en Dieu plutôt qu'en ses richesses. Luc, plus que dans les autres évangiles, met l'accent sur le contraste pauvre - riche, favorisant toujours les pauvres à qui il est le seul des quatre à donner le royaume des cieux (Luc 6:20).

Lu 4:18 L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, 4-19 pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés,

Lu 6:20 Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit: Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous!

De même, si on reconnaît que Jésus utilise une parabole qui ne doit pas être prise au sens littéral quand il parle du sein d'Abraham alors on doit aussi faire attention de ne pas prendre au sens littéral le mauvais riche souffrant de soif dans le feu. Abraham ni personne d'autre ne pourra communiquer avec les rebelles dans l'au-delà. D'ailleurs, dans d'autres paraboles, Jésus parle d'un lieu de ténèbres où les rebelles sont jetés pieds et mains liés, un lieu donc où les flammes sont nécessairement absentes car les flammes brûleraient rapidement les liens qui seraient inutiles et les flammes éclaireraient les ténèbres ; le feu et les ténèbres ne font pas bon ménage !

Mt 8:12 Mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Mt 22:13 Alors le roi dit aux serviteurs: Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Et ailleurs encore, Jésus se servira à nouveau de ce que ses contemporains connaissaient et Il parlera des vers qui rongent les corps dans la Géhenne, du nom du dépotoir en dehors de la ville de Jérusalem où on faisait brûler continuellement les déchets et où les vers se nourrissaient des carcasses.

Marc 9:47 Et si ton oeil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un oeil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne, 48 où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point.

Dans toutes ces paraboles et ces allégories, ce que Dieu veut nous faire comprendre c'est que ce sera pénible pour ceux qui refusent de s'approcher de Dieu car ils seront chassés loin de sa présence après le jugement dernier, comme on envoyait ce qui était mauvais au dépotoir hors de la ville.

Certains peuvent jouir du luxe comme le mauvais riche de la parabole car Dieu est bon avec les ingrats et les méchants (Luc 6:35) voulant que sa bonté envers eux les pousse à la repentance (Ro.2:4). Ils peuvent aussi avoir des pleurs quand Dieu leur envoie des épreuves dans le but aussi de les amener à la repentance, car tout ce que Dieu fait c'est dans le but d'amener les gens à la repentance, ne voulant pas qu'aucun périsse (2Pi.3:9, 1Ti.2:4).

Toutes les paraboles et les allégories dans la Bible parlant de malheur et de bonheur visent le même but ; amener les gens à la repentance pour qu'ils jouissent de la présence bénie de Dieu.

Certains avancent que la parabole de Lazare n'en est pas vraiment une car c'est la seule dans laquelle on nomme un nom de personne ; Lazare. Il y avait une raison pour laquelle Lazare est mentionné mais elle n'est pas évidente pour les lecteurs francophones qui sont peu familiers avec la culture juive. Le nom hébreu de Lazare est Éliezer, le nom du serviteur d'Abraham et donc il est normal de le voir dans le sein d'Abraham (Ge.15:2). Son nom signifie aussi "Dieu m'a secouru" (Ex.18:4)..

Ge 15:2 Abram répondit: Seigneur Eternel, que me donneras-tu? Je m’en vais sans enfants; et l’héritier de ma maison, c’est Eliézer de Damas.

Ex 18:4 l’autre se nommait Eliézer, car il avait dit: Le Dieu de mon père m’a secouru, et il m’a délivré de l’épée de Pharaon.

Alors le "pauvre" Eliezer qui était héritier d'Abraham mais qui n'a rien reçu car c'est Isaac qui a finalement reçu l'héritage, Dieu vient à son secours et il reçoit sa récompense après la vie alors que le mauvais riche, représentant Israël qui a été enrichi par la bénédiction divine (Pr.10:22) mais qui s'est éloigné de Dieu, lui se retrouve jeté dehors du royaume, représenté par son père Abraham.

Mt 8:12 Mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Tiens, il n'est plus question de flamme dans cette autre parabole, mais de noirceur en dehors du royaume. L'image derrière cela est à nouveau la tristesse et la colère d'un coeur non repentant, comme celui du mauvais riche qui cherche encore à se faire servir au lieu de se taper la poitrine. Et on sait tous que sans repentance, il ne peut y avoir de pardon des péchés.

Lu 24:47 et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.

Cette histoire de Lazare et du mauvais rapportée par Jésus était connue de ses auditeurs mais Jésus lui apporte une tournure qui a choqué ses auditeurs, au lieu d'avoir le riche descendant de l'héritier Isaac dans le sein d'Abraham, on retrouve Eliezer, l'esclave étranger de Damas dépouillé de son héritage par Isaac.

Jésus se servait souvent d'événements et d'histoires connues à son époque pour enseigner des vérités spirituelles déstabilisantes, en dehors du courant de pensée religieux de son époque. Pensons aussi à chaque fois où il disait: « il a été dit mais moi je vous dis ». Pour les juifs, on sait que la richesse matérielle était perçue comme un signe de l'approbation divine et elle était donc recherchée peu importe les moyens employés pour l'accumuler. Jésus s'élève contre cette pensée prévalente de son époque en disant qu'on ne peut servir Dieu et Mammon. Jésus n'était pas contre la richesse, seulement contre la richesse mal acquise (Zachée) ou contre la richesse qu'on refuse de partager (jeune homme riche).

Que penser maintenant du passage suivant, est-ce trop lugubre à prendre littéralement ?

Ésaïe 66:22 En effet, le nouveau ciel et la nouvelle terre que je vais créer subsisteront devant moi, déclare l’Eternel. De la même manière, votre descendance et votre nom subsisteront. 23 A chaque début de mois et à chaque sabbat, tout être vivant viendra se prosterner devant moi, dit l’Eternel, 24 et quand on sortira, on verra les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi. En effet, leur ver ne mourra pas et leur feu ne s’éteindra pas, et ils seront pour chacun un objet d’horreur.

Si on prend ce passage littéralement, après le millénium, quand Dieu aura instauré le nouveau ciel et la nouvelle terre, chaque samedi et chaque début de mois lunaire, pendant toute l'éternité, après être allés adorer Dieu dans notre corps glorifié, nous (tout être vivant éternellement) allons être horrifiés en sortant de sa présence car on regardera alors avec Jésus et ses anges à l'extérieur de la nouvelle Jérusalem les cadavres des gens rebelles qu'on a connus et parfois beaucoup aimés se faire ronger par les vers en train de brûler dans le lac de feu et de soufre de la Géhenne qui ne s'éteindra jamais. Non seulement ça sera dégueulasse à regarder mais ça va sentir mauvais aussi à cause de la pourriture et du soufre.

Apocalypse 14:10 il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’Agneau. 11 La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et tous ceux qui reçoivent la marque de son nom.»

Aviez-vous déjà imaginé la béatitude céleste ainsi ?

Suis-je sain d'esprit d'espérer que cela soit une allégorie ? Je n'ai pas vraiment hâte d'être horrifiés 5 fois par mois, j'aurais alors vraiment besoin de la présence consolante de Dieu (Es.66:13). Tu parles d'une montagne russe émotionnelle et éternelle !!!

Ésaïe 66:13 Tout comme un homme est consolé par sa mère, je vous consolerai moi-même; vous recevrez la consolation dans Jérusalem.

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Par exemple, le grand rabbin Éléazar dit Lazare Wogue (Fontainebleau, 22 juillet 1817 – Paris, 14 avril 1897) est une figure importante du judaïsme français du XIXe siècle.










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